La langue est l'« âme » d'une nation. La langue vietnamienne porte en elle l'âme du peuple vietnamien. Grâce à elle, quels que soient notre identité ou l'endroit où nous vivons dans le monde, nous pouvons comprendre l'histoire et la culture du Vietnam.

Dans le contexte actuel, conformément à l'esprit de la Résolution n° 80-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne, l'ouverture et l'intégration internationale offrent au Vietnam toutes les conditions pour relancer et renforcer la formation des ressources humaines dans le domaine de la culture, tant sur le territoire national qu'à l'étranger.

Encore faut-il former des femmes et des hommes dotés d'une solide force de caractère, capables de s'adapter aux évolutions tout en préservant les valeurs et l'esprit vietnamiens.

Alors que la sauvegarde et la promotion de la culture nationale constituent désormais une responsabilité essentielle, l'enseignement et la diffusion de la langue vietnamienne contribuent non seulement à préserver et à faire rayonner la culture vietnamienne auprès de la communauté vietnamienne établie à l'étranger ainsi qu'auprès des populations locales, mais aussi à transmettre les valeurs traditionnelles et à affirmer la place ainsi que la voix de la nation vietnamienne sur la scène culturelle mondiale.

Des numéros artistiques du programme artistique « Printemps au pays natal 2026 » placé sous le thème « Aspiration du Vietnam : paix et prospérité ».

Des numéros artistiques du programme artistique « Printemps au pays natal 2026 » placé sous le thème « Aspiration du Vietnam : paix et prospérité ».

Promouvoir la langue vietnamienne grâce aux écoles en ligne

Pays multiculturel et multilingue, la Malaisie a fait de l'anglais sa principale langue d'usage.

 Les enfants y apprennent simultanément l'anglais, le chinois et le malais.

Dans les familles musulmanes, la plupart suivent également des cours d'arabe, tandis que les enfants issus de familles d'origine chinoise apprennent le cantonais, le hokkien ou d'autres langues correspondant à la région d'origine de leurs parents et grands-parents.

Selon l'enseignante Nguyen Thi Lien, l'une des cinq lauréates du concours des « Ambassadeurs de la langue vietnamienne à l'étranger », organisé en 2023 par le Comité d'État chargé des Vietnamiens résidant à l'étranger et le ministère des Affaires étrangères, la langue vietnamienne n'avait, il y a encore quelques années en Malaisie, pratiquement aucune place dans l'emploi du temps des enfants.

 Selon Nguyen Thi Lien, de nombreuses Vietnamiennes mariées à des étrangers n'ont guère de poids dans les décisions familiales, et ne peuvent pas décider elles-mêmes si leurs enfants suivront des cours de vietnamien.

Dans d'autres familles vietnamiennes, nombre de parents ne considèrent pas encore comme essentiel que leurs enfants maîtrisent la langue vietnamienne, tandis que les convaincre de fréquenter des classes de vietnamien demeure une tâche loin d'être aisée.

À l'occasion du programme « Xuan Que huong 2026 », Mme Nguyen Thi Lien (deuxième en partant de la gauche), ambassadrice de la langue vietnamienne et secrétaire générale adjointe du Réseau mondial pour l'enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne, a participé à la cérémonie de lancement de la collection « Vui học tiếng Việt » (Apprendre le vietnamien en s'amusant).

À l'occasion du programme « Xuan Que huong 2026 », Mme Nguyen Thi Lien (deuxième en partant de la gauche), ambassadrice de la langue vietnamienne et secrétaire générale adjointe du Réseau mondial pour l'enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne, a participé à la cérémonie de lancement de la collection « Vui học tiếng Việt » (Apprendre le vietnamien en s'amusant).

Pour Mme Lien, la plus grande source de satisfaction réside dans l'évolution remarquable de la communauté vietnamienne en Malaisie au cours de la dernière décennie.

