« Les transferts de fonds demeurent essentiels, car ils constituent une importante ressource financière qui stimule l’investissement, la consommation et le développement économique.

Toutefois, à l’heure où le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement fondée sur la science, la technologie et l’innovation, ce sont les "transferts de connaissances de la diaspora" qui représentent désormais une ressource stratégique, créatrice d’une valeur durable. »

Le docteur Tran Hai Linh --

« Pour libérer le potentiel de la diaspora vietnamienne, il faut passer d’une logique de "mobilisation" à une logique de "co-création" »

En un peu plus de deux décennies, la communauté vietnamienne en République de Corée a connu non seulement une forte croissance démographique, mais également une profonde évolution de sa qualité, de son niveau de qualification et de son statut social.

Le docteur Tran Hai Linh, membre du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, président de la VKBIA et président fondateur de la VKEIA.

Le docteur Tran Hai Linh, membre du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, président de la VKBIA et président fondateur de la VKEIA.

Plus largement, cette trajectoire constitue une illustration vivante des immenses réalisations accomplies par le Vietnam au cours des quarante années de “Đổi mới” (Renouveau) (1986-2026).

À l’heure où le pays s’engage dans une nouvelle étape de son développement, nous avons eu un échange avec le Dr Tran Hai Linh, membre du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam (FPV) et président de l’Association des entrepreneurs et des investisseurs Vietnam-République de Corée (VKBIA).

De retour de Séoul, il met en avant une analyse lucide ainsi que des propositions ambitieuses visant à libérer les flux de connaissances de la diaspora et à transformer la volonté de contribution des Vietnamiens de l’étranger en un moteur stratégique au service de l’essor du pays.

Journaliste : En revenant sur plus de vingt années de formation et de développement de la communauté vietnamienne en République de Corée, pourquoi peut-on dire que son évolution remarquable et le statut qu’elle occupe aujourd’hui constituent l’un des fruits des quarante années de Đổi mới du Vietnam ?

Le docteur Tran Hai Linh : Si l’on remonte un peu plus de vingt ans en arrière, lorsque je suis arrivé en République de Corée pour y poursuivre mes études et mes recherches, avant de participer à la mise en place des premières bases de la communauté vietnamienne, la situation était totalement différente de celle d’aujourd’hui.

À cette époque, la communauté était encore très réduite et se composait essentiellement de quatre groupes : les étudiants, les doctorants, les travailleurs vietnamiens et les femmes vietnamiennes ayant immigré en République de Corée à la suite d’un mariage.

Le docteur Tran Hai Linh présente les propositions et recommandations de la communauté vietnamienne à l’étranger en faveur des politiques de développement du Vietnam.

Le docteur Tran Hai Linh présente les propositions et recommandations de la communauté vietnamienne à l’étranger en faveur des politiques de développement du Vietnam.

Les moyens de communication étaient extrêmement limités. Les réseaux sociaux n’existaient pas encore sous leur forme actuelle, les associations représentatives de la communauté n’avaient pas encore vu le jour, et la plupart des initiatives reposaient sur le volontariat de petits groupes informels, animés avant tout par le désir de maintenir un lien avec leur pays d’origine.

Nous avons commencé par des actions très simples : organiser des rencontres entre étudiants, mettre en place un réseau d’accueil pour les nouveaux arrivants, créer des conférences scientifiques destinées aux étudiants, développer des activités sportives communautaires, proposer des cours de langue et de culture coréennes aux femmes vietnamiennes nouvellement installées après leur mariage, ouvrir des classes de vietnamien et de culture vietnamienne pour les enfants de deuxième génération issus des familles multiculturelles vietnamo-coréennes, ou encore organiser des manifestations culturelles telles que la Semaine culturelle du Vietnam en République de Corée, le Festival culturel vietnamien, le Festival d’amitié Vietnam–République de Corée ainsi que de nombreuses autres activités destinées à renforcer les liens de la communauté.

À cette époque, les ressources matérielles constituaient certes un enjeu, mais ce qui comptait davantage pour moi, mes collègues et mes collaborateurs, c’était la conviction profonde que les Vietnamiens vivant en République de Corée avaient besoin d’organisations capables de fédérer la communauté, de porter une voix commune et de maintenir un lien durable avec leur patrie.

Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, je suis profondément ému de constater le chemin parcouru par la communauté vietnamienne en République de Corée.

D’une communauté de quelques milliers de personnes, elle est devenue une communauté de plus de 350.000 membres, l’une des plus importantes et des plus dynamiques parmi les diasporas vietnamiennes dans le monde, apportant une contribution significative au développement des relations entre le Vietnam et la République de Corée.

Le docteur Tran Hai Linh présente des solutions visant à mobiliser davantage les ressources intellectuelles de la diaspora vietnamienne lors d’une séance de travail au ministère vietnamien des Affaires étrangères.

Le docteur Tran Hai Linh présente des solutions visant à mobiliser davantage les ressources intellectuelles de la diaspora vietnamienne lors d’une séance de travail au ministère vietnamien des Affaires étrangères.

Plus de vingt ans plus tard, en regardant le chemin parcouru, je suis profondément ému de constater les progrès remarquables réalisés par la communauté vietnamienne en République de Corée.
Le docteur Tran Hai Linh, membre du Comité central du FPV, président de la VKBIA et président fondateur de l'Association des experts et intellectuels vietnamiens en République de Corée (VKEIA).

Journaliste : Forte de quarante années de Renouveau (Đổi mới), le Vietnam s'oriente aujourd'hui vers un modèle de croissance stratégique fondé sur la science et la technologie. Dans ce contexte, comment convient-il de redéfinir la notion de « ressources de la diaspora vietnamienne » ?

Le docteur Tran Hai Linh : Pendant de nombreuses années, lorsqu'on évoquait la contribution des Vietnamiens résidant à l'étranger, l'attention se portait essentiellement sur les montants des transferts financiers envoyés chaque année au pays.

Cette contribution est, bien entendu, extrêmement précieuse.

Mais à l'ère nouvelle, le Vietnam a besoin de bien davantage.

Nous devons changer de perspective et reconnaître que les « transferts de connaissances de la diaspora » constituent désormais une ressource stratégique, capable de créer une valeur durable et de long terme pour le pays.

Le savoir, les réseaux internationaux et les technologies de pointe maîtrisés par les Vietnamiens d'outre-mer représentent un patrimoine inestimable.

À travers des organisations telles que l'Association des entrepreneurs et des investisseurs Vietnam–République de Corée (VKBIA) ou l'Association des experts et ingénieurs vietnamiens en République de Corée (VKEIA), nous nous efforçons de transférer et de mettre en relation ces ressources technologiques de pointe directement avec les collectivités locales au Vietnam.

Le docteur Tran Hai Linh visite et échange avec les exposants du pavillon des produits agricoles vietnamiens dans le cadre du Gwangju Food Week 2026.

Le docteur Tran Hai Linh visite et échange avec les exposants du pavillon des produits agricoles vietnamiens dans le cadre du Gwangju Food Week 2026.

Il s'agit notamment des biotechnologies, de la biomédecine, de l'intelligence artificielle (IA), des technologies des semi-conducteurs, de la transformation numérique, des systèmes logistiques intelligents, de l'agriculture de haute technologie ainsi que des solutions de transition verte.

Tous ces domaines sont stratégiques pour permettre au Vietnam d'accélérer son développement, de bâtir une économie autonome, à forte intensité de connaissances et pleinement compétitive à l'échelle mondiale.

Nous devons changer de perspective et redéfinir notre approche : les "transferts de connaissances de la diaspora" constituent désormais la véritable ressource stratégique, capable de créer une valeur durable et pérenne pour le pays.
Le docteur Tran Hai Linh, membre du Comité central du FPV, président de la VKBIA et président fondateur de la VKEIA.

Journaliste : Pour concrétiser cette ambition de développement et mobiliser pleinement les « transferts de connaissances de la diaspora » que vous venez d'évoquer, quelles avancées majeures le Vietnam devrait-il engager en matière de politiques publiques et de cadre institutionnel ?

Le docteur Tran Hai Linh : Pour attirer efficacement ces ressources, je pense qu'il nous faut une véritable révolution dans la manière de concevoir la gouvernance et les politiques publiques, articulée autour de trois percées essentielles.

Premièrement, il est indispensable de définir clairement une stratégie nationale ainsi que les secteurs prioritaires appelés à jouer un rôle moteur.

