Après plus d’un siècle aux côtés de la nation, la presse révolutionnaire vietnamienne entre dans une phase de développement inédite, profondément différente sur la plupart des plans.
L’espace numérique est devenu une composante essentielle de la vie quotidienne.
Les technologies numériques, les mégadonnées, l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les plateformes médiatiques transnationales ont profondément transformé la manière dont l’information est produite, diffusée, reçue et vérifiée.
Aujourd’hui, les citoyens étudient, travaillent, communiquent, achètent et vendent, se divertissent, expriment leurs opinions et s’impliquent dans les questions sociales par l’intermédiaire des plateformes numériques.
La circulation rapide et diversifiée de l’information offre d’importantes opportunités pour la diffusion des connaissances, le développement de la démocratie sociale et l’innovation.
Les grandes orientations du Parti, les nouvelles politiques de l’État ainsi que les informations positives peuvent désormais atteindre simultanément des dizaines de millions de personnes sous des formes et par des canaux variés.
La technologie permet à la presse de se rapprocher davantage des citoyens et de recueillir leurs réactions avec une plus grande rapidité.
Aujourd’hui, les citoyens étudient, travaillent, communiquent, achètent et vendent, se divertissent, expriment leurs opinions et s’impliquent dans les questions sociales par l’intermédiaire des plateformes numériques.
Aujourd’hui, les citoyens étudient, travaillent, communiquent, achètent et vendent, se divertissent, expriment leurs opinions et s’impliquent dans les questions sociales par l’intermédiaire des plateformes numériques.
Cependant, l’environnement numérique complexifie davantage l’écosystème informationnel et l’expose plus fortement aux réactions émotionnelles immédiates, à la désinformation, à la manipulation algorithmique et aux campagnes délibérées de diffusion de contenus.
Les fausses informations, les contenus trompeurs, les images et fichiers audio falsifiés, les contenus générés par l’intelligence artificielle, les atteintes au droit d’auteur, les cyberattaques et le vol de données deviennent toujours plus sophistiqués. Une information erronée peut désormais se propager à grande échelle avant que les faits n’aient pu être vérifiés.
Des propos sortis de leur contexte ou déformés par des montages trompeurs peuvent nuire à la réputation des individus et des organisations, et même fragiliser la confiance du peuple dans les politiques du Parti et de l’État.
Dans le nouvel ordre médiatique, la presse ne jouit plus de la position quasi monopolistique qui était autrefois la sienne dans la diffusion de l’information.
Fin 2025, le Vietnam comptait près de 85,6 millions d’internautes, représentant 84,2 % de la population, ainsi qu’environ 79 millions d’identités numériques sur les réseaux sociaux.
Selon les statistiques les plus récentes, les utilisateurs vietnamiens détenaient environ 110 millions de comptes sur les réseaux sociaux nationaux, contre près de 203 millions sur les plateformes étrangères.
Un tel environnement numérique offre à la presse la possibilité d’atteindre un public plus large que jamais, tout en l’obligeant à concurrencer directement le flux gigantesque de contenus produits chaque heure, chaque minute, par les plateformes et leurs utilisateurs.
Dans l’espace numérique, chacun peut relayer des informations, et les comptes sur les réseaux sociaux exercent également une influence au sein de communautés spécifiques.
La presse doit être l’institution vers laquelle les citoyens se tournent lorsqu’ils ont besoin d’une information fiable et vérifiée, et non un simple relais des phénomènes de mode. La société a besoin de références dignes de confiance pour comprendre correctement la réalité. Les citoyens ont besoin de savoir ce qui s’est passé, pourquoi cela s’est produit, qui en est affecté, où se situent les responsabilités et quelles solutions reposent sur des bases solides.
Cependant, cette évolution ne diminue en rien le rôle de la presse révolutionnaire.
Au contraire, plus l’information est abondante, plus la société a besoin de sources fiables pour distinguer ce qui est vrai, ce qui doit encore être vérifié et ce qui relève simplement de l’émotion collective ou d’une mise en scène délibérée.
