ALLOCUTION DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PCV ET PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE TO LAM DEVANT LE PARLEMENT DE LA RÉPUBLIQUE SOCIALISTE DÉMOCRATIQUE DU SRI LANKA
Le 8 mai, à Colombo (capitale de la République socialiste démocratique du Sri Lanka), le Secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et Président de la République To Lam a effectué une visite et a prononcé un discours solennel devant le Parlement sri-lankais. Le Journal Nhân Dân a l’honneur de vous présenter l’intégralité de cette allocution.
Monsieur le Président du Parlement, Docteur Jagath Wickramaratne,
Mesdames et Messieurs les membres du Parlement de Sri Lanka,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un insigne honneur de m’exprimer aujourd’hui devant le Parlement du Sri Lanka, institution législative suprême et digne représentant de la volonté, des aspirations et des intérêts du peuple sri-lankais.
Au nom du Parti, de l'État et du peuple vietnamiens, je tiens à adresser à Monsieur le Président, aux membres du Parlement ainsi qu’à l’ensemble du peuple sri-lankais mes salutations les plus cordiales, mes vœux de santé et mes sentiments d’amitié les plus sincères.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Parlement, au gouvernement et au peuple du Sri Lanka pour l'accueil solennel, chaleureux et empreint de fraternité réservé à la délégation de haut rang du Vietnam.
Je salue les efforts constants et les avancées majeures que l'État, le Parlement, le Gouvernement et le peuple sri-lankais ont accomplis dans la consolidation de la stabilité, ainsi que dans le redressement et le développement du pays.
Le Vietnam est convaincu qu’en s'appuyant sur sa civilisation millénaire, sa position stratégique au cœur de l’Océan Indien, la résilience de son peuple et la détermination de ses dirigeants, le Sri Lanka poursuivra avec assurance sa marche vers l'édification d'une nation de paix, de stabilité, de prospérité et de bonheur.
Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake accueille le Secrétaire général du PCV et Président de la République To Lam. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake accueille le Secrétaire général du PCV et Président de la République To Lam. Photo : Thong Nhat/VNA.
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Le Sri Lanka occupe une place tout à fait singulière dans la mémoire historique et le cœur des Vietnamiens.
Le Président Hô Chi Minh y a fait escale à trois reprises au cours de ses années de lutte révolutionnaire. Le monument érigé en sa mémoire à Colombo, inauguré en 2013, est devenu le symbole émouvant de l'affection que le peuple sri-lankais porte au Vietnam.
Pour le peuple vietnamien, ces passages ne sont pas seulement les empreintes d'un leader sur le chemin de l'indépendance nationale. Ils marquent également la convergence naturelle entre des peuples épris de liberté, de paix, d'humanisme et de justice.
Le Président Hô Chi Minh affirmait : « Si le pays est indépendant mais que le peuple ne jouit ni du bonheur ni de la liberté, alors l'indépendance n'a aucune signification ».
Cette pensée entre en résonance profonde avec l’aspiration des Sri-lankais à une nation souveraine, stable, offrant une vie meilleure à chaque citoyen.
Bien que géographiquement éloignés, le Vietnam et le Sri Lanka sont unis par une grande proximité historique et culturelle, ainsi que par une même soif de développement.
Nos deux peuples partagent des traditions ancestrales, une identité forte et une culture prônant la bienveillance, la tolérance et l'harmonie.
Le bouddhisme ainsi que les valeurs culturelles orientales ont contribué à nourrir, au sein de chaque nation, l’amour de la paix, l’esprit de compassion et le sens de la communauté.
Depuis l’établissement des relations diplomatiques le 21 juillet 1970, les relations entre le Vietnam et le Sri Lanka se sont consolidées pendant plus d’un demi-siècle.
L’année dernière, les deux pays ont célébré le 55e anniversaire de leurs relations diplomatiques ; le président Anura Kumara Dissanayake a effectué une visite d’État au Vietnam et participé à la célébration du Vesak de l’Organisation des Nations Unies à Hô Chi Minh-Ville.
