Le Parti communiste du Vietnam transforme ses membres en acteurs de l'essor économique

En vertu de la nouvelle réglementation qui remplace la Décision n°15-QD/TW du 28 août 2006 sur l’engagement des membres du Parti aux activités économiques privées, les membres du Parti sont désormais encouragés à créer des richesses légitimes et à apporter leur concours à l’édification nationale.

M. Nguyên Dinh Kiên, secrétaire de la cellule du Parti de la commune de Sam Mun, à Diên Biên, fait fortune grâce à un modèle d'élevage de cerfs. Photo: VNA.
M. Nguyên Dinh Kiên, secrétaire de la cellule du Parti de la commune de Sam Mun, à Diên Biên, fait fortune grâce à un modèle d'élevage de cerfs. Photo: VNA.

Le Comité central du Parti communiste du Vietnam du 14e mandat a adopté lors de son 4e Plénum du 5 au 8 octobre à Hanoi de nouveaux règles encadrant la participation des membres du Parti aux activités d’investissement et d’entreprise.

En vertu de ses dispositions qui remplacent la Décision n°15-QD/TW du 28 août 2006 sur l’engagement des membres du Parti aux activités économiques privées, les membres du Parti sont désormais encouragés à créer des richesses légitimes et à apporter leur concours à l’édification nationale.

Le Comité central du Parti a décidé de convenu de faire évoluer son approche concernant la participation des membres du Parti à des activités d’investissement et d’entreprise, passant d’une approche d’"autorisation" à celle d’"encouragement et de facilitation", de protection de leurs activités économiques légitimes ; tout en exerçant une surveillance stricte sur les acteurs dominants et les bénéficiaires.

La réglementation vise à clarifier les droits, les conditions et les limites régissant ces activités, en tenant compte du statut juridique, des responsabilités officielles et des conflits d’intérêts potentiels des membres du Parti, tout en empêchant l’utilisation des pouvoirs publics, des informations et des ressources publiques à des fins d’enrichissement personnel.

Dans le cadre de cette nouvelle politique, toutes les mesures de soutien doivent reposer sur des critères d’ouverture, de transparence et d’équité, sans discrimination entre les entreprises détenues par des membres du Parti et celles détenues par des personnes n’en étant pas membres.

Le renouvellement de la mentalité, passant d’une logique consistant simplement à "autoriser" à celle qui consiste à "encourager et créer des conditions favorables" permettant aux membres du Parti d’accumuler légitimement des richesses marque un tournant majeur.

Cette initiative libère et fluidifie des ressources, associant l’esprit pionnier des membres du Parti au développement économique et contribuant à la croissance du secteur non étatique.

Encourager les membres du Parti à s’engager dans des activités économiques crée une nouvelle dynamique pour atteindre et dépasser les objectifs de développement socio-économique fixés.

Entre l’"autorisation" et l’"encouragement" des membres du Parti à investir la sphère économique, derrière ce qui pourrait s’apparenter à une simple nuance de langage, c’est tout le sens de la distinction cruciale qu’il convient d’opérer aujourd’hui.

D’un côté, la logique de l’"autorisation" installe une passivité structurelle. Elle réduit l’activité économique à un simple droit civique, où l’engagement des membres du Parti se limite à une "expansion sous conditions". À l’inverse, la culture de l’"encouragement" se veut proactive et motrice. Ici, l’initiative économique et la création légitime de richesses légitimes s’élèvent au rang d’actes patriotiques, devenant une responsabilité d’avant-garde pour les membres du Parti.

D’une part, une logique d’"autorisation" bride les initiatives. Elle distille une atmosphère d’appréhension et de prudence où chaque membre du Parti avance sur des œufs par crainte de jugements qui pourraient être portés sur leurs motivations et leur intégrité. De l’autre, une culture de l’"encouragement" libère les énergies. Véritable vecteur de sérénité et de confiance, cette approche permet aux membres du Parti de s’engager pleinement, d’innover sans peur et de déployer leur potentiel avec audace, fiers de contribuer concrètement à la prospérité économique du pays.

Si une logique d’"autorisation" bride l’activité en la cantonnant aux petites structures privées, soumises à de strictes limites de taille, une logique d’"encouragement" libère le potentiel économique en ouvrant la voie à toutes les formes d’investissement et de commerce licites.

D’un côté, une logique d’"autorisation" souvent prisonnière du formalisme, où l’évaluation se cantonne aux indicateurs comptables, à la taille des actifs et à la conformité des rapports administratifs. De l’autre, une dynamique d’"encouragement" bien plus pragmatique. Celle-ci privilégie une analyse de fond centrée sur la valeur réelle et l’impact global de l’entreprise : gains de productivité, rénovations technologiques, civisme fiscal, bien-être social et sécurité au travail.