Les cours de vietnamien se sont multipliés à travers le pays et se déclinent désormais sous des formats variés, en présentiel comme en ligne.

Les parents vietnamiens établis à l'étranger accordent aujourd'hui une importance croissante à l'apprentissage de la langue maternelle par leurs enfants, considérant leur capacité à parler vietnamien comme une véritable fierté, fruit d'un engagement constant et de grands efforts.

En particulier, en 2022, le projet « Journée d’honneur de la langue vietnamienne au sein de la diaspora vietnamienne », approuvé par le Premier ministre vietnamien sous la décision n° 930/QD-TTg, et faisant du 8 septembre la Journée d’honneur annuelle de la langue vietnamienne, a profondément transformé l'enseignement du vietnamien auprès de la diaspora vietnamienne.

Dans le même esprit, Mme Lanny Phetnion, enseignante laotienne de vietnamien, figure parmi les cinq personnalités distinguées en qualité d'Ambassadrices de la langue vietnamienne lors de la cérémonie de clôture de la Journée d’honneur de la langue vietnamienne 2024 et du gala « Tiếng Việt thân thương (Le vietnamien bien aimé)», organisés par le Comité d'État chargé des Vietnamiens résidant à l'étranger, relevant du ministère des Affaires étrangères, en coopération avec plusieurs partenaires.

Elle anime également des chaînes consacrées à l'enseignement du vietnamien sur les réseaux sociaux et a rédigé des manuels destinés non seulement aux Laotiens, mais aussi aux étrangers vivant au Laos et désireux d'apprendre le vietnamien.

Très active sur les plateformes numériques, Mme Lanny Phetnion s'attache également à faire découvrir à ses élèves et aux abonnés de ses chaînes les richesses de la culture vietnamienne, en mettant en lumière les traditions, les coutumes et les modes de vie qui font l'identité du Vietnam. 

« C’est aussi une manière de contribuer à renforcer l’amitié particulière qui unit le Laos et le Vietnam », explique Lanny Phetnion.

Lanny Phetnion présente aux élèves un ouvrage consacré au Vietnam lors de la cérémonie en l’honneur de la langue vietnamienne organisée au Laos en 2024.

Lanny Phetnion présente aux élèves un ouvrage consacré au Vietnam lors de la cérémonie en l’honneur de la langue vietnamienne organisée au Laos en 2024.

Comme l’enseignante Nguyen Thi Lien et Lanny Phetnion, le docteur Nguyen The Duong, Vietnamien établi en Australie, œuvre lui aussi à l’enseignement et à l’apprentissage du vietnamien hors du pays. Désigné « Ambassadeur de la langue vietnamienne » à l’issue du concours organisé en 2024 auprès de la communauté vietnamienne à l’étranger, il s’est engagé avec une ambition : aider les enfants d’origine vietnamienne vivant en Australie à préserver leur langue et, à travers elle, le lien qui les rattache à leurs racines.

Le docteur Nguyen The Duong mis à l’honneur lors du gala « Tiếng Việt thân thương » (Le vietnamien bien-aimé).

Le docteur Nguyen The Duong mis à l’honneur lors du gala « Tiếng Việt thân thương » (Le vietnamien bien-aimé).

Au départ, Nguyen The Duong et son épouse, Hoang Thi Thu Thuy, titulaire d’un master, proposaient simplement des cours gratuits de vietnamien aux enfants vietnamiens de leur quartier.

Peu à peu, il a constaté que de nombreux jeunes Vietnamiens vivant à l’étranger aimaient le vietnamien, mais que la distance et les contraintes de temps entravaient leur apprentissage.

Soucieux de lever ces obstacles, il a décidé, en 2016, de créer une « école » en ligne baptisée Yêu Tiếng Việt (« Aimer le vietnamien »), destinée à enseigner le vietnamien à distance aux enfants vietnamiens vivant à l’étranger.

Ce nom traduit à la fois le profond attachement de Nguyen The Duong à la langue vietnamienne et son ardent désir de transmettre cette passion aux élèves de l’école.