Ces événements montrent que les relations entre nos deux pays ne se construisent pas uniquement à travers des documents diplomatiques, mais également grâce à la compréhension mutuelle, à la confiance et aux sentiments sincères entre les peuples des deux nations.
Aujourd’hui, devant le Parlement sri-lankais, je souhaite partager avec vous le parcours de développement du Vietnam, notamment l’œuvre de Renouveau (Đổi mới) engagée depuis près de quarante ans.
Mesdames et messieurs, chers amis,
Il y a près de quarante ans, lorsque le Vietnam a lancé la politique de Doi moi (Renouveau) en 1986, le pays faisait face à d’innombrables difficultés. Le Vietnam sortait de plusieurs décennies de guerre, les infrastructures étaient dévastées, l’économie stagnait, les conditions de vie de la population étaient précaires et les ressources pour le développement extrêmement limitées.
Dans ce contexte, le Vietnam a choisi la voie du Renouveau.
Le Doi moi a d’abord été un renouveau de la pensée.
Nous avons compris que, pour développer le pays, il fallait regarder la réalité en face, évaluer correctement la situation, oser transformer les mécanismes devenus inadaptés, libérer la créativité du peuple, valoriser le rôle des entreprises, ouvrir le pays à l’intégration internationale et bâtir un État de droit socialiste du peuple, par le peuple et pour le peuple.
À partir d’une économie centralisée et subventionnée, le Vietnam a progressivement édifié une économie de marché à orientation socialiste ; valorisé les différents secteurs économiques ; assuré le rôle de gestion, d’orientation et d’impulsion du développement par l’État, tout en respectant les règles du marché, en encourageant la concurrence, l’innovation et l’intégration internationale.
Dans le domaine agricole, le Vietnam a accordé davantage de droits aux agriculteurs, libéré les capacités de production, garanti la sécurité alimentaire et est progressivement passé d’une situation de pénurie à l’autosuffisance alimentaire, devenant ainsi l’un des acteurs importants de l’exportation de produits agricoles.
Dans l’industrie et les services, le Vietnam a ouvert son économie aux investissements, développé les infrastructures, créé des zones industrielles et économiques, stimulé le commerce et renforcé son intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
En matière de politique étrangère, le Vietnam poursuit avec constance une ligne d’indépendance, d’autonomie, d’autosuffisance, de paix, d’amitié, de coopération et de développement ; il promeut la multilatéralisation et la diversification des relations internationales, tout en étant un ami, un partenaire fiable et un membre responsable de la communauté internationale.
À partir de cette réalité, le Vietnam a obtenu des résultats importants, illustrés par des indicateurs économiques et sociaux remarquables. D’un pays confronté à des pénuries alimentaires et figurant parmi les vingt nations les plus pauvres du monde, le Vietnam est devenu l’un des principaux exportateurs mondiaux de riz, tout en se classant parmi les 32 plus grandes économies de la planète.
En 2025, son PIB a atteint 514 milliards de dollars et le revenu annuel par habitant dépasse 5 000 dollars.
Le pays figure également parmi les quinze premières nations du monde en matière de commerce et d’attraction des investissements étrangers, tout en participant à plus de vingt accords de libre-échange reliant plus de soixante économies majeures.
Cependant, nous sommes pleinement conscients que le Vietnam fait encore face à de nombreux défis : la productivité du travail doit continuer à progresser, la qualité de la croissance doit être améliorée, tandis que le changement climatique, le vieillissement démographique, la concurrence stratégique, la transformation numérique, la transition énergétique et les fluctuations du commerce mondial imposent de nouvelles exigences.
Les acquis obtenus ne nous rendent pas complaisants ; au contraire, plus le Vietnam se développe, plus il comprend que le développement est un processus permanent d’innovation, d’adaptation, de perfectionnement et de dépassement de soi.
