Tels sont les souhaits et les attentes de la communauté internationale lors de la rencontre de gratitude envers les amis internationaux à l’occasion du 80e anniversaire de la Fête nationale de la République socialiste du Vietnam.
Mme Kathleen S. Magee, présidente-directrice générale d’Operation Smile (États-Unis):
35 ans à redonner le sourire aux enfants vietnamiens
Lors de ce voyage au Vietnam, j’ai ressenti toute la signification particulière de la célébration du 80ᵉ anniversaire de la Fête nationale, une expérience unique dans une vie.
Nous avons assisté au défilé militaire et civil dans la matinée du 2 septembre, et nous avons vu le bonheur et la fierté rayonner sur le visage des Vietnamiens.
La première fois que je suis venue au Vietnam, le pays paraissait presque vide, mais, en 35 ans, il a connu une transformation spectaculaire.
J’ai découvert une nation dynamique, avec un peuple travailleur et persévérant, capable de transformer ses efforts en réalisations remarquables.
Je crois que tout cela résulte de la proactivité, de l’esprit de labeur et de la détermination des Vietnamiens.
Depuis la première mission médicale, Operation Smile a toujours œuvré aux côtés de ses partenaires vietnamiens pour apporter de nouveaux espoirs aux enfants nés avec des fentes labiales et palatines.
Nous avons réalisé plus de 70 000 opérations gratuites et sûres, changeant ainsi la vie de milliers d’enfants.
Mais notre mission ne s’arrête pas aux interventions chirurgicales : nous avons investi dans le renforcement du système de santé vietnamien, en formant des chirurgiens, infirmiers et techniciens biomédicaux, afin que ce don de guérison puisse perdurer au cœur même du Vietnam.
Lors de cette rencontre, organisée par l’Union des organisations d’amitié du Vietnam, j’ai eu l’honneur de recevoir l’Ordre de l’Amitié du Président de la République socialiste du Vietnam.
Cette médaille n’est pas seulement une reconnaissance individuelle, mais aussi celle d’un partenariat fondé sur l’humanité, l’esprit de service et la conviction que chaque enfant mérite de sourire.
Nous œuvrons également aux côtés de nos partenaires pour promouvoir des politiques visant à garantir que chaque enfant puisse bénéficier d’une opération sûre et que les systèmes de santé durables soient renforcés dans tout le pays.
Operation Smile est fière de contribuer non seulement à la santé publique, mais aussi à l’amitié et à la confiance entre le Vietnam et les États-Unis. Notre action au Vietnam a constitué l’un des premiers ponts humanitaires, facilitant le processus de normalisation des relations entre nos deux pays.
Tout cela n’aurait pas été possible sans le soutien constant du gouvernement vietnamien et de ses ministères, en particulier l’Union des organisations d’amitié du Vietnam, le ministère de la Santé, le Fonds de protection des enfants du Vietnam, les hôpitaux partenaires et les autorités locales à travers le pays.
M. Chuck Searcy, président du section 160 – Association des anciens combattants pour la paix (États-Unis):
Coopérer pour transformer l’héritage de la guerre en souvenir
Je suis fier d’être un ancien combattant américain ayant participé à la guerre, mais qui s’est par la suite opposé à celle-ci. Avec de nombreux camarades, nous avons lancé un effort pour mettre fin à la guerre, un processus long qui a finalement abouti grâce au soutien de nombreuses personnes à travers le monde.
Dans ce cadre, mes collègues tels que Paul Cox, Susan Schnall et de nombreux autres anciens combattants ont lancé des initiatives de coopération avec leurs amis vietnamiens, notamment la Campagne de secours et de responsabilité relative à l’agent orange au Vietnam (VAORRC). Cet effort a mobilisé de nombreuses personnes aux États-Unis pour mieux comprendre la tragédie causée par l’agent orange, tout en recherchant des moyens d’en atténuer les effets et de soutenir leurs partenaires vietnamiens.
La VAORRC a collecté des fonds, sensibilisé les élèves américains à la question de l’agent orange et financé des actions via l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine du Vietnam (VAVA) ainsi que d’autres organisations vietnamiennes, afin d’atténuer les souffrances causées par ce problème grave dont les États-Unis portent la responsabilité.
Nous continuerons ces efforts au nom de nos amis et collègues – Paul Cox, ancien Marine américain et fondateur de la VAORRC, et Susan Schnall, présidente de l’Association nationale des anciens combattants pour la paix, ancienne infirmière de la marine américaine qui s’est opposée à la guerre, allant même jusqu’à larguer des tracts depuis un avion dans la baie de San Francisco pour appeler à la fin du conflit.
Pour ces actions, elle a été poursuivie par un tribunal militaire américain et a risqué l’emprisonnement, mais grâce à son service médical essentiel dans les hôpitaux pour anciens combattants, elle a pu éviter la prison.
Ces amis, collègues et camarades ont beaucoup fait pour atténuer les séquelles de la guerre. Mais il reste encore beaucoup à accomplir, qu’il s’agisse du traitement de l’agent orange, du déminage ou d’autres conséquences persistantes.
Avec Susan, Paul et d’autres vétérans, je m’engage à continuer de travailler avec nos amis vietnamiens jusqu’à ce que les héritages de la guerre ne soient plus qu’un souvenir du passé.
M. Jurg Andreas Montani, chef de la délégation régionale du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Thaïlande :
Le Vietnam – un partenaire fiable dans l’action humanitaire et la coopération internationale
En 80 ans de construction et de développement, le Vietnam s’est affirmé, renforçant sa position nationale à travers la croissance économique, les progrès en éducation, en santé, en infrastructures et dans l’économie numérique.
Le pays est reconnu comme un partenaire responsable et digne de confiance au sein de la communauté internationale, contribuant aux missions de maintien de la paix, membre actif de l’ASEAN et acteur constructif en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
La Croix-Rouge du Vietnam a déployé de nombreux efforts pour faire face aux conséquences humanitaires des conflits, soutenir la prévention, atténuer les séquelles et protéger les victimes.
Depuis 1946, nous coopérons activement avec le Vietnam à travers diverses activités : visites aux prisonniers de guerre, fourniture de prothèses et réadaptation, réunification des familles séparées, coopération avec l’Armée populaire du Vietnam pour améliorer la connaissance et l’application du droit international humanitaire dans la formation et l’entraînement.
Nous vivons une époque où le droit international humanitaire est confronté à de nombreux défis. Avec le soutien de nombreux pays, le président du CICR a lancé une campagne pour renforcer le soutien politique en faveur du droit international humanitaire.
Le Vietnam peut apporter une voix crédible dans cet appel, en œuvrant pour une protection plus efficace des populations, des communautés, des infrastructures vitales et de l’environnement en temps de guerre, contribuant ainsi à la paix et à l’allègement du fardeau de la reconstruction.
Aujourd’hui, en tant que pays en paix, le Vietnam n’a peut-être plus besoin du soutien du CICR.
Le CICR, et le monde entier ont besoin du Vietnam pour apprendre de son expérience et partager ses connaissances.