« C’est l’essentiel, et c’est pour cette raison que nous avons choisi d’appeler notre école Yêu Tiếng Việt. Quand on aime une langue, on cherche naturellement à mieux la connaître. On trouve aussi les méthodes et les moyens de la transmettre de la manière la plus adaptée et la plus efficace possible. Les enfants apprennent ainsi à aimer davantage le vietnamien et à resserrer leurs liens avec leurs racines vietnamiennes », confie-t-il.

Première école en ligne consacrée à l’enseignement du vietnamien en Australie, Yêu Tiếng Việt accueille aujourd’hui des enfants comme des adultes du monde entier et s’est imposée comme une adresse prisée pour apprendre la langue vietnamienne.

À ce jour, cette « école » dans l’espace numérique a attiré des milliers d’élèves issus de plus de 30 pays et territoires.

Des apprenants viennent aussi bien des États-Unis, d’Australie, du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne ou du Japon que de territoires où la communauté vietnamienne est très peu nombreuse, comme la Guyane française, le Cameroun ou l’Arabie saoudite.

Parmi eux, nombreux sont les étrangers qui manifestent un intérêt pour la langue vietnamienne et souhaitent l’apprendre.

Le docteur Nguyen The Duong, cofondateur et directeur de Yêu Tiếng Việt (Aimer le vietnamie), est également coauteur de la série de manuels « Tiếng Việt của em (Mon vietnamien)» (3 tomes), conçue pour perfectionner l’enseignement du vietnamien aux enfants vietnamiens vivant loin de leur pays d’origine.

La série de manuels a été élaborée par le docteur Nguyen The Duong et ses collaborateurs.

La série de manuels a été élaborée par le docteur Nguyen The Duong et ses collaborateurs.

Faire rayonner la langue vietnamienne auprès des amis internationaux

Au-delà de l’enseignement du vietnamien aux Vietnamiens vivant à l’étranger, la promotion et le renforcement de la place de la langue vietnamienne dans les pays d’accueil sont également menés de manière structurée par les communautés vietnamiennes à l’étranger ainsi que par des étrangers passionnés par la langue et la culture vietnamiennes.

Aux États-Unis, grâce aux efforts considérables de la communauté vietnamienne et au soutien efficace du Comité d’État chargé des Vietnamiens résidant à l’étranger relevant du ministère des Affaires étrangères, le Conseil de surveillance de la ville et du comté de San Francisco, dans l’État de Californie, a adopté, à la mi-2024, une résolution reconnaissant officiellement le vietnamien comme l’une des langues officielles de la ville.

Ainsi, la ville de San Francisco utilise désormais également le vietnamien dans certains services publics, notamment pour l’interprétation, les avis d’information et les documents publiés sur son site internet.

Outre San Francisco, le vietnamien est également largement utilisé dans les services publics tels que la santé, l’éducation et les services sociaux dans de nombreuses villes américaines, notamment dans les régions comptant d’importantes communautés vietnamiennes comme la Californie, Houston, le comté d’Orange, le Texas ou encore Washington.

Par ailleurs, ces dernières années, le vietnamien a également été introduit dans les programmes d’enseignement de plusieurs universités. 

Le vietnamien est aujourd'hui enseigné dans six des huit universités membres de l'Ivy League, qui regroupe les plus prestigieuses universités privées de recherche du nord-est des États-Unis : Brown University, Columbia University, Cornell University, Harvard University, University of Pennsylvania et Yale University.

 À Harvard University, le programme d'enseignement du vietnamien a été créé en 2024 au sein du Département de langues et civilisations de l'Asie de l'Est.

En Italie, le vietnamien est également enseigné au sein du Département des études sur l'Asie et l'Afrique méditerranéenne de l'Université Ca' Foscari de Venise.

