Vers le XIVe Congrès national du PCV :

Le regard d’une ancienne diplomate américaine sur les ambitions vietnamiennes

Piper Campbell, directrice du département de politique étrangère et de sécurité mondiale de l’École de politique étrangère de l’American University et ancienne diplomate de haut rang, a livré son analyse sur la solidité des fondamentaux vietnamiens et les défis de la prochaine phase de croissance.

Piper Campbell, directrice du département de politique étrangère et de sécurité mondiale de l’École de politique étrangère de l’American University. Photo: VNA.
Piper Campbell, directrice du département de politique étrangère et de sécurité mondiale de l’École de politique étrangère de l’American University. Photo: VNA.

À l’approche du XIVᵉ Congrès national du Parti communiste du Vietnam (PCV), événement politique majeur appelé à définir la trajectoire du pays pour les décennies à venir, Piper Campbell, directrice du département de politique étrangère et de sécurité mondiale de l’École de politique étrangère de l’American University et ancienne diplomate de haut rang, a livré son analyse sur la solidité des fondamentaux vietnamiens et les défis de la prochaine phase de croissance.

Dans un entretien accordé à l'Agence vietnamienne d'information (VNA), Piper Campbell a dressé un bilan particulièrement élogieux de la dynamique actuelle du pays. Selon ses analyses, la croissance économique et le prestige diplomatique du Vietnam sont désormais intrinsèquement liés.

Elle a mis en exergue la résilience remarquable de l’économie vietnamienne qui, avec une prévision de croissance du PIB avoisinant 8 % en 2025, s’impose comme l’un des moteurs régionaux. Cette performance est d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial marqué par des ruptures structurelles et une imprévisibilité croissante des politiques commerciales internationales.

Sur le plan géopolitique, l’experte américaine a salué la pertinence de la stratégie de « multilatéralisation et de diversification » des relations extérieures menée par le Vietnam. Rappelant le succès de la présidence vietnamienne de l'ASEAN en 2020, elle a souligné que le pays a su approfondir ses partenariats stratégiques dans un moment de bascule mondiale.

Concernant les relations entre les deux pays, Piper Campbell a rappelé que l'élévation des relations au rang de Partenariat stratégique intégral en 2023 n'était pas seulement symbolique, mais ouvrait la voie à une coopération technique et industrielle sans précédent.

Malgré les changements d’administrations aux États-Unis, elle a précisé que le Vietnam demeure perçu comme un partenaire incontournable en Asie du Sud-Est, les décideurs américains restant attachés à un cadre d’échanges réciproques et équilibrés.

L’entretien a également porté sur les enjeux du 14ᵉ Congrès national du Parti. Pour Piper Campbell, l’importance de ce rendez-vous tient à sa capacité à définir une feuille de route à long terme, dépassant le cadre quinquennal pour se projeter vers 2030 et 2045.

Elle a qualifié de « rationnelle et prudente » la volonté des dirigeants vietnamiens de privilégier une croissance durable et « non fragile », afin d’éviter les écueils d’un développement trop rapide susceptible de fragiliser les équilibres sociaux.

L’un des points saillants de son analyse concerne la transition vers une économie de la connaissance. Piper Campbell s’est dite impressionnée par l’engagement de Hanoï à tripler les investissements dans les sciences et les technologies d’ici 2026.

Cette montée en gamme dans la chaîne de valeur mondiale, notamment dans les secteurs de l’électronique avancée et des services numériques, constitue selon elle le véritable moteur de la « nouvelle ère » de développement.

Toutefois, pour transformer ces ambitions en réalités tangibles, l’ancienne diplomate a identifié plusieurs piliers critiques. Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre la modernisation des infrastructures, particulièrement dans le secteur de l'énergie, et d'investir massivement dans le capital humain. La formation d'une main-d'œuvre qualifiée est, selon elle, la condition sine qua non pour attirer et retenir les géants mondiaux de la technologie.

Enfin, Piper Campbell a souligné que l’attractivité du Vietnam auprès des investisseurs privés américains repose largement sur la stabilité du cadre juridique.

Elle a salué la constance des efforts déployés par le Parti et l’État dans la lutte contre la corruption et la simplification des procédures administratives, des facteurs clés pour instaurer un climat de confiance durable.

En conclusion, l’analyse de cette experte montre que le Vietnam ne se contente plus de suivre les dynamiques mondiales, mais s’affirme désormais comme un acteur capable d’influencer positivement la stabilité et la prospérité de la région Asie-Pacifique.

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