De cette expérience, le Vietnam tire plusieurs enseignements qui peuvent constituer des références utiles pour les pays en développement.
Premièrement, il est essentiel de préserver l’indépendance et l’autonomie nationales tout en participant activement à l’intégration internationale ; l’attraction des investissements étrangers et le développement du commerce doivent aller de pair avec le renforcement des capacités internes.
L’indépendance et l’autonomie constituent le fondement permettant à chaque nation de défendre ses intérêts légitimes et de choisir une voie de développement adaptée à ses propres conditions.
Mais l’autonomie ne signifie pas l’isolement. Elle suppose au contraire suffisamment de confiance, de capacités et de détermination pour coopérer avec tous les partenaires sur la base de l’égalité, du respect et des bénéfices mutuels.
Le Vietnam considère toujours que les ressources internes jouent un rôle décisif, tandis que les ressources extérieures sont essentielles. Les forces internes résident dans les personnes, les institutions, la culture, les traditions, les aspirations et la créativité du peuple.
Les forces extérieures se trouvent dans les connaissances, les marchés, les technologies, les investissements, l’expérience de gestion et la coopération internationale.
La clé du développement réside dans la capacité à harmoniser ces deux sources de manière équilibrée.
L’intégration internationale ouvre de vastes perspectives, mais les capacités internes demeurent déterminantes.
Attirer les investissements étrangers est nécessaire, mais insuffisant. Un développement durable exige le renforcement des entreprises nationales, de la qualité des ressources humaines, des industries de soutien, de la gouvernance, de l’innovation et de la capacité à participer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales.
Le Vietnam s’efforce actuellement de passer d’un modèle de croissance reposant principalement sur le capital, la main-d’œuvre et les ressources naturelles à un modèle fondé davantage sur la productivité, la science et la technologie, l’innovation, la transformation numérique, la transition verte et la qualité des ressources humaines.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam signe le livre d’invité d'honneur. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam signe le livre d’invité d'honneur. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam assiste à une séance au Parlement sri-lankais et y prend la parole. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam assiste à une séance au Parlement sri-lankais et y prend la parole. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam s'exprime au Parlement sri-lankais. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam s'exprime au Parlement sri-lankais. Photo : Thong Nhat/VNA.
Deuxièmement, il convient de promouvoir le rôle du droit, du Parlement et de la gouvernance nationale dans la création des conditions du développement ; toute réforme doit commencer par un renouvellement des mentalités et un perfectionnement des institutions.
Le développement durable exige un cadre juridique stable, transparent, équitable et adaptable.
Si le gouvernement ouvre la voie par ses politiques, l'Assemblée nationale veille à ce que ce chemin soit éclairé par des lois, la responsabilité et la volonté du peuple.
Au Vietnam, l'Assemblée nationale joue un rôle crucial dans l'institutionnalisation des orientations du développement, l'adoption des lois, la prise de décisions sur les grandes questions nationales, la supervision des activités de l'État et la prise en compte des aspirations du peuple.
En m'exprimant aujourd'hui devant le Parlement sri-lankais, j'ai constaté avec encore plus d'acuité le rôle des organes législatifs dans l'instauration de la confiance, la promotion des réformes et la garantie d'un développement inclusif.
Une politique pertinente peut engendrer des changements dans un domaine.
Mais une vision du développement adéquate peut ouvrir la voie à l'ensemble du pays.
L'innovation au Vietnam ne se limite pas à la modification de certaines politiques économiques ; elle implique un changement de perspective sur le développement, sur les rôles respectifs de l'État, du marché, des citoyens et des entreprises.
Nous travaillons, synthétisons, expérimentons et déployons simultanément nos solutions, en évitant toute précipitation et tout extrémisme, mais en poursuivant sans relâche l'innovation.
La leçon du Vietnam est qu'il faut partir des réalités de notre propre pays, respecter les lois objectives et tirer des enseignements sélectifs des expériences internationales, en les adaptant aux spécificités vietnamiennes.