Cela exige du professionnalisme, une pratique rigoureuse du métier et la capacité de résister à toutes les pressions.
La presse doit être l’institution vers laquelle les citoyens se tournent lorsqu’ils ont besoin d’une information fiable et vérifiée, et non un simple relais des phénomènes de mode.
La société a besoin de références dignes de confiance pour comprendre correctement la réalité. Les citoyens ont besoin de savoir ce qui s’est passé, pourquoi cela s’est produit, qui en est affecté, où se situent les responsabilités et quelles solutions reposent sur des bases solides.
L’espace numérique a également besoin de productions journalistiques riches en données, diversifiées dans leur contenu, variées dans leurs modes d’expression et approfondies dans l’analyse des politiques publiques.
De nombreux enjeux actuels, de la transformation numérique à la transition écologique, en passant par la réforme administrative, les politiques sociales et les fluctuations économiques internationales, sont difficiles à appréhender si l'on ne se fie qu'à des informations fragmentaires.
Dès lors, la responsabilité de la presse n’est pas seulement d’être plus rapide, mais avant tout d’être plus précise, plus approfondie et plus utile à la société.
Compte tenu de cette exigence, la transformation numérique du journalisme ne saurait se réduire à la simple création de nouveaux sites web, à l'ouverture de comptes sur les réseaux sociaux ou à l'acquisition d'appareils modernes.
Elle doit s’accompagner d’une transformation globale des modes de gouvernance, de l’organisation des rédactions, des processus de production, de la gestion des données, de la diffusion des contenus, de l’analyse des audiences, de l’économie des médias et de la culture professionnelle.
La presse numérique n’est pas simplement la presse traditionnelle transposée sur de nouvelles plateformes ; elle suppose une nouvelle organisation adaptée à un nouveau contexte.
Au sein des rédactions, chaque œuvre journalistique doit être considérée comme un produit d’information poursuivant un objectif clairement défini. Quelle que soit sa forme, elle doit respecter les mêmes exigences : exactitude, humanisme, vérification des faits et sens des responsabilités.
Au sein des rédactions, chaque œuvre journalistique doit être conçue comme un produit d’information répondant à un objectif précis. Tous les formats de diffusion doivent se conformer aux mêmes standards : exactitude, humanisme, vérification rigoureuse et responsabilité éditoriale. Il convient d’éviter une situation où la rigueur prévaut sur les supports principaux tandis que les plateformes secondaires seraient traitées avec davantage de légèreté.
Plus la presse est présente sur de multiples plateformes, plus l’unité des normes professionnelles doit être garantie.
À l’ère du numérique, les données constituent l’un des piliers du journalisme.
Elles ne se limitent pas à une série de chiffres ; elles forment la base de la vérification de l’information et un moyen de construire et de transmettre des contenus journalistiques plus convaincants et plus complets.
Les grands médias et agences de presse de référence dans le monde investissent aujourd’hui massivement dans la constitution et la gestion des données, tout en mobilisant d’importantes ressources humaines dans ce domaine.
Une gouvernance efficace des données permet non seulement de renforcer la crédibilité des médias, mais aussi de détecter plus rapidement les enjeux émergents.
Une autre question majeure concerne la capacité des médias à conserver leur autonomie face aux plateformes numériques transfrontalières. La presse doit rejoindre le public là où il se trouve, sur l’ensemble des plateformes, sans pour autant devenir dépendante d’algorithmes externes.
En se focalisant uniquement sur l’audience ou les mécanismes de recommandation, les organes de presse risquent de perdre l’accès aux données de leurs lecteurs, la maîtrise de leur distribution, leur identité éditoriale et de s’exposer aux changements d’algorithmes.
Maîtriser l’espace numérique signifie savoir tirer parti des plateformes mondiales tout en développant ses propres canaux, sa propre communauté de lecteurs, ses propres bases de données et une marque médiatique reconnue pour sa fiabilité.
Dans cette perspective, la notion de souveraineté informationnelle nationale doit faire l’objet d’une prise de conscience plus approfondie.
La presse révolutionnaire doit demeurer la force de premier plan dans sa préservation. Défendre cette souveraineté ne signifie pas se replier sur soi-même.