L'État doit identifier les technologies stratégiques, notamment les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle et les biotechnologies, et mettre en place de manière proactive un réseau de coopération étroit avec les meilleurs experts vietnamiens de la diaspora dans ces domaines à travers le monde.

Deuxièmement, et c'est le point le plus important, nous devons opérer une transition résolue d'une logique de « mobilisation » vers une logique de « commande de projets et de co-création ».

Il ne suffit plus d'inviter les Vietnamiens de l'étranger à revenir contribuer au pays au seul nom du patriotisme.

Les autorités publiques, les collectivités locales et les entreprises doivent formuler des besoins concrets, proposer des projets de recherche clairement définis et inviter les experts de la diaspora à participer à leur réalisation.

Cette démarche doit s'accompagner d'un dispositif de rémunération à la hauteur de leurs compétences, d'un environnement de travail transparent et d'un climat respectueux de la diversité des expertises.

Troisièmement, il convient de valoriser pleinement le rôle du Front de la Patrie du Vietnam dans la création d'espaces de dialogue, de réflexion critique et de mise en réseau.

Il est nécessaire de mettre en place de véritables mécanismes permettant de recueillir les recommandations stratégiques de la diaspora, y compris celles portant un regard critique.

Le docteur Tran Hai Linh s’entretient avec Kang Gi-jung, maire de la ville de Gwangju (République de Corée), ainsi qu’avec des représentants d’organisations internationales afin de promouvoir la coopération multilatérale.

Le docteur Tran Hai Linh s’entretient avec Kang Gi-jung, maire de la ville de Gwangju (République de Corée), ainsi qu’avec des représentants d’organisations internationales afin de promouvoir la coopération multilatérale.

Parallèlement, des politiques innovantes doivent être élaborées à destination de la jeune génération de Vietnamiens de l'étranger, née ou ayant grandi hors du pays, mais détentrice des connaissances et des technologies les plus avancées.

Lorsqu'ils auront le sentiment d'être pleinement partie intégrante de la nation, d'être traités sur un pied d'égalité et de bénéficier de réelles opportunités de contribuer au développement du pays, ces talents convergeront naturellement pour accompagner le Vietnam dans son entrée dans une nouvelle ère de développement.

Journaliste : Pour que l'accueil et la valorisation des contributions des Vietnamiens de l'étranger deviennent réellement efficaces, sans rester symboliques, selon vous, comment les organismes nationaux doivent-ils faire évoluer leur approche afin de passer de la « mobilisation et l'appel à contribution » à un mécanisme de « commande claire et équitable » tout en créant un espace de débat critique pour les intellectuels de la diaspora ?

Le docteur Tran Hai Linh : À mon avis, c'est l'une des questions fondamentales si nous voulons réellement mobiliser les ressources de plus de 6 millions de Vietnamiens vivant à l'étranger dans la nouvelle phase de développement du pays.

Au cours des dernières années, le Vietnam a adopté de nombreuses orientations et politiques pertinentes à l'égard de la communauté vietnamienne à l'étranger.

Les Vietnamiens de l'étranger ont toujours ressenti l'attention portée par le Parti, l'État et le Front de la Patrie du Vietnam.

Toutefois, pour mieux valoriser ces ressources, il est nécessaire, selon moi, d'opérer un changement de mentalité.

La délégation du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, accompagnée de dirigeants de la VKBIA, effectue une visite d’étude du modèle de développement de la ville intelligente internationale de Songdo, à Incheon (en République de Corée).

La délégation du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, accompagnée de dirigeants de la VKBIA, effectue une visite d’étude du modèle de développement de la ville intelligente internationale de Songdo, à Incheon (en République de Corée).

Auparavant, nous abordions souvent cette question sous l'angle de la « mobilisation et de l'appel aux contributions de la diaspora pour la Patrie ».

Cette approche était adaptée lorsque le pays traversait encore de nombreuses difficultés.

Mais aujourd'hui, alors que le Vietnam entre dans une nouvelle ère de développement avec l'objectif de devenir un pays développé à l'horizon 2045, nous devons adopter une nouvelle approche fondée sur le « partenariat, la coopération et la co-création de valeur ».

Selon moi, l'État doit considérer les intellectuels, entrepreneurs et experts vietnamiens de l'étranger comme des partenaires de développement, et non simplement comme des personnes à mobiliser.

