La XVIᵉ législature de l’AN vietnamienne et au Conseil populaire

Les bulletins de vote aux bornes de la frontière

À l’ouest de la province de Dak Lak, la commune frontalière de Buon Don apparaît comme une terre discrète mais sacrée de la patrie. Ici, villages, chemins et bornes frontalières témoignent de la confiance du peuple, du sens civique et de l’attachement à la nation.

Le capitaine Y Han H’Wing, chef de l’équipe de mobilisation des masses du poste-frontière de Srepok, guide les habitants dans l’exercice de leurs droits et devoirs civiques. Photo : Thanh Nga.
Le capitaine Y Han H’Wing, chef de l’équipe de mobilisation des masses du poste-frontière de Srepok, guide les habitants dans l’exercice de leurs droits et devoirs civiques. Photo : Thanh Nga.

Avec plus de 45 km de frontière jouxtant la province de Mondulkiri (Cambodge), Buon Don occupe une position stratégique en matière de défense et de sécurité. C’est aussi un lieu où se manifeste la force de la grande union nationale. Dans la vie quotidienne de cette zone frontalière, chaque période électorale n’est pas seulement un événement politique majeur, mais aussi un moment où l’amour de la patrie s’exprime à travers chaque bulletin de vote.

Buon Don se prépare au jour du vote

S’étendant sur plus de 111 000 hectares, la commune de Buon Don compte sept villages et un hameau, avec près de 6 700 habitants, dont plus de 76 % appartiennent à des minorités ethniques. Chaque communauté possède sa propre identité culturelle, mais toutes partagent la même fierté pour cette terre frontalière où elles vivent.

Ici, la notion de « borne frontalière » ne se limite pas aux blocs de béton exposés au soleil et au vent. Les gardes-frontières qui patrouillent jour et nuit, les anciens respectés, les chefs de village engagés auprès de la communauté, ainsi que les habitants travailleurs dans les champs : tous sont de véritables « bornes vivantes » à la frontière de la patrie.

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Le capitaine Y Han H’Wing, chef de l’équipe de mobilisation des masses du poste-frontière de Srepok, guide les habitants dans l’exercice de leurs droits et devoirs civiques. Photo : Thanh Nga.

Ensemble, ils constituent une solide « ligne de défense du cœur du peuple », fondement essentiel de la protection de la souveraineté nationale.

Dans la vie des habitants des régions frontalières, le rôle du Front de la patrie du Vietnam apparaît avec encore plus de clarté. Au-delà de son rôle de passerelle entre le Parti, les autorités et la population, le Comité du Front de la Patrie de la commune de Buon Don rassemble et valorise la force d’unité des quinze groupes ethniques vivant dans la commune.

Selon Buon Krong Duy Phu, président du Comité du Front de la patrie du Vietnam de la commune de Buon Don, les élections des députés à la XVIe législature de l'Assemblée nationale et des représentants des Conseils populaires à tous les niveaux pour le mandat 2026-2031 sont préparées avec soin, dans un esprit de démocratie, de transparence et dans le respect de la loi.

La commune compte 4 314 électeurs, répartis en cinq circonscriptions et douze bureaux de vote installés dans les villages ainsi que dans les unités de gardes-frontières stationnées dans la commune. À l’issue des consultations, le Front a présenté 27 candidats pour l’élection de 16 membres du Conseil populaire de la commune pour le nouveau mandat.

Derrière ces chiffres se cache un long processus de préparation rigoureux et responsable afin que chaque vote reflète véritablement le choix éclairé et la confiance de la population.

Dans une région où cohabitent de nombreuses communautés ethniques comme Buon Don, la sensibilisation électorale ne consiste pas seulement à expliquer la loi, mais aussi à convaincre les habitants que leur bulletin de vote est la voix du village adressée à l’État.

Le patriarche Ma An du village de Tri confie : « Notre bulletin de vote est modeste, mais c’est la voix du village envoyée à l’État. Nous espérons élire des personnes proches du peuple, qui comprennent le peuple et agissent pour lui, afin que les villages se développent et que la frontière devienne plus solide. » Ses paroles simples résonnent comme un gong au cœur de la grande forêt, profondes et vibrantes.

Les gardes-frontières, « bornes vivantes » de la confiance

Si le Front de la patrie est le lien entre les habitants, les gardes-frontières sont ceux qui contribuent directement à renforcer cette confiance.

Quatre unités de gardes-frontières sont actuellement stationnées dans la commune de Buon Don : les postes-frontières de Srepok, Bo Heng et Yok Don, ainsi que le bataillon d’entraînement et de mobilité. Au-delà de leur mission de protection de la souveraineté nationale, ces unités sont étroitement liées à la vie quotidienne de la population locale.

Le capitaine Y Han H’Wing, chef de l’équipe de mobilisation des masses du poste-frontière de Srepok et originaire de cette région, confie : « Garder la frontière ne signifie pas seulement patrouiller, mais aussi préserver la confiance du peuple. Quand le peuple a confiance et soutient, la frontière devient naturellement solide. »

À l’approche des élections, les pas des gardes-frontières se font encore plus présents. Avec les autorités locales, ils se rendent dans chaque village pour informer et guider les habitants dans l’exercice de leurs droits civiques.

Dans des villages éloignés comme Drang Phok, où les routes de terre rouge deviennent poussiéreuses en saison sèche et boueuses sous la pluie, ils continuent à frapper à chaque porte. Certains anciens, la vue affaiblie, tiennent encore la main des cadres pour redemander les étapes du vote. De jeunes électeurs, recevant pour la première fois leur carte électorale, affichent un regard rayonnant en participant aux décisions importantes du pays.

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Les cadres et soldats du poste-frontière de Srepok sensibilisent les habitants de la commune de Buon Don au sens et à l’importance du jour de l’élection.

Il est même arrivé que les autorités communales et les gardes-frontières transportent les urnes à travers des heures de marche en forêt pour atteindre un petit groupe d’habitations au cœur de la grande forêt. Là, le principe « ne laisser personne de côté » devient une réalité concrète.

À l’approche du jour du vote, dans les petites salles des postes-frontières, les lumières restent allumées tard dans la nuit. Les cadres vérifient les listes électorales, contrôlent les plans de sécurité et se préparent pour cette grande journée nationale.

Le lieutenant-colonel Nguyen Van Kieu, secrétaire du comité du Parti et commissaire politique du poste-frontière de Srepok, explique simplement : « Pour que les habitants puissent aller voter en toute sérénité, nous devons d’abord être sereins nous-mêmes. »

La confiance des habitants exprimée dans chaque vote

Aujourd’hui, Buon Don change de jour en jour. Les routes sont élargies, l’électricité atteint les villages les plus reculés et de plus en plus d’enfants vont à l’école. Mais au cœur de ces transformations, certaines valeurs demeurent solides comme la grande forêt : l’amour de la patrie, le sens de la responsabilité citoyenne et la solidarité entre soldats et habitants à la frontière.

Sur la vaste carte du pays, Buon Don peut sembler n’être qu’un petit point. Pourtant, ce sont ces points qui forment la ligne frontalière solide de la patrie.

Au milieu de la grande forêt balayée par les vents, les gardes-frontières, les anciens, les chefs de village et chaque habitant deviennent silencieusement des « bornes vivantes ». Ils protègent la terre non seulement par leurs patrouilles, mais aussi par la confiance exprimée dans chaque bulletin de vote.

Car lorsque le cœur du peuple est solide, la frontière l’est aussi. Lorsque l’amour de la patrie s’exprime à travers le vote, chaque habitant des régions frontalières devient à son tour une borne sacrée du pays.

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