Que la Patrie vietnamienne demeure à jamais dans nos cœurs
RÉVEILLER LA FORCE VIVE DES VALEURS NATIONALES
Monsieur, le programme politico-artistique « La Patrie dans nos cœurs », présenté cette année à Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, se distingue par de nombreuses nouveautés. Plus de 5,7 millions de demandes d’inscription et des billets en ligne épuisés en seulement 1 minute et 27 secondes témoignent de son attrait exceptionnel. En tant qu’initiateur du projet, pourriez-vous nous parler de ce qui fait la singularité de cette deuxième édition ?
Avant tout, je tiens à préciser que ces chiffres n’appartiennent pas au Comité d’organisation. Ils appartiennent au public.
Plus de 5,7 millions d'inscriptions pour une soirée musicale gratuite, des billets écoulés en seulement 1 minute et 27 secondes : ce n’est pas une performance en matière de communication, mais un véritable indicateur social.
Cela montre que le désir de la population de se rassembler pour exprimer son amour de la Patrie vietnamienne est bien plus profond et plus largement partagé que nous ne l’imaginions.
La première nouveauté de cette deuxième édition réside précisément dans le lieu qui l’accueille.
La première édition s’était tenue au stade national de My Dinh, au cœur de la capitale, dans un lieu où résonnaient les échos de la Révolution d’Août, à l’occasion du 80e anniversaire de la Fête nationale vietnamienne.
Cette année, le programme fait étape à Hô Chi Minh-Ville, au moment où celle-ci célèbre le 50e anniversaire du jour où la ville a pris le nom du Président Hô Chi Minh.
Véritable locomotive économique du Vietnam, la ville incarne l’esprit de dynamisme, de créativité et d’ouverture sur le monde qui anime l’ensemble du pays.
Ce déplacement ne constitue donc pas un simple changement de lieu. Il élargit l’espace spirituel même du programme : « La Patrie dans nos cœurs » n’est l’histoire d’aucune région en particulier ; elle est un même courant vivant qui irrigue le pays tout entier, du Nord au Sud.
La deuxième nouveauté tient au choix du lieu.
Nous passons d’un stade fermé à un espace urbain ouvert, à Van Phuc City.
Ce choix est pleinement assumé : l’art à portée politique et sociale doit sortir des salles pour se mêler à la vie quotidienne des habitants et permettre au public de venir au programme de la manière la plus naturelle qui soit.
Cette fois, « La Patrie dans nos cœurs » s’étend également jusqu’à la rue piétonne Nguyen Hue, avec une scène secondaire, un espace « Fandom patriotique » et une série d’écrans géants, afin de toucher un public encore plus large.
Les amateurs de musique auront ainsi davantage d’occasions de rencontrer les artistes, de prendre des photos, de participer aux différentes activités et d’assister à quelques prestations avant le début officiel du spectacle.
La troisième nouveauté concerne la structure du programme.
Nous n’avons pas repris la formule qui avait fait ses preuves.
Cette deuxième édition est construite autour de plusieurs chapitres, chacun avec sa propre ligne narrative : elle part de la mémoire et de la gratitude pour se tourner vers les aspirations du présent, avant de s’achever sur un chapitre plus jeune et contemporain, où la musique actuelle se mêle aux couleurs culturelles des trois régions du Nord, du Centre et du Sud.
C’est notre manière de dire que l’histoire ne s’arrête pas au passé : elle continue de s’écrire avec la génération d’aujourd’hui, en cette première année de mise en œuvre, à l’échelle nationale, de la Résolution du XIVᵉ Congrès du Parti communiste du Vietnam (PCV), qui marque également le 40 ᵉ anniversaire du Renouveau (Đổi mới).
L’histoire ne s’arrête pas au passé : elle continue de s’écrire avec la génération d’aujourd’hui, en cette première année de mise en œuvre, dans tout le pays, de la Résolution du XIVᵉ Congrès du PCV, qui marque également les 40 ans du Renouveau.
Je tiens également à souligner un point essentiel : le programme est entièrement organisé dans le cadre de la mobilisation des ressources sociales et l’entrée est gratuite.
Il s’agit d’un cadeau offert au public, et non d’un produit commercial.
Organisé le 10 août 2025 au stade de My Dinh, le programme « La Patrie dans nos cœurs » avait réuni plus de 50 000 spectateurs. Les jeunes lui avaient affectueusement donné le surnom de « Concert national ».
