Il s’agit d’une occasion pour l’Assemblée nationale (AN) et les électeurs vietnamiens de faire le point sur les acquis et les insuffisances, afin de poursuivre l’innovation et de définir des orientations stratégiques dans l’élaboration des politiques et des lois pour la prochaine législature, qui débutera en 2026.
Transformer les « goulots d’étranglement » en avantages compétitifs
Lors des débats en séance plénière, de nombreux députés ont exprimé une appréciation profonde pour la vision à long terme et la détermination réformatrice de l’ensemble du système politique. Le point marquant de la XVe législature de l’AN est l’esprit d’innovation dans la construction du système juridique.
La députée Nguyen Thi Thuy (délégation parlementaire de la province de Thai Nguyen) ainsi que plusieurs autres députés ont affirmé que la responsabilité centrale de l’AN et de chacun de ses membres est « de renouveler résolument la pensée législative, afin que la loi devienne un véritable avantage compétitif ».
Cette orientation est considérée comme un fil conducteur pour établir un cadre juridique ouvert, flexible, en phase avec la réalité et orienté vers le développement. Elle s’est concrétisée par une réduction du temps d’élaboration des lois, la simplification des procédures administratives et la transition d’une approche de gestion à une approche de gouvernance favorisant le développement.
Les députés ont cité l’exemple de la Loi sur la promulgation des actes normatifs, qui compte désormais 72 articles, soit 101 de moins que précédemment.
Certains députés ont proposé d’organiser rapidement un bilan de la mise en œuvre des lois adoptées. Cela constituera une étape importante pour que la loi ne devienne pas un obstacle, mais un moteur de renouvellement vigoureux.
Placer la satisfaction du citoyen au cœur de l’action
La XVe législature de l’AN (de 2021 à 2026) a été marquée par des politiques « centrées sur l’humain, par et pour l’humain ».
Selon le professeur et docteur Nguyen Anh Tri (délégation parlementaire de Hanoï), l’un des acquis majeurs d’un État de droit moderne, créatif et porteur d’humanisme est de placer l’être humain au centre de toutes les politiques.
Les politiques novatrices, telles que la gratuité des frais de scolarité dans l’enseignement préscolaire et général, les programmes nationaux ciblés en matière d’éducation et de santé, ou encore l’élimination des logements précaires cinq ans avant l’échéance prévue, reflètent un changement profond dans la conception des politiques : elles ne visent pas uniquement la croissance économique, mais également le développement humain.
Plusieurs députés ont réaffirmé que la loi devait « ouvrir la voie à l’innovation », en prenant la vie réelle et les intérêts de la population comme principal critère d’évaluation.
Les réalisations du travail législatif de ce mandat doivent être maintenues et portées à un nouveau niveau.
En ce qui concerne la mise en place du modèle d’administration locale à deux niveaux, le député Ngo Trung Thanh (délégation parlementaire de Dak Lak) a souligné qu’il s’agit d’« une réforme particulièrement complexe, car elle touche profondément à l’organisation administrative, aux ressources humaines, aux modes de fonctionnement et aux intérêts de nombreux acteurs ».
Selon lui, c’est précisément cette audace réformatrice qui a ouvert de nouveaux espaces de développement, réduit les niveaux intermédiaires et renforcé l’efficacité de la gouvernance publique.
Les députés ont également convenu que la révision de la Constitution de 2013 et l’adoption de résolutions relatives à l’organisation des autorités locales, à la décentralisation et au transfert de compétences ont créé une base juridique solide pour ce nouveau modèle.
Créer des percées stratégiques dans la culture et la diplomatie parlementaire
Plusieurs députés ont relevé des lacunes dans la mise en œuvre des politiques publiques.
La députée Nguyen Thi Viet Nga (délégation parlementaire de Hai Phong) a remarqué : « L’économie a connu une forte croissance, les infrastructures ont évolué progressivement, mais les valeurs culturelles et sociales n’ont pas suivi la même évolution ».
Elle a mis en garde contre un développement déséquilibré entre économie et culture, tout en soulignant l’absence d’une stratégie nationale pour la culture et le mode de vie à l’ère numérique, ainsi que le manque d’indicateurs de mesure des valeurs éthiques.
Affirmant la nécessité de renforcer la diplomatie parlementaire, la députée Le Thu Ha (délégation parlementaire de Lao Cai) a proposé : « La diplomatie parlementaire ne doit pas se limiter aux cérémonies de signature des accords ou aux échanges de délégations. Il est crucial de renforcer au sein du parlement les capacités d’analyse de politique internationale. Sans évaluations indépendantes, il sera difficile d’assurer une législation et une supervision de qualité sur des questions stratégiques, telles que l’intelligence artificielle, les données, la taxe carbone ou la sécurité énergétique ».
Elle a également appelé à renforcer une présence active et ciblée de l’AN vietnamienne dans les forums parlementaires où se façonnent les nouvelles règles du jeu mondial. L’objectif n’est pas seulement d’être présent, mais de veiller à ce que les intérêts nationaux soient pris en compte dès les premières phases de négociation.
Elle a proposé la construction d’un « parlement numérique », capable de se connecter en temps réel aux organisations parlementaires multilatérales, dont l’Union interparlementaire (UIP) ou le Partenariat parlementaire Asie – Europe (ASEP), afin que chaque député puisse intervenir immédiatement lorsqu’un sujet touchant les intérêts du pays est mis en discussion.
Dans cet esprit, la diplomatie parlementaire doit évoluer d’une posture réactive vers une position proactive dans le façonnement des normes, et passer du simple « être présent » à « participer et influencer », afin de porter la voix des électeurs vietnamiens dans les instances législatives régionales et internationales.
La 10ᵉ session de la XVe législature de l’AN vietnamienne devrait se clôturer dans l’après-midi du 11 décembre, après huit semaines consécutives de travail intensif, totalisant 42 jours.
Au cours de la dernière semaine, l’AN prévoit d’examiner et d’adopter 42 lois ainsi que 18 résolutions et projets d’investissement importants.