Le rêve du Mondial : bâtir les fondations dès aujourd’hui

Le rêve de voir l’Équipe nationale vietnamienne participer à la FIFA World Cup n’est plus un objectif inaccessible. Dans le cadre du Projet de développement du football vietnamien pour la période 2030-2045, la Coupe du monde 2034 a été fixée comme une étape majeure.

L'équipe du Vietnam est en pleine préparation pour l'ASEAN Cup 2026. Photo : hanoimoi.vn
L'équipe du Vietnam est en pleine préparation pour l'ASEAN Cup 2026. Photo : hanoimoi.vn

Le rêve de voir l’équipe nationale vietnamienne participer à la FIFA World Cup n’est plus un objectif inaccessible.

Dans le cadre du Projet de développement du football vietnamien pour la période 2030-2045, la Coupe du monde 2034 a été fixée comme une étape majeure.

Toutefois, pour concrétiser cette ambition, le football vietnamien aura besoin de bien plus que de la volonté : il lui faudra une stratégie de développement durable, méthodique et inscrite dans le long terme.

La Coupe du monde, bien plus qu’un rêve

L’élargissement de la Coupe du monde de 32 à 48 équipes à partir de 2026 a ouvert de nouvelles perspectives à de nombreuses nations émergentes du football.

Par ailleurs, alors que le Mondial 2026 est en cours, la FIFA envisage également la possibilité de porter le nombre de participants à 64 équipes lors de l’édition 2030, ce qui élargirait encore davantage l’accès au plus grand rendez-vous du football mondial.

Pour le Vietnam, une éventuelle extension du tournoi à 64 équipes constituerait une opportunité favorable pour atteindre son objectif de qualification à la Coupe du monde, voire avant l’échéance de 2034, à condition de savoir tirer pleinement parti des évolutions du football mondial.

L’équipe nationale du Vietnam poursuit sa préparation en vue de l’ASEAN Cup 2026. Photo : Ngoc Tu

Cependant, obtenir une qualification pour la Coupe du monde ne constitue qu’une partie de l’histoire.

La véritable question est de savoir quelle image l’équipe du Vietnam donnera sur la scène mondiale.

Une série d’interrogations se pose pour un football encore de niveau intermédiaire, voire modeste, s’il venait à créer la surprise en décrochant son billet pour le Mondial.

Dans un tel scénario, le Vietnam participerait-il simplement pour acquérir de l’expérience ou serait-il capable de laisser une empreinte, à l’instar du Cap-Vert, qui avait surpris le monde entier lors de la Coupe du monde 2026 ?

La Coupe du monde 2026 a livré plusieurs enseignements.

Le « petit poucet » cap-verdien a démontré qu’aucune nation n’est trop modeste pour accéder au Mondial, à condition de disposer d’une stratégie de développement cohérente.

Pour sa première participation, le Cap-Vert a laissé une impression remarquable.

De son côté, l’Iran a montré que le succès ne se mesure pas uniquement au tableau d’affichage, mais aussi à l’esprit de combat, à l’identité de jeu et à la fierté nationale.

Les performances de ces équipes lors du Mondial 2026 invitent le football vietnamien à s’interroger : le jour où le Vietnam disputera une Coupe du monde, quelle histoire racontera-t-il au monde ?

Celle d’un miracle inattendu ou celle du fruit de plusieurs décennies de préparation méthodique et persévérante ?

Ou bien celle de lourdes défaites face à des adversaires plus forts, avant de conclure qu’il ne s’agissait que d’une expérience acquise lors de la plus grande fête du football mondial.

Les faits montrent que la Coupe du monde n’a jamais récompensé ceux qui se contentent de rêver.

Elle appartient aux nations capables de transformer leurs ambitions en projets concrets, puis de poursuivre ces projets avec constance pendant de nombreuses années.

Bâtir les fondations dès aujourd’hui

Selon les experts, un football performant ne peut reposer uniquement sur une génération exceptionnelle de joueurs ou sur la réussite d’un seul centre de formation.

Les nations qui participent régulièrement à la Coupe du monde bâtissent leur réussite sur plusieurs générations successives.

Elles mettent en œuvre des stratégies réfléchies, scientifiques et durables.

En Asie, le Japon, la République de Corée ou encore l’Australie en sont des exemples.

Depuis des années, de nombreux pays de la région investissent massivement dans la formation des jeunes afin d’assurer une relève permanente.

C’est pourquoi le football scolaire doit être considéré comme le premier terrain où sont semées les graines de l’avenir.

Au Vietnam, des centres de formation tels que PVF, Hanoi FC, Viettel, SLNA ou HAGL ont pour mission de former et de faire grandir ces jeunes talents.

En parallèle, le développement d’infrastructures modernes, de centres d’entraînement et de stades répondant aux normes internationales constitue un levier essentiel pour l’avenir du football vietnamien.

Dans le même temps, l’apport des joueurs d’origine vietnamienne évoluant à l’étranger ainsi que des joueurs naturalisés a renforcé la qualité de l’effectif.

Quant aux compétitions nationales, elles gagnent progressivement en compétitivité et offrent aux joueurs un environnement propice à leur développement avant leur accession à l’équipe nationale.

Si l’on compare un football national à un arbre, le football scolaire en est la graine, la formation des jeunes représente les soins apportés à sa croissance, les infrastructures constituent le sol, la V.League est le soleil, l’équipe nationale symbolise la floraison et la Coupe du monde correspond aux fruits récoltés.

Pourtant, personne ne peut faire grandir un arbre en tirant simplement sur sa cime. Pour qu’il se développe durablement, il faut d’abord prendre soin de la graine, des racines, avec patience, méthode et continuité.

C’est pourquoi le rêve du Mondial ne commence pas le jour où l’équipe nationale dispute le dernier tour des qualifications, mais dès les terrains de football des écoles, dans les centres de formation, grâce à des stades modernes, à un championnat national de qualité et à des joueurs suffisamment talentueux pour attirer les supporters dans les tribunes.

Parmi les enfants qui s’entraînent aujourd’hui avec passion dans les centres de formation et les compétitions de jeunes, certains porteront un jour le maillot de l’équipe nationale du Vietnam, d’autres non.

Certains devront même renoncer à leur rêve, mais deviendront des supporters fidèles, contribuant à créer l’ambiance fervente qui anime les stades.

Car, au fond, un football national ne se construit pas uniquement autour de onze joueurs sur le terrain ou d’une équipe nationale.

Une grande nation de football repose sur tout un écosystème, dans lequel chaque acteur apporte sa contribution à la réalisation du rêve mondialiste.

Ce rêve est peut-être encore devant le Vietnam, mais si les fondations sont posées dès aujourd’hui avec rigueur et ambition, le jour où l’hymne national vietnamien retentira lors d’une Coupe du monde ne paraîtra plus hors de portée.

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