Le général de corps d’armée Le Quoc Hung, vice-ministre vietnamien de la Sécurité publique, a effectué une visite de travail en République tchèque les 11 et 12 octobre afin de renforcer la coopération bilatérale en matière de lutte contre la criminalité, d’application de la loi et d’exécution des peines, ainsi que d’examiner les questions liées à la main-d’œuvre et aux visas.
Lors de son entretien avec des représentants du ministère tchèque de la Justice, Le Quoc Hung a souligné le développement positif des relations bilatérales, fondées sur le partenariat stratégique et plusieurs accords, notamment ceux relatifs à la lutte contre la criminalité, au transfèrement des personnes condamnées et à la réadmission des citoyens.
Ces textes constituent un cadre juridique important pour la coopération entre les autorités compétentes des deux pays.
Les deux parties ont renforcé leurs échanges d’informations et leur coopération dans la lutte contre la criminalité transnationale, le trafic de drogue, la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité.
Elles coopèrent également par l’intermédiaire d’Interpol et du bureau de liaison de la police tchèque au Vietnam afin de retrouver les ressortissants vietnamiens ayant commis des infractions en République tchèque avant de se réfugier au Vietnam.
Selon le vice-ministre vietnamien, environ 100 000 Vietnamiens vivent, travaillent, étudient ou exercent des activités commerciales en République tchèque.
Ces dernières années, le ministère vietnamien de la Sécurité publique n’a pas eu à traiter de cas de départs, d’entrées ou de migrations illégales de citoyens vietnamiens vers ce pays.
Dans l’ensemble, les ressortissants des deux pays respectent la législation de leur pays de résidence.
Le Quoc Hung a proposé d’intensifier les échanges de délégations et le partage d’expériences dans la lutte contre la criminalité organisée et transnationale, les infractions environnementales et d’autres formes de criminalité.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération dans les domaines de la transformation numérique, de la cybersécurité, de l’utilisation de l’intelligence artificielle au service de la sécurité et de l’ordre publics, de la formation des forces chargées de l’application de la loi et de la prévention de la corruption.
Il a appelé les deux parties à mettre pleinement en œuvre les accords existants, notamment celui de 2019 sur la lutte contre la criminalité et celui de 2017 sur le transfèrement des personnes condamnées, ainsi qu’à engager rapidement des négociations en vue de la conclusion d’un accord d’extradition.
Il a également proposé de renforcer les enquêtes conjointes, la recherche des fugitifs et les échanges d’informations, et d’étudier la possibilité de mettre en place une ligne téléphonique directe.
Il a insisté sur la nécessité de protéger les citoyens et les représentations officielles des deux pays et d’empêcher toute organisation ou personne d’utiliser le territoire de l’un des deux pays pour mener des activités hostiles à l’autre.
De son côté, Adam Šimice, vice-ministre tchèque de la Justice chargé des affaires internationales, du droit européen, a salué les efforts du Vietnam en matière de prévention de la corruption, soulignant l’importance de la coopération internationale face à un phénomène qui pèse sur l’économie mondiale.
Il a partagé l’expérience tchèque en matière de prévention de la corruption, de gestion des conflits d’intérêts, de protection des lanceurs d’alerte et de transparence des activités de lobbying.
Concernant la main-d’œuvre, la partie tchèque a souligné que l’examen des questions migratoires devait tenir compte des exigences de sécurité afin de prévenir les risques de falsification de documents et de recrutement frauduleux par des réseaux criminels, tout en continuant à faciliter l’intégration de la communauté vietnamienne résidant légalement sur son territoire.
L’ambassadeur du Vietnam en République tchèque, Duong Hoai Nam, a proposé aux autorités tchèques d’envisager l’accueil de travailleurs vietnamiens.
Il a indiqué que la République tchèque avait autorisé l’accueil de jusqu’à 10 600 travailleurs philippins et d’environ 3 000 travailleurs indonésiens, alors que le Vietnam, partenaire stratégique et membre de l’ASEAN, n’avait pas encore obtenu l’autorisation sollicitée pour envoyer des travailleurs dans le pays.
Il a également proposé d’exempter de visa les titulaires de passeports officiels vietnamiens afin de faciliter les échanges entre les institutions des deux pays.
L’ambassade du Vietnam accueille chaque année environ 50 délégations, dont plusieurs doivent accomplir des formalités diplomatiques préalables, ce qui allonge les délais de préparation des visites.
L’ambassadeur a souhaité que ces propositions soient examinées à l’occasion de la préparation de la prochaine visite au Vietnam du Premier ministre tchèque Andrej Babiš.