Privilégier une logique d’"autorisation" enferme la gestion dans un carcan purement bureaucratique, focalisé sur le contrôle strict de ce qui est permis ou interdit aux membres du Parti. À l’inverse, une dynamique d’"encouragement" privilégie un accompagnement de fond, indispensable pour anticiper et prévenir efficacement les conflits d’intérêts.

En levant les obstacles invisibles qui pesaient sur l’investissement et l’entrepreneuriat de ses membres, la nouvelle réglementation du Parti change la donne. Désormais, chaque membre qui s’engage dans la vie des affaires est reconnu comme un "soldat sur le front économique". Cette évolution permet au Parti d’attirer efficacement des entrepreneurs accomplis, des intellectuels de haut niveau et des profils techniques hautement qualifiés.

Les membres du Parti sont demandés de faire œuvre de pionnier dans l’innovation technologique, l’amélioration de la productivité, la construction de marques vietnamiennes et le développement durable. Leur activité économique ne saurait se réduire à une simple source de revenus familiaux mais constituer une mission patriotique dédiée au renforcement de la puissance économique de la nation.

Attention toutefois à ne pas dévoyer la notion d’"encouragement", qui ne doit en aucun cas être synonyme de laxisme managérial. Bien au contraire, cette démarche s’appuie sur des mécanismes de contrôle transparents et intègres. Le nouveau cadre réglementaire trace d’ailleurs une frontière claire en distinguant l’investissement et l’entrepreneuriat légitimes du détournement de fonctions, d’informations ou de ressources publiques à des fins personnelles.

Si les cadres en exercice, les hauts dirigeants et les fonctionnaires restent soumis à un contrôle drastique pour prévenir toute confusion entre intérêts publics et privés, les membres du Parti actifs dans le secteur privé jouissent d’une liberté totale pour entreprendre et piloter leurs activités.

Bien plus qu’une simple pirouette administrative, remplacer le terme "autorisation" par celui d’"encouragement" marque surtout une émancipation profonde des esprits. La création légitime de richesses constitue un puissant moteur de progrès social. Loin de s’enrichir à des fins mercantiles, les membres du Parti animés d’une véritable fibre entrepreneuriale génèrent de l’emploi, produisent de la valeur et contribuent directement à la prospérité économique du pays.

La nouvelle ère impose un impératif : libérer, débloquer et mobiliser l’ensemble des forces vives de la société pour propulser le développement économique. Dans cette perspective, se limiter à une posture de simple "autorisation" revient à brider, sans le vouloir, l’immense potentiel intellectuel et économique qui réside au cœur même des rangs du Parti.

Les mécanismes de contrôle des risques gagnent désormais en clarté, marquant le passage à une gestion proactive. En parfaite adéquation avec le statut juridique des membres du Parti, les limites et les attributions sont explicitement définies, verrouillant ainsi la structure contre tout risque de conflit d’intérêts.

Le fait d’exercer une activité économique ne dépouille pas automatiquement un membre du Parti de son identité communiste, même si sur le terrain, le caractère politique des membres du Parti reste exposé à de réels risques et défis en l’absence de contrôle rigoureux et d’travail permanent d’introspection.

Face aux tentations du profit et aux subtilités du monde des affaires, le Parti réaffirme avec force ses principes fondamentaux pour empêcher que ne s’érodent les idéaux de ses membres engagés dans la vie économique.

Il s’agit de la primauté du droit : les membres du Parti engagés dans la vie économique doivent observer rigoureusement les lois de l’Etat comme les statuts internes du Parti, en s’interdisant strictement toute pratique proscrite par leur engagement politique.

Au-delà de la simple conformité, ils se doivent d’incarner l’esprit d’avant-garde. Cela se traduit concrètement par la création d’emplois, une attention au bien-être de leurs salariés et un engagement actif dans les initiatives de protection sociale.

Cette responsabilité exige un renforcement accru des contrôles et de la vigilance. Les instances du Parti doivent ainsi exercer un suivi rigoureux de ces activités économiques. L’objectif est d’identifier, de redresser et de corriger immédiatement le moindre écart dans la mentalité ou l’acte.

À l’instar des autres sphères de la vie sociale et des affaires, les membres du Parti se doivent de cultiver une exigence constante de perfectionnement, de se forger une trempe politique inébranlable. C’est précisément ce socle de valeurs cardinales qui leur permettra de faire face et de ne pas sombrer devant les dérives et les écueils de l’économie de marché.

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