Le Vietnam en est encore aux premières étapes de son développement dans les domaines de l’énergie et de la technologie nucléaires, et dispose ainsi d’une large marge de progression pour tirer parti de l’expérience européenne, tant en matière de technologies que de choix de solutions et de garanties de sécurité.
Phung Quoc Tri, président de l’Association des intellectuels vietnamiens en Belgique-Luxembourg (ViLaB), a partagé ces réflexions avec l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Bruxelles, en marge du séminaire intitulé « Coopération scientifique, technologique et commerciale Vietnam-Union européenne », récemment organisé à Bruxelles.
Concernant la médecine nucléaire, il a souligné qu’il s’agit d’un domaine encore relativement nouveau, mais très prometteur, notamment dans le diagnostic et le traitement du cancer.
L’Europe figure actuellement parmi les principales régions fournissant des isotopes radioactifs essentiels aux applications médicales.
Leur combinaison avec l’intelligence artificielle (IA) permet d’améliorer la précision de l’analyse des images, contribuant ainsi à soutenir les médecins dans le diagnostic et l’élaboration des protocoles de traitement.
Au Vietnam, certains grands établissements de santé ont progressivement mis en œuvre des techniques liées à ce domaine, principalement axées sur le diagnostic et le traitement du cancer.
Toutefois, selon M. Tri, pour garantir un développement durable, il est crucial d’assurer un approvisionnement stable en isotopes radioactifs, un facteur déterminant.
Dans son rôle de passerelle, ViLaB s’efforce de renforcer la coopération entre scientifiques et médecins vietnamiens et les centres de recherche avancés en Europe.
Une initiative concrète est le programme de coopération entre l’Hôpital central militaire 108 et des partenaires belges, axé sur la formation des ressources humaines et le transfert de technologies en médecine nucléaire.
Selon lui, le développement de ce secteur au Vietnam nécessite une stratégie à long terme, incluant la création de centres spécialisés de recherche et de mise en œuvre.
Ce processus exige du temps, des ressources et une préparation méthodique. Le facteur humain y joue un rôle central : la formation d’experts, de techniciens et de médecins doit être prioritaire, parallèlement à l’investissement dans les équipements et les mécanismes financiers adaptés.
Par ailleurs, il a noté que la coopération entre les institutions de recherche et les hôpitaux vietnamiens et leurs partenaires européens reste encore fragmentée et manque de coordination globale, ce qui en limite l’efficacité.
Il est donc nécessaire d’élaborer une stratégie commune, de fédérer les acteurs et de mettre en place des mécanismes de coordination appropriés afin d’améliorer l’efficacité et l’équilibre des partenariats internationaux.
Enfin, M. Tri a souligné le rôle des forums scientifiques internationaux en tant que passerelles essentielles, contribuant à lever les obstacles et à promouvoir une coopération concrète entre le Vietnam et l’Europe dans les domaines scientifique et technologique.