Nombreux sont les anciens combattants qui ont ressenti à la fois de la fierté et de l’émotion en voyant des milliers de jeunes reprendre en chœur des chansons qui avaient accompagné leur propre génération.
Beaucoup ne peuvent qu’être surpris de constater que, des classiques de la musique révolutionnaire comme « Đất nước trọn niềm vui » (« Le pays tout entier dans la joie ») ou « Lên đàng » (« En route ») aux créations plus récentes comme « Viết tiếp câu chuyện hòa bình » (« Poursuivre l’histoire de la paix ») ou « Sẽ chiến thắng » (« Nous vaincrons »), le public connaît les paroles par cœur et reprend les chansons en chœur, donnant ainsi un nouvel élan aux artistes.
Dans un paysage musical de plus en plus diversifié, les chansons révolutionnaires et celles consacrées au pays continuent de séduire, notamment les jeunes. Selon vous, qu’est-ce qui explique cette vitalité durable ? Répond-elle aussi, chez le public d’aujourd’hui, à un besoin de renouer avec l’histoire et l’identité nationale ?
Je pense que trois facteurs permettent de l’expliquer :
Le premier tient à la nature même des œuvres.
Nos plus belles chansons révolutionnaires sont nées dans les tranchées, au cours des marches, au cœur de situations où la vie et la mort se côtoyaient.
À l’époque, les musiciens ne composaient ni pour répondre aux goûts du public ni sur commande. Ils écrivaient parce qu’ils ne pouvaient faire autrement.
Cette sincérité, aucune technique de studio ne peut la recréer. Les auditeurs, y compris les jeunes qui n’ont jamais connu la guerre, sont encore capables de la ressentir.
De surcroît, la plupart de ces mélodies puisent leurs racines dans les chants populaires, dans la gamme pentatonique et dans les modes musicaux vietnamiens. Elles sont ainsi profondément inscrites dans la mémoire musicale des Vietnamiens.
Le deuxième facteur tient à la manière dont ces œuvres sont mises en valeur.
Une même chanson, si elle est interprétée selon les codes d’autrefois, aura du mal à toucher les jeunes.
En revanche, lorsqu’elle est réharmonisée et réarrangée dans un langage musical contemporain, présentée dans un cadre scénique moderne et portée par la voix d’artistes appréciés de la jeune génération, elle peut retrouver une formidable vitalité. Les dernières éditions l’ont clairement démontré.
Le troisième facteur — et je pense que vous avez parfaitement mis le doigt dessus — relève des besoins psychosociaux.
La société numérique actuelle valorise tellement l’individu que nombre de jeunes en viennent à éprouver un sentiment de solitude au milieu d’une foule pourtant connectée.
L’être humain ressent naturellement le besoin d’appartenir à une communauté qui le dépasse, de pouvoir dire « nous » plutôt que seulement « je ».
Les chansons consacrées au pays répondent précisément à ce besoin. Lorsque des dizaines de milliers de personnes chantent ensemble une même chanson, chacune cesse, le temps d’un instant, d’être un individu isolé.
C’est pourquoi je ne pense pas qu’il faille « réveiller » le patriotisme chez les jeunes. L’amour de la patrie est toujours là.
Ce qui manque parfois, c’est simplement un espace suffisamment beau et sincère pour lui permettre de s’exprimer.
À My Dinh, l’an dernier, le moment le plus fort n’a pas été un numéro en particulier, mais celui où des dizaines de milliers de personnes ont uni leurs voix.
À cet instant, la frontière entre la scène et les gradins a disparu. Le public n’était plus spectateur : il devenait partie intégrante de l’œuvre.
L’art à caractère politique et idéologique est toujours confronté à la nécessité de trouver un équilibre entre profondeur de la pensée et attrait auprès du grand public. « La Patrie dans nos cœurs » a choisi de raconter des histoires historiques dans le langage d’un concert moderne. Selon vous, comment renouveler la forme sans perdre les valeurs fondamentales ?
Le principe que nous nous sommes fixé dès le départ tient en quelques mots : il ne faut pas sacrifier la profondeur idéologique pour répondre aux goûts du public, mais il ne faut pas non plus prendre la rigidité pour preuve de sérieux.
Une idée assez répandue veut que l’art à caractère politique et idéologique soit avant tout une manière de s’exprimer : il faudrait être solennel, lent et didactique.
Ce n’est pas le cas. Le caractère politique et idéologique tient au contenu et aux valeurs que l’œuvre véhicule, et non à sa forme.