Le Secrétaire général du PCV et Président de la République To Lam prend la parole lors du Parlement sri-lankais. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le Secrétaire général du PCV et Président de la République To Lam prend la parole lors du Parlement sri-lankais. Photo : Thong Nhat/VNA.
Troisièmement, nous plaçons le peuple au centre, comme finalité et moteur du développement.
Le développement ne se résume pas à la croissance du PIB. Il doit se mesurer à l'aune d'une vie meilleure pour la population, de l'accès à l'éducation pour les enfants, de la stabilité de l'emploi pour les travailleurs, de la sécurité des communautés et de la confiance des citoyens.
Partant du principe que « le peuple est le fondement », le Vietnam associe systématiquement la croissance économique à la réduction de la pauvreté, à la protection sociale, à l'éducation, à la santé, au développement rural et à l'amélioration de la qualité de vie. Le peuple n'est pas seulement bénéficiaire, mais aussi acteur, participant et maître du processus de développement.
Une économie peut connaître une croissance rapide pendant un certain temps, mais une nation n'atteint un développement durable que lorsque sa population a le sentiment d'être bénéficiaire, acteur et maître de ce processus.
Quatrièmement, nous considérons l'agriculture, les agriculteurs et les zones rurales comme des piliers essentiels de la stabilité et du développement.
Pour de nombreux pays en développement, l'agriculture n'est pas qu'un simple secteur économique.
Elle est intimement liée à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance de millions de personnes, à la stabilité sociale, à la culture communautaire et à la résilience face aux crises.
Le Vietnam a entrepris de nombreuses réformes, en commençant par l'agriculture et les zones rurales. Notre expérience nous a montré que garantir les moyens de subsistance des agriculteurs, développer les infrastructures rurales, moderniser la production agricole, accroître la transformation des produits, réduire les pertes après récolte, créer des marques et s'adapter au changement climatique sont des piliers essentiels du développement durable.
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Le monde évolue à un rythme extrêmement rapide. Les sciences et les technologies, l’intelligence artificielle, la transformation numérique, la transition énergétique, le changement climatique, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement ainsi que la concurrence stratégique créent à la fois des opportunités et des défis pour tous les pays.
Le XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam a fixé pour objectif qu’à l’horizon 2030, le Vietnam devienne un pays en développement doté d’une industrie moderne et d’un revenu intermédiaire supérieur ; puis, d’ici 2045, un pays développé à revenu élevé.
Afin de réaliser cet objectif, le Vietnam accélère vigoureusement les réformes institutionnelles, le développement des ressources humaines et la mise en place d’infrastructures modernes et harmonisées ; il promeut les sciences et les technologies, l’innovation, la transformation numérique et la transition verte ; renforce la compétitivité nationale ; garantit la stabilité macroéconomique ; améliore davantage les conditions de vie de la population ; et construit une culture vietnamienne avancée, profondément imprégnée de l’identité nationale.
Nous sommes pleinement conscients qu’une grande ambition doit être démontrée par des actions concrètes, notamment par des réformes plus vigoureuses, une gouvernance plus efficace, un élargissement plus substantiel de la démocratie, un renforcement plus profond de la grande union nationale et une coopération internationale plus substantielle.
Ces enjeux ne concernent pas uniquement le Vietnam. Ils constituent également une interrogation commune à de nombreux pays en développement, dont le Vietnam et le Sri Lanka : comment se développer plus rapidement tout en restant plus durables ; devenir plus modernes tout en étant plus inclusifs ; s’intégrer plus profondément au monde tout en préservant l’indépendance, l’autonomie et l’identité nationale.
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Chaque pays possède sa propre histoire, sa culture, ses conditions, ses ressources et ses choix de développement. Ce que nous souhaitons partager, c’est le parcours que nous avons traversé, avec ses réussites comme ses insuffisances, dans un esprit d’ouverture, d’écoute et de volonté d’apprentissage mutuel.