Cela signifie que les ministères, les secteurs, les collectivités locales et les entreprises doivent prendre l'initiative de formuler des commandes portant sur des problématiques concrètes de développement.

Par exemple, lorsqu'une localité souhaite développer un centre logistique, une zone de haute technologie, une ville intelligente ou une agriculture de haute technologie, elle peut rendre publics ses besoins, ses objectifs et ses exigences techniques, puis inviter les experts vietnamiens de l'étranger à participer aux consultations, aux évaluations critiques et à la proposition de solutions, y compris sous forme d'investissements directs ou indirects.

Ainsi, les contributions pourront répondre à des besoins réels et concrets de développement, au lieu de se limiter à des séminaires ou des forums d'échanges généraux.

Les dirigeants de la VKBIA échangent avec la délégation vietnamienne sur les principaux programmes destinés à renforcer la coopération globale entre le Vietnam et la République de Corée.

Les dirigeants de la VKBIA échangent avec la délégation vietnamienne sur les principaux programmes destinés à renforcer la coopération globale entre le Vietnam et la République de Corée.

Je considère également que le mécanisme de « commande » doit aller de pair avec la transparence et l'égalité.

Lorsqu'un expert est invité à participer, il faut disposer d'un processus clair de réception, d'évaluation, de retour d'information et de mise en œuvre.

Personne ne souhaite que toutes les propositions soient automatiquement acceptées, mais chacun souhaite que son opinion soit écoutée, examinée de manière scientifique et fasse l'objet d'une réponse complète. C'est précisément le fondement de la confiance.

Un autre aspect très important consiste à créer un espace plus ouvert de débat et de consultation politique pour les intellectuels de la diaspora.

Ceux qui travaillent dans de grands groupes multinationaux, des instituts de recherche ou des universités prestigieuses à travers le monde ont accès à des modèles avancés de gouvernance et à des expériences internationales précieuses.

Si des mécanismes leur permettent de participer dès la phase d'élaboration des politiques, plutôt que seulement après la finalisation des textes, la qualité des politiques publiques pourra être considérablement améliorée.

À mon avis, le Front de la Patrie du Vietnam, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, peut jouer un rôle particulièrement important dans le rassemblement, la mise en réseau et l'organisation de forums thématiques de réflexion critique destinés aux intellectuels et entrepreneurs vietnamiens de l'étranger.

Ce dispositif constituerait un pont entre la communauté vietnamienne à l'étranger et les organismes chargés de l'élaboration des politiques publiques, permettant que la voix de la diaspora soit recueillie de manière structurée, régulière et systématique.

Par ailleurs, il est nécessaire de créer une base de données nationale regroupant les experts, intellectuels et entrepreneurs vietnamiens de l'étranger, classés par domaines d'expertise. Lorsque le pays aura besoin de spécialistes dans l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies, la finance internationale, la transition verte ou les énergies propres, les organismes compétents pourront rapidement identifier et connecter les bonnes personnes aux bons projets, au bon moment. C'est également un modèle que plusieurs pays ont appliqué avec succès.

Je suis convaincu qu'en passant d'une logique d'« appel à contribution » à une logique de « commande équitable, coopération équilibrée et création commune de valeur », les ressources de la diaspora vietnamienne pourront être beaucoup mieux valorisées.

Ce que les intellectuels vietnamiens de l'étranger souhaitent, ce n'est pas un traitement privilégié, mais la confiance, l'opportunité de contribuer et une évaluation fondée sur l'efficacité réelle de leurs contributions. 

À ce moment-là, la relation entre l'État et la communauté vietnamienne à l'étranger ne reposera plus uniquement sur des liens affectifs, mais évoluera vers un partenariat stratégique, fondé sur une responsabilité partagée et une ambition commune : construire un Vietnam développé, puissant et profondément intégré au monde dans la nouvelle ère.

Journaliste : En tant que président de la VKBIA, pourriez-vous partager un projet technologique concret que l’Association met actuellement en œuvre directement avec des collectivités locales au Vietnam ? À partir de cette expérience, quel est selon vous le principal obstacle à surmonter pour multiplier des projets similaires de « transferts de connaissances de la diaspora » ?