Un spectacle peut être dynamique et recourir aux technologies de projection les plus modernes tout en relevant pleinement de cet art, dès lors qu’il dit juste, qu’il touche juste et qu’il traite l’histoire avec respect.
À partir de ce principe, nous avons fixé plusieurs lignes rouges.
Premièrement, les faits historiques sont intangibles.
Chaque détail, chaque chiffre et chaque document iconographique projeté sur scène est vérifié selon une procédure comparable à celle d’une rédaction.
C’est sans doute un avantage propre à un programme initié et supervisé sur le fond par une agence de presse.
La création artistique est libre dans la manière de raconter, mais elle ne doit jamais s’éloigner de la vérité.
Deuxièmement, il faut raconter l’histoire à travers des personnes concrètes plutôt qu’à travers des slogans.
Une lettre, un souvenir personnel, un soldat en chair et en os qui apparaît sur scène : tout cela touche le public plus profondément que n’importe quelle déclaration solennelle.
Les spectateurs n’ont pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent ressentir ; il suffit de les placer dans une situation qui leur permette de ressentir par eux-mêmes.
Troisièmement, il faut savoir faire preuve de mesure.
La technologie, la lumière et les effets ne sont que des moyens, et non une fin en soi.
Certains des moments les plus forts du spectacle sont justement ceux où la scène est presque entièrement plongée dans l’obscurité, ne laissant place qu’à une voix et à des dizaines de milliers de lumières allumées dans le public.
Enfin, je pense que ce qui fait vraiment la différence, c’est l’intégrité et le respect du métier.
Le public d’aujourd’hui est très averti. Il distingue immédiatement ce qui est fait par simple convenance de ce qui est réalisé avec sincérité et avec tout son cœur.
Lors du programme « La Patrie dans nos cœurs », le public, notamment les jeunes, ne s’est pas contenté de regarder : il a aussi chanté, partagé et contribué à diffuser le message du programme sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que cela vous inspire quant à une nouvelle manière de s’adresser aux jeunes générations : plutôt que de simplement transmettre des valeurs historiques, faut-il créer des expériences qui leur permettent de les ressentir, d’y prendre part et de les faire rayonner ?
C’est précisément la plus grande leçon que je retiens de la première édition.
Dans le modèle traditionnel de communication, nous considérons le public comme un destinataire : nous parlons, ils écoutent.
Mais la génération actuelle ne fonctionne pas ainsi. Elle accorde davantage sa confiance à ce qu’elle a elle-même vécu et à ce que partagent ses amis qu’à ce qu’on lui dit.
Ainsi, le moyen le plus efficace de transmettre une valeur n’est pas de la lui expliquer, mais de créer un espace où elle puisse entrer elle-même en contact avec cette valeur.
À My Dinh, l’an dernier, le moment le plus fort n’a pas été un numéro artistique en particulier, mais celui où des dizaines de milliers de personnes ont uni leurs voix.
À cet instant, la frontière entre la scène et les gradins s’est effacée. Les spectateurs n’étaient plus de simples spectateurs : ils sont devenus une partie intégrante du spectacle.
Surtout, après la représentation, des millions de vidéos filmées par les spectateurs eux-mêmes se sont diffusées sur les plateformes numériques, avec une portée dépassant largement celle de tous les canaux de communication officiels dont nous disposions.
Aucune campagne de communication ne peut acheter cela.
La leçon à en tirer, selon moi, comporte deux volets. Le premier consiste à passer de « parler au public » à « faire avec le public » ; de la transmission à l’expérience ; et de la conception des jeunes comme simples destinataires de la communication à celle de véritables acteurs de la création et de la diffusion.
Le deuxième volet, plus difficile, consiste à accepter de renoncer à une partie du contrôle.
Lorsque le public devient lui-même le narrateur, une histoire peut être racontée de millions de façons différentes, dans ses propres mots, parfois très éloignés de la manière dont nous l’avions imaginée.
Mais ce n’est pas un risque qu’il faudrait chercher à prévenir : c’est au contraire un signe de réussite. Une valeur ne prend véritablement vie que lorsqu’elle est réinterprétée avec la voix d’une nouvelle génération.
POUR QUE LA CULTURE DEVIENNE RÉELLEMENT UN LEVIER DE DÉVELOPPEMENT
L’histoire, la musique, le patrimoine et les récits sur le pays constituent un immense réservoir de ressources culturelles. À la lumière de l’impact du programme « La Patrie dans nos cœurs », que doit faire le Vietnam pour transformer ce patrimoine en produits attractifs et en faire un moteur du développement des industries culturelles ?