Concernant les relations bilatérales, nous souhaitons, avec le Sri Lanka, ouvrir une nouvelle phase de coopération plus approfondie, plus substantielle et plus efficace.
Je suis heureux d’annoncer au Parlement et au peuple sri-lankais que, sur la base de la confiance politique, de l’amitié traditionnelle et d’un besoin de coopération de plus en plus approfondi, le Vietnam et le Sri Lanka sont convenus d’élever leurs relations au niveau de Partenariat global.
Il s’agit d’un jalon majeur ouvrant un nouvel espace de coopération plus global, plus concret et plus efficace entre les deux pays.
Grâce à ce nouveau cadre de relations, nous disposons de conditions plus favorables pour approfondir la coopération dans les domaines politique, de la défense et de la sécurité, de l’économie, du commerce, de l’investissement, de l’agriculture, de l’éducation, de la culture, du tourisme, des sciences et des technologies, de la transformation numérique ainsi que de la coordination multilatérale.
Dans cet esprit, je souhaiterais proposer plusieurs grandes orientations de cooperation.
Premièrement, renforcer la confiance politique et la coopération parlementaire.
Les deux pays doivent continuer à maintenir les échanges de délégations de haut niveau et à tous les échelons ; renforcer la coopération entre les organes du Parti, de l’État, du Gouvernement, de l’Assemblée nationale ainsi qu’entre les collectivités locales des deux pays ; et valoriser le rôle des mécanismes de consultation, de dialogue, des commissions mixtes et des canaux de coopération bilatérale.
En particulier, les Assemblées nationales des deux pays pourraient intensifier les échanges d’expériences en matière de législation, de supervision, de réforme administrative, de transformation numérique des activités parlementaires, d’élaboration des lois au service du développement durable, de protection des groupes vulnérables, de promotion de l’égalité des sexes et de création d’opportunités pour les jeunes.
Le Vietnam souhaite que les deux Assemblées nationales encouragent les activités des groupes parlementaires d’amitié afin de rapprocher davantage les relations bilatérales et de leur donner un contenu plus concret.
Deuxièmement, il convient d’insuffler une nouvelle dynamique à la coopération économique, commerciale et aux investissements.
La coopération économique entre le Vietnam et le Sri Lanka recèle encore un fort potentiel. Les deux pays disposent de marchés, de produits, de positions géographiques et de capacités complémentaires.
Le Vietnam peut servir de passerelle permettant au Sri Lanka de renforcer sa coopération avec l’ASEAN et l’Asie du Sud-Est ; le Sri Lanka peut, quant à lui, devenir un lien stratégique pour permettre au Vietnam d’élargir sa coopération avec l’Asie du Sud et la région de l’océan Indien.
Les deux parties se sont accordées sur l’objectif de porter les échanges commerciaux bilatéraux à un milliard de dollars dans un avenir proche ; elles encouragent également des mesures concrètes telles que la facilitation du commerce, le renforcement des connexions entre entreprises, les échanges de délégations de promotion commerciale, l’organisation d’expositions et de séminaires, la mise en relation entre l’offre et la demande, ainsi que l’examen de cadres juridiques plus favorables aux investissements et au commerce.
L’objectif d’un milliard de dollars n’est pas seulement un chiffre. Il symbolise une nouvelle confiance, une nouvelle dynamique et de nouveaux espaces de coopération entre les communautés d’affaires des deux pays.
Je propose que les organes compétents des deux pays coordonnent étroitement leurs actions afin de concrétiser les accords conclus en programmes, projets et résultats tangibles au bénéfice des populations et des entreprises des deux pays.
Les secteurs pouvant être prioritaires comprennent l’agriculture, la transformation alimentaire, l’industrie manufacturière, les énergies renouvelables, les composants électroniques et automobiles, les produits pharmaceutiques, les hôpitaux, les télécommunications, la logistique, les infrastructures, le tourisme, les services et les technologies de l’information.
Ce sont des domaines dans lesquels le Sri Lanka a exprimé son intérêt pour attirer les investissements et développer la coopération avec le Vietnam.