Le Vietnam a besoin d’une presse extérieure numérique puissante, multilingue et multimédia, capable de transmettre au monde les messages du pays à travers un langage moderne tout en préservant son identité.
Les acquis du Renouveau, les valeurs culturelles nationales ainsi que la politique étrangère d’indépendance, d’autonomie, d’autonomie stratégique, de paix, d’amitié, de coopération et de développement doivent être présentés au moyen de productions attractives, étayées par des données solides et convaincantes.
Pour accomplir cette mission, la presse doit disposer de ressources lui permettant un développement durable.
L’économie de la presse numérique ne s’oppose ni aux objectifs ni aux orientations de la presse révolutionnaire.
Une presse dépourvue de ressources suffisantes aura des difficultés à investir dans les technologies, à protéger les droits d’auteur, à former ses ressources humaines et à retenir les talents.
Toutefois, l’économie de la presse doit rester au service de sa mission et ne pas entraîner les médias vers le sensationnalisme, la recherche d’audience à tout prix, l’exploitation de la vie privée ou la marchandisation de l’information politique et sociale.
La presse a besoin de nouvelles sources de revenus provenant des abonnements numériques, des droits d’auteur, des données et des contenus spécialisés.
À défaut de construire un modèle économique numérique sain et durable, elle aura du mal à maintenir sa capacité d’investissement dans des contenus de haute qualité, les enquêtes, les analyses, la vérification de l’information et la protection des droits d’auteur.
Les droits d’auteur de la presse dans l’environnement numérique ainsi que dans l’environnement de l’intelligence artificielle doivent également être protégés avec rigueur.
Le contenu journalistique est le fruit d’un travail de création, de collecte d’informations, de vérification, d’édition, d’investissements financiers et d’une responsabilité juridique.
La copie, le montage, l’exploitation, l’agrégation ou la commercialisation non autorisées des contenus affaiblissent les fondements économiques de la presse.
Protéger les droits d’auteur, c’est protéger le travail légitime des journalistes ainsi que la qualité de l’information au sein de la société.
En définitive, la question essentielle demeure celle de l’être humain.
Toutes les orientations et toutes les stratégies dépendent des femmes et des hommes qui les mettent en œuvre.
Avant de publier une œuvre journalistique, ils doivent se poser trois questions : est-elle exacte, est-elle nécessaire et est-elle utile à la société ?
À l’ère numérique, les journalistes doivent savoir travailler avec les données, les outils numériques, les réseaux sociaux, les sources ouvertes et les normes de sécurité de l’information. Plus les outils sont nombreux, plus ils doivent faire preuve de professionnalisme, de discernement et de courage. Il faut éviter de publier avant d’avoir vérifié les faits ou de laisser les réseaux sociaux dicter l’agenda médiatique. Les journalistes ne sont pas autorisés à compromettre leur crédibilité pour obtenir davantage de vues.
Les dirigeants des organes de presse doivent eux aussi évoluer. Dans une rédaction numérique, le rédacteur en chef n’est plus seulement celui qui valide les contenus ; il doit également définir une stratégie globale en matière de produits éditoriaux, de données, de publics, de technologies et de ressources humaines.
Les médias doivent adopter une nouvelle culture de travail : professionnalisme, rigueur dans la vérification des informations, réactivité, ouverture à l’innovation et volonté d’expérimenter sans jamais compromettre les standards de qualité.
La formation continue des équipes doit devenir une mission permanente, avec un accent particulier sur la vérification numérique des faits, la sécurité des données, le journalisme multiplateforme, l’éthique de l’intelligence artificielle et le respect de la législation relative à la propriété intellectuelle.
Dans le contexte de l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2026, de la Loi sur la presse n°126/2025/QH15, le perfectionnement du cadre institutionnel du journalisme numérique est plus nécessaire que jamais.
