Ces évolutions sont considérées par la communauté des entreprises comme un fondement essentiel pour renforcer la confiance et stimuler le développement du secteur privé dans un contexte économique mondial marqué par de nombreuses incertitudes.
Lors de la quatrième réunion du Comité directeur national chargé de la mise en œuvre de la Résolution 68, le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh a demandé aux organismes publics de mettre en œuvre les « cinq interconnexions » en faveur des entreprises, tout en appelant ces dernières à faire preuve des « cinq pionniers ».
L’objectif est de créer un environnement favorable permettant au secteur privé de se développer vigoureusement et de devenir progressivement le moteur le plus important de l’économie.
Les signaux positifs observés sur le terrain contribuent déjà à consolider la confiance des entreprises.
Selon une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), malgré les défis persistants de l’économie mondiale, 31,3 % des entreprises envisagent d’étendre leurs activités au cours des deux prochaines années.
Cette confiance repose en grande partie sur des réformes institutionnelles importantes, telles que la numérisation des procédures fiscales, foncières et d’assurance, la mise en place du modèle d’administration à deux niveaux dans certaines localités, la réduction des délais de traitement des dossiers d’investissement et une plus grande transparence dans la planification.
La levée progressive des obstacles administratifs offre aux entreprises davantage de conditions pour développer leurs activités.
Toutefois, la mise en œuvre de la Résolution 68 révèle encore certaines limites à surmonter, notamment des retards dans l’exécution de certaines missions, la persistance d’obstacles dans l’environnement d’investissement et d’affaires, ainsi que la complexité de certaines procédures administratives.
La reconnaissance franche de ces difficultés est perçue par la communauté des entreprises comme la preuve d’un gouvernement déterminé à agir et ouvert à l’amélioration.
Du point de vue des entrepreneurs vietnamiens résidant à l’étranger, Pham Thi Minh Huong, vice-présidente de l’Association des entrepreneurs vietnamiens d’outre-mer, a exprimé sa confiance dans les orientations stratégiques du pays.
Selon elle, les politiques visant à rationaliser l’appareil administratif, à perfectionner le cadre institutionnel et à améliorer l’environnement d’investissement et d’affaires constituent des facteurs clés pour renforcer la compétitivité nationale et mobiliser efficacement les ressources, tant nationales qu’internationales, y compris celles de la diaspora vietnamienne.
Par ailleurs, la transformation numérique est considérée comme un domaine prometteur pour le secteur privé, même si certaines contraintes réglementaires subsistent.
Le représentant d’une entreprise privée de télécommunications a ainsi souligné la nécessité d’une politique plus équilibrée dans l’attribution des fréquences, d’une réduction des coûts liés aux bandes de fréquence 5G et de la mise en place d’un mécanisme d’expérimentation contrôlée (sandbox) permettant aux entreprises de tester de nouveaux modèles et technologies sans risques juridiques excessifs.
S’agissant de l’objectif de constituer un noyau d’entreprises capables de jouer un rôle moteur, de nombreux experts soulignent l’importance de renforcer les liens entre les grandes entreprises et les petites et moyennes entreprises.
Les grandes sociétés pourraient ainsi agir comme des locomotives en partageant leurs infrastructures, leurs réseaux de marché et leur expérience juridique, contribuant à accélérer le développement des PME et à renforcer leur intégration dans les chaînes d’approvisionnement.
Ainsi, lorsque la logique d’« accompagnement » remplace celle de « gestion » et que la réussite des entreprises est considérée comme celle de la nation, l’objectif fixé par la Résolution 68, faire du secteur privé un moteur majeur de l’économie, se rapproche progressivement de sa concrétisation.