Il faut établir une distinction très claire : une ressource n’est pas encore une force motrice.
Le pétrole enfoui sous terre ne crée aucune valeur tant qu’il n’est pas extrait et transformé. Il en va de même pour la culture.
Nous disposons d’un patrimoine historique, culturel et musical parmi les plus riches de la région, mais une grande partie demeure encore à l’état de ressources brutes.
Pour les transformer, je pense qu’il faut agir simultanément sur plusieurs fronts.
Premièrement, adopter une logique de produit et une logique de marché.
Il faut accepter que les produits culturels soient directement en concurrence avec toutes les formes de divertissement du monde entier accessibles depuis le téléphone de chacun.
On ne peut pas faire les choses à moitié et espérer ensuite que le public nous soutienne au nom du patriotisme.
Les investissements doivent être suffisamment importants et la qualité doit répondre aux standards internationaux.
Le succès du programme « La Patrie dans nos cœurs » tient en partie au fait que nous l’avons conçu selon les standards d’un concert international, et non selon ceux d’un simple programme commémoratif.
Deuxièmement, mettre en place des mécanismes adaptés. Notre expérience montre que la socialisation des ressources et les partenariats public-privé constituent la clé.
L’État et les organismes porteurs du projet doivent conserver un rôle d’orientation du contenu et de garantie des valeurs idéologiques ; les entreprises et les acteurs de la création doivent, quant à eux, apporter les ressources nécessaires et prendre en charge l’organisation de la production.
Mais pour que ce modèle puisse être généralisé, il faut des mécanismes plus clairs concernant les commandes publiques, les incitations fiscales et les investissements conjoints dans le secteur culturel.
Troisièmement, les ressources humaines.
Les industries culturelles n’ont pas seulement besoin d’artistes. Elles nécessitent aussi des producteurs, des directeurs artistiques, des scénographes, des spécialistes du son et de la lumière, des experts en droits d’auteur et des professionnels du marketing culturel.
Ces métiers restent encore peu développés au Vietnam et doivent faire l’objet de formations structurées.
Quatrièmement, il faut adopter une logique de chaîne de valeur.
La durée de vie d’un produit culturel ne devrait pas prendre fin avec la dernière représentation.
Un même contenu peut être décliné en documentaire, album, version numérique, produits dérivés, supports pédagogiques destinés aux écoles, voire en offres de tourisme événementiel.
La République de Corée excelle dans ce domaine et offre à cet égard une expérience riche d’enseignements.
Cinquièmement, la mesure des retombées. Pour que la culture soit reconnue comme un véritable secteur économique, il faut disposer d’indicateurs précis : contribution au produit régional brut, emplois créés, revenus générés par les services liés aux événements, rayonnement numérique et effets sur l’image du pays.
Sans données mesurables, il est difficile de convaincre les décideurs d’investir à la hauteur du potentiel du secteur.
Pour que la culture soit reconnue comme un véritable secteur économique, il faut disposer d’indicateurs précis : contribution au produit régional brut, emplois créés, revenus générés par les services liés aux événements, rayonnement numérique et effets sur l’image du pays.
CONSTRUIRE LA PUISSANCE CULTURELLE DANS LA NOUVELLE ÈRE
Le programme « La Patrie dans nos cœurs » a été lancé par le journal Nhân Dân, un organe de presse politique et social. Ce type de projet traduit-il une nouvelle conception du rôle des médias, qui ne se limiteraient plus à produire et à diffuser de l’information, mais contribueraient aussi à créer des produits culturels, à proposer des expériences et à fédérer les communautés ?
Je présenterais les choses sous un autre angle : il s’agit à la fois d’une approche nouvelle et d’un retour à la vocation originelle de la presse révolutionnaire.
Depuis sa naissance, celle-ci n’a jamais été un simple vecteur d’information. Elle est à la fois un propagandiste collectif, un agitateur collectif et un organisateur collectif.
Cette troisième fonction, organiser, a été moins mise en valeur ces dernières années, notamment sous la pression du rythme quotidien de l’actualité.
Des projets comme « La Patrie dans nos cœurs » permettent précisément de la réactiver en recourant aux méthodes et aux outils de la nouvelle époque.
L'innovation réside précisément là. Dans l'écosystème numérique, la presse ne détient plus le monopole de la diffusion de l'information.
Nous luttons chaque seconde contre les plateformes transnationales, directement sur l'écran de téléphone des lecteurs. Dans cette compétition, s'en tenir aux formats traditionnels rend extrêmement difficile la captation de l'attention, en particulier chez les jeunes.