Ce cadre doit garantir le droit d’exercer la profession dans le respect de la loi, encourager l’innovation, créer un environnement favorable aux rédactions numériques, à l’économie des médias numériques, au journalisme fondé sur les données, à la protection du droit d’auteur et à une utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Parallèlement, la discipline professionnelle doit être strictement maintenue ; les violations liées à l’information, à la déontologie journalistique ou à l’exploitation abusive du journalisme à des fins lucratives doivent être sanctionnées rapidement.
Une mission urgente consiste à développer des capacités de vérification de l’information à l’échelle nationale.
Une coopération étroite doit être mise en place entre les autorités de régulation, les principaux organes de presse, les experts en technologie, les établissements de formation, les entreprises de plateformes numériques et la communauté afin de détecter, vérifier, signaler et réfuter les fausses informations, les déclarations falsifiées, les faux contenus usurpant l’identité des institutions publiques ainsi que les activités de diffusion visant à perturber l’environnement informationnel.
Ce réseau doit fonctionner avec rapidité, s’appuyer sur des procédures claires et utiliser des données ainsi que des preuves solides pour convaincre le public.
Tout au long du processus de modernisation du paysage médiatique, le public doit demeurer au centre des préoccupations.
Aujourd’hui, le public numérique ne se contente plus de recevoir l’information ; il réagit, pose des questions, vérifie les faits, formule des observations, fournit des données et exige davantage de transparence de la part des médias.
La presse doit savoir écouter sans pour autant céder à toutes les émotions immédiates, favoriser le débat tout en refusant catégoriquement la diffusion d’informations nuisibles.
À l’égard des jeunes générations, les médias peuvent innover afin de mieux les atteindre grâce à des langages, des formats et des plateformes adaptés, mais sans jamais abaisser leurs exigences professionnelles et éditoriales.
Le secrétaire général du PCV et président de la République, To Lam, s’exprime lors de la rencontre avec 101 journalistes exemplaires, lauréats du Prix national de la presse au fil des années, à l’occasion du 101e anniversaire de la Journée de la presse révolutionnaire vietnamienne (21 juin 1925 - 21 juin 2026).
Le secrétaire général du PCV et président de la République, To Lam, s’exprime lors de la rencontre avec 101 journalistes exemplaires, lauréats du Prix national de la presse au fil des années, à l’occasion du 101e anniversaire de la Journée de la presse révolutionnaire vietnamienne (21 juin 1925 - 21 juin 2026).
La presse révolutionnaire vietnamienne à l’ère numérique doit ainsi conjuguer harmonieusement fermeté politique et maîtrise technologique, idéaux révolutionnaires et esprit d’innovation, combativité et humanisme, responsabilité nationale et capacité d’intégration internationale.
La maîtrise de l’espace numérique ne peut se limiter à des slogans ; elle doit commencer au sein de chaque rédaction, à travers chaque processus de vérification de l’information, chaque base de données, chaque production journalistique, chaque programme de formation et chaque interaction des journalistes avec le public.
Les organes de presse doivent devenir des rédactions numériques modernes, des centres de données et de connaissances, ainsi que des références fiables pour la population. Les journalistes doivent continuer à être des combattants sur le front idéologique, culturel et informationnel du numérique, dotés d’une solide conviction politique, d’une éthique irréprochable, d’un profond humanisme et d’une parfaite maîtrise des technologies.
À l’occasion de la Journée de la presse révolutionnaire vietnamienne, je souhaite que les organes de presse et chaque journaliste transforment l’héritage révolutionnaire en moteur de l’innovation.
Les médias doivent devenir des rédactions numériques modernes, des centres de données et de savoir, ainsi que des sources d’information dignes de la confiance du peuple.
Les journalistes doivent continuer à être des acteurs engagés sur le front idéologique, culturel et informationnel du numérique, forts de leurs convictions, exemplaires sur le plan éthique, profondément humanistes et compétents sur le plan technologique.
Avec cette orientation, je suis convaincu que la presse révolutionnaire vietnamienne continuera à apporter une contribution significative à l’œuvre de construction et de défense de la Patrie ainsi qu’au service du peuple à l’ère numérique.
Publication : 18 juin 2026
Photo : Journal Nhân Dân
Dessin : Xuan Bach & Ly Le