Le docteur Tran Hai Linh : En réalité, ces dernières années, l’Association VKBIA et son organisation membre VKEIA ne se sont pas limitées à un rôle de mise en relation des entreprises.

Nous nous attachons à connecter les écosystèmes de technologie, de connaissances et d’investissement entre le Vietnam et la République de Corée.

Notre objectif est de transférer de manière concrète vers les collectivités locales vietnamiennes les avancées scientifiques, technologiques et les modèles de développement avancés de la République de Corée, en les adaptant aux besoins spécifiques de développement de chaque territoire.

Le docteur Tran Hai Linh et des représentants internationaux participent à la cérémonie de coupe du ruban marquant l’ouverture d’un événement de promotion des échanges commerciaux et de mise en relation des entreprises vietnamiennes et sud-coréennes en 2026.

Le docteur Tran Hai Linh et des représentants internationaux participent à la cérémonie de coupe du ruban marquant l’ouverture d’un événement de promotion des échanges commerciaux et de mise en relation des entreprises vietnamiennes et sud-coréennes en 2026.

Un exemple représentatif est le programme de coopération entre VKBIA et plusieurs localités telles que Da Nang, Khanh Hoa, Phu Quoc (An Giang), Lam Dong, Lai Chau ainsi que certaines autres provinces et villes, visant à connecter les entreprises technologiques, les centres de recherche et les partenaires sud-coréens.

Dans ce cadre, nous avons encouragé plusieurs programmes liés à la transformation numérique, notamment le programme « Travel Technology », destiné à renforcer le développement du tourisme et à diversifier les flux de visiteurs sud-coréens vers le marché vietnamien.

L’augmentation annuelle du nombre de touristes sud-coréens au Vietnam témoigne en partie de l’impact des applications technologiques et de la transformation numérique dans cette « industrie sans fumée ».

La plus grande valeur ne réside pas seulement dans le fait d’attirer un projet d’investissement au Vietnam, mais dans la construction d’un écosystème permettant à la technologie, aux connaissances et aux ressources humaines de se développer ensemble sur le long terme.

Elle reflète également les efforts visant à promouvoir de nouvelles destinations et de nouveaux services afin d’attirer davantage de touristes sud-coréens et internationaux au Vietnam.

Nous avons également encouragé l’application de systèmes logistiques intelligents, le développement d’industries de haute technologie, l’agriculture appliquée aux technologies avancées pour préserver et développer des ressources précieuses telles que le ginseng et les plantes médicinales rares, ainsi que la formation de ressources humaines dans les domaines technologiques de pointe.

En particulier, après avoir favorisé les programmes de coopération entre les organismes centraux, les ministères, les secteurs concernés et les grandes collectivités locales vietnamiennes avec la vallée de haute technologie de Pangyo, considérée comme la « Silicon Valley de la République de Corée », la VKBIA œuvre actuellement à la mise en place progressive de modèles de coopération dans les domaines de l’innovation, des centres d’accompagnement des entreprises technologiques, du transfert de technologies et de la formation aux compétences numériques au Vietnam.

Notre objectif n’est pas de copier le modèle sud-coréen, mais de sélectionner les expériences adaptées afin de construire un écosystème d’innovation correspondant aux caractéristiques et aux conditions propres au Vietnam.

Signature d’un protocole d’accord de coopération entre la délégation vietnamienne et le Conseil économique, social et du travail de la République de Corée.

Signature d’un protocole d’accord de coopération entre la délégation vietnamienne et le Conseil économique, social et du travail de la République de Corée.

Étant moi-même issu du monde scientifique, j’ai toujours considéré que la plus grande valeur ne réside pas seulement dans l’arrivée d’un projet d’investissement au Vietnam, mais dans la construction d’un écosystème où la technologie, les connaissances et les ressources humaines peuvent se développer durablement.

Cependant, à partir de la réalité de mise en œuvre des projets, je constate que le principal obstacle aujourd’hui n’est pas le manque d’investisseurs ou d’experts, mais l’absence d’un mécanisme de connexion continue entre les organismes centraux, les besoins des collectivités locales et les ressources de la diaspora.

De nombreuses localités disposent de besoins considérables en matière de technologies, de transformation numérique ou de développement d’industries de haute technologie, mais elles ne disposent pas encore d’un interlocuteur professionnel capable de formuler des « commandes ».