En République de Corée, depuis 2013, le ministère de l'Éducation a établi l'anglais comme première langue étrangère, tandis que le vietnamien, aux côtés de huit autres langues, est reconnu comme deuxième langue étrangère.

Les organisateurs d'un colloque consacré au thème « État des lieux et solutions pour le développement de l'enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne au sein de la communauté vietnamienne en République de Corée » offrent aux enfants d'origine vietnamienne vivant à Gwangju le manuel « Apprendre le vietnamien en s'amusant ».

Les organisateurs d'un colloque consacré au thème « État des lieux et solutions pour le développement de l'enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne au sein de la communauté vietnamienne en République de Corée » offrent aux enfants d'origine vietnamienne vivant à Gwangju le manuel « Apprendre le vietnamien en s'amusant ».

Selon le professeur Ahn Kyong-Hwan, ancien vice-président chargé des relations internationales de l'Université Nguyen Trai, l'enseignement du vietnamien en République de Corée a officiellement débuté en 1967.

Depuis 2012, cette langue figure parmi les matières des concours d'entrée à l'université, tandis que des départements de vietnamien ont été créés dans plusieurs lycées spécialisés en langues étrangères.

Les cours en ligne « Yeu Tieng Viet (Aimer le vietnamien) » attirent des élèves venant des quatre coins du monde.

Les cours en ligne « Yeu Tieng Viet (Aimer le vietnamien) » attirent des élèves venant des quatre coins du monde.

En Australie, le vietnamien est aujourd'hui, après l'anglais, la troisième langue la plus parlée du pays.

Il est enseigné dans plusieurs établissements scolaires, tandis que de nombreuses écoles communautaires proposent également des cours de vietnamien aux élèves australiens.

Cette situation témoigne du rayonnement croissant de la langue vietnamienne ainsi que de l'intérêt grandissant que lui portent les autorités, les communautés et la population australiennes.

Tran Hong Van, nommée « Ambassadrice de la langue vietnamienne » en 2023, souligne que pour la diaspora vietnamienne dans le monde en général, et en Australie en particulier, la préservation de la langue et de la culture nationales apporte d'immenses bienfaits sur les plans affectif, culturel, intellectuel et économique.

En Australie, promouvoir, enseigner et pratiquer la langue et la culture vietnamiennes contribue activement à enrichir le multiculturalisme et le multilinguisme du pays, une singularité dont le gouvernement et les citoyens australiens sont particulièrement fiers.

De plus, la langue et la culture vietnamiennes favorisent l'empathie, la compréhension mutuelle, l'intégration et l'harmonie entre les différentes communautés qui composent la société australienne. 

Défendant fermement l'idée que « la culture est le socle fondamental de l'identité et des valeurs d'un peuple », Vu Thi Bich Diep, présidente de l'Association des étudiants vietnamiens en Italie, rappelle que celle-ci ne se résume pas à une simple cristallisation des traditions et des coutumes, mais qu'elle incarne l'âme, l'intelligence et la résilience humaines forgées au fil des générations.

En Italie, des organisations et des centres culturels basés à Milan, Rome et Turin ont déjà mis en place des cours de langue, d'arts traditionnels et d'histoire culturelle du Vietnam.

Vu Thi Bich Diep, présidente de l'Association des étudiants vietnamiens en Italie, s'exprimant lors de la rencontre avec le président de l'Assemblée nationale vietnamienne, Tran Thanh Man.

Vu Thi Bich Diep, présidente de l'Association des étudiants vietnamiens en Italie, s'exprimant lors de la rencontre avec le président de l'Assemblée nationale vietnamienne, Tran Thanh Man.

Le président de l'Assemblée nationale, Tran Thanh Man, entouré de délégués de l'Association des étudiants et des doctorants vietnamiens d'élite en Italie.

Le président de l'Assemblée nationale, Tran Thanh Man, entouré de délégués de l'Association des étudiants et des doctorants vietnamiens d'élite en Italie.