Troisièmement, il faut renforcer la coopération dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du développement rural.
L’agriculture est un secteur particulièrement proche des deux nations.
Le Vietnam est prêt à partager son expérience avec le Sri Lanka, conformément à l’esprit de la Déclaration conjointe de 2025. Je suis convaincu que la coopération agricole entre les deux pays permettra non seulement de créer davantage de valeur économique, mais contribuera également à garantir la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance des populations rurales, l’adaptation au changement climatique et la promotion d’un développement inclusif.
Quatrièmement, il convient de développer de nouveaux moteurs de coopération : l’économie maritime, la logistique, la transformation numérique, l’intelligence artificielle et la croissance verte.
Le Sri Lanka occupe une position stratégique dans l’océan Indien et constitue un point de connexion majeur des routes maritimes internationales.
Le Vietnam, pays côtier d’Asie du Sud-Est, met actuellement en œuvre une stratégie de développement durable de l’économie maritime.
Les deux pays peuvent renforcer leur coopération dans les domaines de la logistique, des ports maritimes, du transport, du commerce maritime, de la protection de l’environnement marin, de la prévention des catastrophes naturelles ainsi que du développement de l’économie bleue.
Les deux parties peuvent également intensifier leur coopération dans la transformation numérique, le commerce électronique, l’intelligence artificielle, le gouvernement numérique, les services publics numériques, l’éducation numérique, la santé numérique, les énergies renouvelables et la finance verte.
Les deux pays se sont engagés à coopérer dans l’exploitation des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, le commerce électronique et la transformation numérique, afin de promouvoir le développement durable et d’améliorer la qualité des services publics.
Il s’agit de domaines qui ne sont pas limités par la distance géographique. L’intelligence, la technologie, l’innovation et les données peuvent devenir de nouveaux ponts reliant le Vietnam et le Sri Lanka.
Cinquièmement, renforcer l’éducation, la culture, le tourisme et les échanges entre les peuples.
Les relations entre nos deux nations ne deviennent solides que lorsqu’elles sont nourries non seulement par des accords et des documents officiels, mais aussi par la compréhension mutuelle, les échanges et les liens affectifs entre les peuples des deux pays.
Le Vietnam et le Sri Lanka disposent de nombreux atouts pour développer le tourisme culturel, le tourisme bouddhique, le tourisme patrimonial, le tourisme balnéaire et l’écotourisme.
Les deux parties ont souligné l’importance de la connectivité aérienne et encouragé les compagnies aériennes à ouvrir prochainement des liaisons directes ; elles entendent également promouvoir des mesures facilitant le tourisme, les activités commerciales et les échanges entre les peuples.
Les deux pays doivent également renforcer les échanges entre étudiants, universitaires, chercheurs, artistes et jeunes entrepreneurs ; élargir les programmes de bourses ; promouvoir la coopération entre universités et instituts de recherche ; organiser des semaines culturelles du Vietnam au Sri Lanka et du Sri Lanka au Vietnam.
Le Vietnam apprécie la volonté du Sri Lanka de partager son expérience dans les domaines de l’archéologie et de la préservation du patrimoine culturel.
Le Vietnam souhaite également renforcer la coopération dans les recherches sur le bouddhisme, la culture et l’histoire des deux pays.
J’espère également que le Parlement, le gouvernement et le peuple sri-lankais continueront d’accorder leur attention et de créer des conditions favorables afin que la communauté vietnamienne au Sri Lanka puisse stabiliser sa vie, bien s’intégrer dans la société locale et contribuer activement aux relations d’amitié entre les deux peuples.
Sixièmement, coordonner étroitement les actions au sein des forums régionaux et internationaux.
Dans un monde marqué par de profondes mutations, les pays en développement doivent renforcer leur solidarité, leur coopération et leur voix commune.