 À l’inverse, de nombreux experts et entrepreneurs vietnamiens de l’étranger sont prêts à participer.

Selon moi, dans la nouvelle phase de développement, les ressources de la diaspora ne se limitent plus aux flux financiers, mais comprennent également les flux de connaissances, de technologies, de données et de connexions internationales. La valeur d’un expert en intelligence artificielle, d’un scientifique spécialisé dans les semi-conducteurs ou d’un entrepreneur disposant d’un vaste réseau mondial de partenaires peut souvent dépasser largement celle d’un investissement financier isolé.

J’espère que dans les années à venir, un mécanisme permettra aux collectivités locales de formuler directement des commandes auprès des réseaux d’experts et des associations disposant des Vietnamiens résidant à l’étranger, telles que la VKBIA ou d’autres associations similaires dans le monde.

Par exemple, lorsqu’une localité souhaite développer un centre logistique, une zone de haute technologie, une agriculture de haute technologie ou un centre d’innovation, elle pourrait publier un besoin précis afin que nous puissions mobiliser les bons experts, les bonnes entreprises et les bons partenaires internationaux.

À ce moment-là, le modèle des « transferts de connaissances de la diaspora » ne constituera plus une série d’initiatives isolées, mais deviendra un véritable écosystème de coopération durable, dans lequel les connaissances, les technologies, les capitaux d’investissement et les expériences de gouvernance seront connectés de manière cohérente au service du développement local et de la construction nationale.

Je suis convaincu que si nous levons les obstacles liés aux mécanismes de coordination, aux structures de connexion et à l’environnement de mise en œuvre des projets, le Vietnam pourra, dans les cinq à dix prochaines années, développer des centaines de projets de « transferts de connaissances de la diaspora » à travers tout le pays.

Ce sera une ressource particulièrement importante pour concrétiser l’objectif d’un développement rapide et durable, et pour construire une économie fondée sur la science, la technologie et l’innovation.

Dans la nouvelle phase de développement, les ressources de la diaspora ne sont pas seulement des flux financiers, mais aussi des flux de connaissances, de technologies, de données et de connexions internationales.

Le parcours de connexion des ressources de la diaspora mené par M. Tran Hai Linh, depuis la capitale Séoul vers les provinces et villes du Vietnam, constitue une illustration concrète de l’esprit d’engagement et du sens des responsabilités de la nouvelle génération d’intellectuels vietnamiens de l’étranger. Dans un contexte où le transfert de ressources technologiques de pointe depuis l’étranger vers le pays nécessite toujours une adaptation et une intégration harmonieuses aux réalités nationales, ces efforts persévérants contribuent à valoriser efficacement la portée des « transferts de connaissances de la diaspora ».

Le docteur Tran Hai Linh présente une intervention lors d’un colloque scientifique international, mettant en avant le rôle de passerelle joué par la communauté vietnamienne résidant à l’étranger.

Le docteur Tran Hai Linh présente une intervention lors d’un colloque scientifique international, mettant en avant le rôle de passerelle joué par la communauté vietnamienne résidant à l’étranger.

La remarquable maturité de la communauté vietnamienne en République de Corée, forte de plus de 350 000 personnes au cours des deux dernières décennies, depuis les premières étapes marquées par la recherche de moyens de subsistance et les parcours d’études jusqu’à l’émergence aujourd’hui d’une génération de scientifiques, d’experts et d’ingénieurs maîtrisant des technologies clés, représente une ressource emblématique de la force du grand bloc d’unité nationale.

À mesure que les mécanismes et politiques novateurs en matière d’institutions, d’infrastructures et de reconnaissance des contributions continueront d’être perfectionnés, ce flux de compétences et d’intelligence pourra s’inscrire dans un écosystème durable, apportant une contribution concrète au processus de Renouveau du pays.

Il ne s’agit pas seulement de l’histoire de projets porteurs de valeur économique, mais, plus profondément, d’une aspiration commune à bâtir ensemble un Vietnam autonome, prospère et résilient, portée par les Vietnamiens où qu’ils se trouvent dans le monde.

Publication : le 30 juillet 2026

Réalisation : Van Anh, Minh Hanh & Phan Anh
Dessin : Phan Anh/NDEL

Photos fournies par le personage & Minh Hanh
Dans cet article, on utilise quelques images dessinées par l'IA.