Selon Vu Thi Bich Diep, la jeunesse et les étudiants vietnamiens à l'étranger ont à cœur de promouvoir l'image du pays et de ses habitants, de préserver l'identité culturelle et de s'impliquer activement dans les chantiers de la transition numérique, de la transition verte et de l'innovation au Vietnam.

Pour elle, il s'agit d'une responsabilité que chaque Vietnamien vivant loin de sa patrie se doit d'assumer pour servir l'objectif commun de développement national.

Elle appelle ainsi la jeune génération à prendre pleinement conscience de son rôle et de son devoir au cœur de la dynamique de développement du Vietnam. 

 « Nous sommes pleinement conscients que la jeunesse n’est pas seulement l’avenir, mais également la force motrice qui contribuera à concrétiser les objectifs de développement du pays.

Lorsque la préservation et la promotion de notre patrimoine culturel constituent une responsabilité essentielle, les initiatives que nous menons ne contribuent pas seulement à faire connaître la culture vietnamienne auprès des populations locales ; elles permettent aussi de préserver les valeurs traditionnelles tout en affirmant la place et la voix du peuple vietnamien sur la scène culturelle internationale », souligne la présidente de l’Association des étudiants vietnamiens en Italie.

« Je suis un homme comblé grâce à la langue vietnamienne »

Maîtrisant parfaitement le vietnamien et entretenant depuis près de 40 ans des liens étroits avec le pays et le peuple vietnamiens, le professeur Ahn Kyong-Hwan a eu l’honneur d’être nommé « Citoyen d’honneur de la ville de Hanoï » en 2024.

Il est notamment le traducteur en sud-coréen de plusieurs chefs-d’œuvre de la littérature vietnamienne, parmi lesquels « Le Conte de Kiều » (Truyện Kiều) de Nguyen Du et « Journal de prison » (Nhật ký trong tù) du Président Hô Chi Minh.

« Je suis tombé amoureux du Vietnam lorsque j’étais encore lycéen », raconte le professeur Ahn Kyong-Hwan, en évoquant les débuts de son attachement à la langue vietnamienne.

« À cette époque, nous découvrions le Vietnam à travers quelques documentaires et photographies diffusés à l’école.

L’image qui symbolisait le plus naturellement le pays était celle du cocotier.

 Les cocoteraies vietnamiennes apparaissaient dans ces films et ces photographies chargées de grappes de noix de coco, tandis que les longues palmes ondulaient sous la brise en se penchant au-dessus des canaux, composant un paysage à la fois féerique et lumineux.

C’est cet amour du Vietnam qui m’a conduit à commencer l’apprentissage du vietnamien en 1974 », se souvient-il.

À cette époque, l’économie sud-coréenne connaissait encore de nombreuses difficultés et les technologies de l’information étaient loin d’être développées.

Pour un lycéen comme lui, apprendre le vietnamien relevait donc du défi : il devait rechercher et rassembler les rares manuels de langue vietnamienne disponibles afin d’étudier seul.

Le professeur Ahn Kyong-Hwan, Citoyen d'honneur de Hanoï, a remporté le Prix spécial du concours d'écriture « Hanoï dans mon cœur » en 2024.

Le professeur Ahn Kyong-Hwan, Citoyen d'honneur de Hanoï, a remporté le Prix spécial du concours d'écriture « Hanoï dans mon cœur » en 2024.

Le professeur Ahn Kyong-Hwan raconte :

« Lorsque je suis venu au Vietnam pour la première fois, en 1989, je me suis rendu dans une librairie de livres d'occasion du marché de Da Kao, à Hô Chi Minh-Ville, afin d'acheter des ouvrages pour apprendre le vietnamien. J'y ai trouvé Le Journal de prison du Président Hô Chi Minh ainsi que Le Conte de Kiêu (Truyện Kiều) de Nguyen Du. J'ai lu et relu ces deux œuvres à de nombreuses reprises afin d'en saisir toute la profondeur, avec l'ambition de les traduire en coréen. Lorsque j'ai proposé ce projet à une maison d'édition en République de Corée, celle-ci l'a refusé, estimant qu'à l'époque le public coréen s'intéressait encore très peu au Vietnam et à son peuple. »

Animé par sa passion pour la langue vietnamienne et profondément marqué par Le Journal de prison et Le Conte de Kiêu, il a consacré tout son temps, son énergie et ses ressources financières à la traduction de ces œuvres.

