Vers le XIVe Congrès national du PCV :

Placer la culture à la juste place dans la stratégie de développement national

À l’approche du XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam (PCV), les débats réaffirment la culture comme fondement spirituel de la société, moteur endogène du développement durable et pilier essentiel du soft power national dans un contexte d’intégration internationale approfondie.

L’artisan Luc Van Tich guide le club de chant Then de la commune de Son Hai, province de Bac Ninh, lors d’une séance d’entraînement. Photo : VNA.
L’artisan Luc Van Tich guide le club de chant Then de la commune de Son Hai, province de Bac Ninh, lors d’une séance d’entraînement. Photo : VNA.

À travers les regards d’intellectuels vietnamiens à l’étranger, l’article met en lumière les orientations visant à placer la culture au cœur de la stratégie de développement du pays.

Selon le calendrier prévu, le XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam se tiendra du 19 au 25 janvier prochains. Cet événement est attendu pour continuer à affirmer le rôle de la culture en tant que fondement spirituel de la société, moteur endogène du développement durable et pilier essentiel de la puissance douce nationale, dans un contexte d’intégration internationale de plus en plus profonde.

À cette occasion, le correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Paris a recueilli les analyses de l’écrivaine et chercheuse en études culturelles Tran Thu Dung, une Vietnamienne vivant depuis de nombreuses années en France et étroitement liée à la vie culturelle et artistique du pays, sur les grandes orientations du développement culturel du Vietnam dans la nouvelle phase, ainsi que sur le rôle de la communauté vietnamienne à l’étranger dans la diffusion de la culture nationale à l’échelle internationale.

Selon Tran Thu Dung, dans le processus de développement de chaque pays, la culture occupe toujours une place particulière, aux côtés de la science et de la technologie. Si ces dernières créent la puissance matérielle, les capacités productives et la compétitivité, la culture, quant à elle, forge la profondeur spirituelle, les valeurs humanistes et la durabilité de la société. Une civilisation reposant uniquement sur la croissance économique, la technique et le commerce risquerait de devenir rigide et sans vitalité si elle n’était pas nourrie par l’art, la musique, la peinture, les espaces verts et les valeurs humaines.

Du point de vue d’une chercheuse et créatrice culturelle travaillant à l’étranger, elle estime que le XIVe Congrès du Parti doit continuer à placer la culture à la position qui lui revient dans la stratégie de développement national, en la considérant comme l’un des piliers accompagnant la science et la technologie.

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Mme Tran Thu Dung (à l’extrême droite) lors d’une activité de promotion de la culture vietnamienne à Genève (Suisse). Photo : VNA.

La culture constitue un facteur d’attractivité essentiel, permettant aux individus et à la société de dépasser les limites purement matérielles pour tendre vers des valeurs plus humanistes. Un pays souhaitant attirer les touristes, les investisseurs et les talents ne peut se fonder uniquement sur la croissance économique ou le progrès technologique, mais doit disposer d’une culture suffisamment profonde, riche et capable de susciter l’émotion.

Abordant la question de l’intégration internationale, Tran Thu Dung met en avant le principe d’« intégration sans dilution ». Selon elle, l’accueil d’éléments culturels extérieurs, tels que les festivals internationaux ou de nouvelles formes de pratiques culturelles, reflète l’ouverture et les échanges inhérents à la mondialisation.

Toutefois, la préservation et la valorisation de l’identité culturelle nationale doivent être menées avec discernement et sélectivité. La culture doit être respectée afin d’être admirée, appréciée et source de fierté, sans être déformée, banalisée ou excessivement marchandisée, au risque d’en perdre les valeurs fondamentales et le caractère sacré.

Partageant son expérience en France, en tant que présidente de l’Association Aurore (Lumière), active dans les échanges et la promotion culturels, Tran Thu Dung souligne que la diffusion efficace de la culture doit commencer par l’éducation.

En France, de nombreux monastères et châteaux anciens ont été transformés en écoles ou universités, permettant à la fois de préserver le patrimoine et de servir la communauté. L’école n’est pas seulement un lieu de transmission du savoir, mais aussi un espace culturel vivant, contribuant à la formation de la personnalité et à l’éveil de la fierté collective.

Selon elle, des établissements scolaires de qualité et des enseignants compétents forment des élèves performants. Lorsque les élèves aiment leur école et leurs enseignants, l’apprentissage devient plus efficace, favorisant l’émergence de citoyens responsables. L’éducation ne se limite donc pas à former une main-d’œuvre hautement qualifiée, mais participe directement à la diffusion culturelle, en façonnant de véritables « ambassadeurs culturels » au sein de la société.

À une échelle plus large, forte de ses années de collaboration avec des institutions culturelles locales en France, Tran Thu Dung apprécie les politiques visant à rapprocher le patrimoine du grand public, notamment l’ouverture gratuite et périodique des musées et des grands sites culturels.

Cette approche permet à toutes les catégories sociales, y compris les personnes à faibles revenus, d’accéder à la culture, contribuant ainsi à nourrir la fierté nationale et la conscience de la préservation du patrimoine. Lorsque la culture devient une composante de la vie quotidienne, chaque citoyen peut se transformer en un « soldat de la culture », contribuant à la diffusion de l’image du pays à l’étranger.

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