Le Président Ho Chi Minh et le journal Nhân Dân : une confiance accordée, une responsabilité transmise

Depuis la décision de sa création jusqu’au suivi de chaque numéro, le Président Ho Chi Minh a accordé une attention constante au journal Nhân Dân (Le Peuple).

Cette attention traduisait à la fois une confiance politique et une responsabilité transmise, contribuant à façonner l’identité et les normes professionnelles de ce journal pilier du Parti pendant plus de sept décennies.

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Dans l’histoire de la presse révolutionnaire vietnamienne, Nhân Dân est le journal qui a bénéficié de l’attention la plus directe de Ho Chi Minh, depuis la décision de sa création, l’orientation de sa ligne éditoriale, la constitution de l’équipe rédactionnelle, jusqu’au suivi de chaque numéro et aux remarques formulées sur certains articles. Cette attention traduisait la profonde confiance et la responsabilité particulière confiée à un organe de presse appelé à jouer un rôle de pilier dans le travail idéologique du Parti.

Le 11 mars 1951, dans la zone de résistance de Viet Bac, à la suite du IIᵉ Congrès du Parti et alors que la guerre contre le colonialisme français entrait dans une phase décisive, Ho Chi Minh décida la création du journal Nhân Dân, organe central du Parti des Travailleurs du Vietnam, aujourd’hui Parti communiste du Vietnam. La création du journal répondait à l’exigence de « conduire la résistance à la victoire », tout en constituant l’organe de presse central et durable du Parti, un instrument idéologique appelé à accompagner la révolution.

Le nom Nhân Dân, choisi par Ho Chi Minh, reflétait une idée simple : bien que journal du Parti, il devait exprimer la voix du peuple et défendre les intérêts de la nation. Dès l’origine, il fut conçu comme un outil sur le front idéologique. Ho Chi Minh soulignait ainsi : « Notre Parti est fort parce que sa pensée et son action sont unifiées… Le journal du Parti doit contribuer à rendre cette pensée et cette action cohérentes. »

La question des cadres fut également au cœur de ses préoccupations. Les journalistes appelés à écrire pour Nhân Dân devaient posséder une position politique ferme, une éthique révolutionnaire et un véritable esprit de service envers la population.

Plusieurs journalistes de la première génération se souviennent de ses recommandations : travailler pour le journal Nhân Dân signifiait accomplir une tâche du Parti, exigeant unité, discipline et engagement au service de la Patrie et du peuple.

Ho Chi Minh conservait par ailleurs l’habitude de lire le journal chaque jour. Des témoins racontent qu’il prêtait attention aux détails, qu’il s’agisse du choix des mots, des titres ou de la manière d’aborder un sujet. Il n’hésitait pas à signaler des imprécisions ou à suggérer des articles sur des questions d’actualité. Ces remarques ont contribué à former plusieurs générations de journalistes et à consolider le rôle du journal.

Pour Ho Chi Minh, la presse constituait un véritable front révolutionnaire, et le journal Nhân Dân en représentait la tribune politique centrale. Avec plus de 1 200 articles publiés dans ses colonnes, il en fut également l’un des principaux auteurs. À travers ces textes, il orientait les débats politiques, expliquait les priorités du Parti et encourageait la mobilisation de masse.

Ses articles se distinguaient par leur clarté et leur proximité avec la vie quotidienne. Courts, accessibles et rédigés dans une langue simple, ils s’adressaient à la fois aux cadres, aux membres du Parti et au grand public. Ce style est devenu une référence pour les journalistes de la presse du Parti.

Ho Chi Minh lisait également les articles publiés avec un regard critique. Certains textes, disait-il, étaient « justes mais difficiles à comprendre », ou « trop longs sans aller à l’essentiel ». Il en discutait directement avec les responsables du journal. Selon plusieurs journalistes vétérans, il rappelait souvent qu’un journal du Parti que le peuple ne lit pas ou ne comprend pas ne remplit pas sa mission.

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Le Président Ho Chi Minh avec des cadres et des journalistes du Journal Nhân Dân, en 1957. Photo d’archives.

Au fil du temps, le journal Nhân Dân a ainsi développé un style particulier : une écriture politique sans rigidité, une fonction de propagande sans dogmatisme, cherchant avant tout à convaincre par les arguments et l’expérience.

Parallèlement à cette confiance, Ho Chi Minh formulait des recommandations précises sur le métier de journaliste. La première exigence, disait-il, était de posséder une position politique solide : « la politique doit guider le travail ». Pour lui, la presse révolutionnaire avait avant tout pour mission de servir la révolution et la population. Il insistait également sur la rigueur dans l’écriture : les articles devaient s’appuyer sur des faits vérifiables et être rédigés avec précision. « Le journaliste doit écrire juste et écrire bien », rappelait-il.

Dans les souvenirs de Tran Quang Huy, Ho Chi Minh utilisait parfois des images simples pour illustrer ses idées. Comparant le travail journalistique à la culture des légumes, il expliquait que, comme pour une récolte réussie, il fallait choisir un bon terrain. Pour un journal, cela signifiait sélectionner les bons sujets et aborder les questions nouvelles.

Il insistait aussi sur la nécessité d’être proche du terrain. Les journalistes devaient observer la réalité, rencontrer la population et éviter de se limiter aux réunions ou aux rapports officiels. Sans compréhension du peuple, expliquait-il, il est impossible d’écrire pour lui. Les articles devaient rester clairs, accessibles et contribuer à enrichir la langue vietnamienne.

Ho Chi Minh soulignait enfin la responsabilité morale et politique du journaliste. Un article publié dans le journal Nhân Dân ne représente pas seulement l’opinion de son auteur : il exprime la voix du Parti. Chaque information et chaque analyse doivent donc être soigneusement pesées.

Soixante-quinze ans après la parution du premier numéro, on peut affirmer que l’attention et les orientations du Président Ho Chi Minh à l’égard du journal Nhân Dân ont constitué une marque de confiance et une transmission de responsabilité, devenues le socle idéologique et les normes professionnelles du journal. Dans le contexte actuel, ces valeurs continuent de servir de point d’appui pour permettre au journal de préserver son rôle de voix du Parti et de tribune du peuple.

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