Il a notamment financé lui-même la publication de 1 000 exemplaires du Journal de prison de Hô Chi Minh, qu'il a offerts à ses amis ainsi qu'aux bibliothèques des universités de toute la République de Corée.

Je suis très fier d'avoir été le premier à traduire et publier Le Journal de prison en coréen. J'espère ainsi permettre aux lecteurs coréens de mieux connaître Hô Chi Minh, figure majeure de l'histoire du Vietnam, grand homme de culture et dirigeant d'exception.
confie-t-il.

Par la suite, le professeur Ahn Kyong-Hwan a poursuivi son travail de passeur culturel en traduisant en coréen plusieurs autres ouvrages vietnamiens, notamment Des années inoubliables du général Vo Nguyen Giap, Le Journal de Dang Thuy Tram, un recueil de poèmes de Hô Chi Minh, un recueil du poète Mai Van Phan, ainsi que le roman Chua Dat.

Ces publications ont été chaleureusement accueillies par les lecteurs sud-coréens.

Il a également participé à la rédaction de plusieurs ouvrages universitaires et manuels destinés à l'enseignement et à l'apprentissage du vietnamien dans plusieurs universités de République de Corée.

Animé par son profond attachement au Vietnam et à son peuple, le professeur Ahn Kyong-Hwan nourrit, depuis près de quatre décennies, le souhait de poursuivre la traduction en coréen de nombreuses autres œuvres majeures de la littérature vietnamienne, en particulier les poèmes et écrits des grandes figures culturelles du pays.

Son objectif est de faire découvrir davantage aux lecteurs sud-coréens la richesse de la littérature vietnamienne ainsi que la beauté de la culture, du pays et de ses habitants.

Selon le professeur Ahn Kyong-Hwan, c'est grâce à une meilleure compréhension mutuelle des cultures et des peuples que les nations peuvent tisser des liens sincères et, à terme, contribuer à préserver la paix dans le monde. Telle est, selon lui, la véritable force de la langue et de la culture.

Après avoir consacré plus de la moitié de sa vie à l'enseignement du vietnamien ainsi qu'à la recherche sur la culture et l'histoire du Vietnam, le professeur Ahn Kyong-Hwan confie :

Je suis convaincu d'être l'un des étrangers qui portent au Vietnam l'amour le plus profond. C'est pourquoi beaucoup de personnes me surnomment "le Coréen à l'âme vietnamienne". Je continuerai à m'efforcer d'assumer pleinement mes responsabilités en tant que citoyen d'honneur de la capitale Hanoï.

Je suis convaincu d'être l'un des étrangers qui portent au Vietnam l'amour le plus profond. C'est pourquoi beaucoup de personnes me surnomment "le Coréen à l'âme vietnamienne".
Le professeur Ahn Kyong-Hwan

Ému, il ajoute : « Je suis un homme chanceux. Grâce à la langue vietnamienne, j'ai eu l'occasion de vivre et de travailler au Vietnam pendant de nombreuses années. J'aime le Vietnam, la patrie du Président Hô Chi Minh et de nombreuses grandes figures culturelles de renommée mondiale, un pays de paix, accueillant et chaleureux. Pour moi, le Vietnam est devenu ma seconde patrie. »

Publication : le 13 juillet 2026
Organisation : Hoang Nhat & Hong Van
Contenu : Khanh Lan, Minh Phuong & Nguyen Hung
Dessin : Khanh Linh
Photos : Journal Nhân Dân, VNA, Internet & photos fournies par les personnages