Le Vietnam et le Sri Lanka accordent tous deux une grande importance au multilatéralisme, au droit international, au rôle de l’Organisation des Nations Unies, au Mouvement des non-alignés ainsi qu’aux mécanismes de coopération régionale.
Les deux pays doivent poursuivre leur concertation sur les questions d’intérêt commun, notamment la paix, la stabilité, la sûreté et la sécurité maritimes, la lutte contre la criminalité transnationale, le terrorisme, la cybercriminalité et l’immigration illégale, la participation aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, la lutte contre le changement climatique, la promotion du financement climatique en faveur des pays en développement, ainsi que la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.
La Déclaration conjointe de 2025 réaffirme également l’importance de la paix, de la stabilité, de la sécurité, de la liberté de navigation et du respect du droit international, en particulier de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.
Le Vietnam salue la volonté du Sri Lanka de renforcer sa coopération avec l’Asie du Sud-Est et l’ASEAN.
Le Vietnam est prêt à jouer un rôle de passerelle pour aider le Sri Lanka à approfondir sa coopération avec l’ASEAN ; il souhaite également que le Sri Lanka continue de faciliter le renforcement des relations entre le Vietnam, l’Asie du Sud et la région de l’océan Indien.
Mesdames et Messieurs,
Les pays de petite et moyenne dimension ne recherchent pas la puissance dans la confrontation.
Nous recherchons la force à travers l’unité, le respect du droit international, la capacité de résilience, la qualité de la gouvernance, la confiance du peuple et la confiance mutuelle entre les nations.
Le Vietnam comprend profondément la valeur de la paix, car notre peuple a traversé les guerres.
Le Vietnam comprend la valeur de l’indépendance, car nous avons dû mener une longue lutte pour conquérir et préserver cette indépendance.
Le Vietnam comprend la valeur du développement, car il a su s’élever au sortir de la pauvreté.
Et le Vietnam comprend la valeur de l’amitié, car pendant les périodes les plus difficiles de notre histoire, nous avons reçu le soutien, la solidarité et les sentiments précieuxx des peuples progressistes du monde entier, parmi lesquels figure le peuple sri-lankais.
Aujourd’hui, le Vietnam souhaite faire de l’amitié traditionnelle une véritable ressource au service du développement, transformer la confiance politique en coopération économique concrète, les échanges culturels en une compréhension profonde et durable, ainsi que les aspirations communes en projets, programmes et bénéfices tangibles pour les peuples des deux pays.
Je suis convaincu qu’avec plus d’un demi-siècle de relations diplomatiques, avec les similitudes de nos histoires, de nos cultures et de nos aspirations au développement, ainsi qu’avec la détermination des dirigeants et le soutien des peuples des deux pays, les relations entre le Vietnam et le Sri Lanka entreront dans une nouvelle phase de développement, plus profonde, plus substantielle et plus efficace.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam assiste à une réunion au Parlement sri-lankais et y prononce un discours. Photo : Thong Nhat/VNA.
Le secrétaire général du PCV et président To Lam assiste à une réunion au Parlement sri-lankais et y prononce un discours. Photo : Thong Nhat/VNA.
Monsieur le Président du Parlement,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
De Hanoï à Colombo, de la Mer Orientale à l’océan Indien, nous partageons une même conviction : la paix est le fondement, le peuple est au centre, le développement est l’objectif et l’amitié demeure le pont le plus durable reliant nos deux nations.
Je souhaite que le Parlement du Sri Lanka continue d’incarner la volonté, l’intelligence et les aspirations du peuple sri-lankais.
J’adresse à l’État, au gouvernement et au peuple sri-lankais mes vœux de paix, de stabilité, de développement durable et de prospérité.
Puissent l’amitié et la coopération entre le Vietnam et le Sri Lanka continuer à se renforcer au bénéfice des peuples des deux pays, ainsi que de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans la région et dans le monde.
Je vous remercie de votre aimable attention !
Publication : le 8 mai 2026
Dessin : Xuan Bach & Hong Phuong
Photos : VNA