La presse est désormais contrainte d'être présente là où se trouve son public, en adoptant les formats qu'il affectionne. L'expérience, qu'il s'agisse d'un événement ou d'un espace culturel, constitue en elle-même un format éditorial.
Cette démarche génère une quadruple valeur ajoutée : elle fait rayonner un socle d'idées et de valeurs avec un impact que des milliers d'articles peineraient à atteindre ; elle façonne l'image de marque et tisse un lien émotionnel fort entre le journal et ses lecteurs ; enfin, elle ouvre la voie à une diversification des revenus dans un contexte économique particulièrement tendu pour le secteur.
Néanmoins, je tiens à lever toute ambiguïté : il s'agit d'un élargissement de nos activités, non d'un substitut. Cœur de métier de Nhân Dân (Le Peuple), le journalisme reste notre mission prioritaire : délivrer une information rigoureuse, proposer des analyses percutantes, éclairer l'opinion publique et défendre les fondements idéologiques du Parti. Si un journal excelle dans l'événementiel, mais faillit à sa mission d'information, c'est un échec.
Au-delà du succès d'un programme ou de la notoriété d'une marque événementielle, quelle est selon vous la valeur la plus significative que laisse « La Patrie dans nos cœurs » ? Ce projet marque-t-il une nouvelle façon de muer les valeurs historiques et l'identité nationale en une puissance culturelle vietnamienne à l'ère moderne ?
S'il ne me fallait retenir qu'une chose, je ne m'attarderais ni sur les chiffres records ni sur les distinctions reçues. Je parlerais plutôt d'une conviction désormais ancrée.
Pendant longtemps, une inquiétude persistait : celle d'une jeunesse indifférente à l'histoire, détachée des traditions, et rétive aux contenus politiques ou idéologiques, jugés peu attrayants.
« La Patrie dans nos cœurs » a apporté une réponse concrète : dès lors que le traitement est à la hauteur, fait avec soin, justesse et professionnalisme, les valeurs les plus sacrées conservent un pouvoir d'attraction intact.
Le problème n’a jamais été le public. Le problème réside dans la manière dont nous racontons les histoires.
Pendant longtemps, nombreux ont été ceux qui se demandaient si les jeunes générations d’aujourd’hui étaient indifférentes à l’histoire, éloignées des valeurs traditionnelles, et si les contenus politiques et idéologiques pouvaient réellement susciter leur intérêt.
« La Patrie dans nos cœurs » a répondu à cette question par les faits : lorsqu’ils sont conçus avec suffisamment de qualité, de justesse et de professionnalisme, les valeurs les plus sacrées conservent un puissant pouvoir d’attraction.
Le problème n’a jamais été le public. Le problème réside dans la manière dont nous racontons les histoires.
C’est pourquoi j’espère que ce qui restera du programme ne sera pas seulement un événement, mais une méthode : un respect absolu de la vérité historique ; une liberté maximale dans les modes d’expression ; une conception du public comme véritable acteur ; et, dans tout ce qui est entrepris, les plus hauts standards de professionnalisme.
Cette méthode peut s’appliquer à un spectacle artistique, à un musée, à un film, à un cours d’histoire à l’école ou encore à un produit journalistique multimédia.
S’agissant de la puissance culturelle, je le vois ainsi : le soft power d’un pays ne se construit pas en parlant davantage de soi, mais en créant des productions qui donnent aux autres l’envie d’en savoir plus sur soi.
Nous disposons d’un récit national parmi les plus riches en émotions au monde.
Ce qui nous manque encore, c’est la capacité de raconter cette histoire dans un langage que le monde d’aujourd’hui est prêt à écouter.
La valeur la plus profonde est peut-être aussi la plus difficile à mesurer.
C’est cet instant où des dizaines de milliers de personnes qui ne se connaissent pas, appartenant à différentes générations et venant de différentes régions, chantent ensemble une même chanson sous le drapeau rouge frappé de l’étoile jaune.
À cet instant, toutes les différences passent au second plan. C’est le consensus social dans sa forme la plus pure, et aucune ressource n’est plus précieuse pour le développement d’une nation.
Car la Patrie n’est jamais loin. La Patrie est dans le cœur de chacun.
Nous vous remercions !
Car « la Patrie n’est jamais loin. La Patrie est dans le cœur de chacun ».
Publication : le 21 août 2026
Réalisation : Phan La Giang
Photos : Thanh Dat & Sun Bright
