De nombreuses communes montagneuses de la province de Lâm Dong intensifient les programmes d’accompagnement et de conseil destinés aux communautés des minorités ethniques, afin de les aider à développer une agriculture adaptée aux atouts locaux et aux besoins du marché. Parallèlement, les collectivités locales accordent une attention particulière au développement d’une agriculture moderne et durable, à forte valeur ajoutée, fondée sur les technologies de pointe et associée à des chaînes de valeur, permettant progressivement aux habitants d’améliorer leurs conditions de vie.
Changer les habitudes de production agricole
Bénéficiant d’un climat tempéré, la commune montagneuse de La Da dispose d’atouts dans la culture de fruits tels que le mangoustan, l’avocat, le pamplemousse, le café, la pomme de lait et le durian. Parmi ces produits, le durian de Da Mi affirme de plus en plus sa position sur le marché. Toutefois, les habitants pratiquent encore une production fragmentée, cultivent selon des habitudes traditionnelles et disposent de liens encore faibles avec les circuits de commercialisation. Depuis la mise en place du nouveau modèle d’administration locale à deux niveaux, la commune renforce les formations techniques adaptées à chaque type de culture et envoie des cadres dans les vergers à faible rendement afin de conseiller les agriculteurs sur la conversion vers des cultures plus adaptées et plus rentables.
Ayant récemment planté du café en culture intercalaire dans son verger de durians, Trân Van Mi, issu de l’ethnie Cơ Ho, explique que sur une superficie d’un hectare, une bonne conduite de la culture permettrait d’obtenir environ cinq tonnes de café vert. Le café présente également une longue période de récolte. Il bénéficie d’un vaste marché et son prix de référence est fixé sur les marchés internationaux de matières premières. En outre, les coûts d’entretien et de protection du caféier sont inférieurs à ceux du durian. Après plus de deux ans de plantation, les caféiers commencent à produire, donnant aux agriculteurs l’espoir de récupérer plus rapidement leur investissement. Ces dernières années, l’accès des habitants aux prêts a également été facilité.
Dans la commune de Phan Son, les membres des minorités ethniques continuent de cultiver avec persévérance le riz Mẹ. Cultivée dans les zones de montagne, cette variété locale produit des grains de riz gros, d’un blanc laiteux, parfumés et légèrement sucrés. En raison de son faible rendement et de sa faible rentabilité, de nombreux foyers ont réduit les superficies consacrées au riz Mẹ. Certains continuent néanmoins à le cultiver afin de préserver les traditions culturelles locales, car cette variété n’est pas seulement une denrée alimentaire, mais est également étroitement liée aux coutumes des populations locales.
Grâce à une production selon des procédés biologiques et à des débouchés stables, la valeur des produits a augmenté, contribuant à accroître les revenus des habitants.
Face au risque de disparition de cette variété de riz, Nguyên Van Chung, directeur de la coopérative de riz Mẹ Phan Lâm, indique que depuis 2024, l’Institut des sciences et techniques agricoles du Sud coopère avec les habitants pour restaurer la pureté de la variété de riz Mẹ selon des méthodes biologiques, dans le but de préserver cette variété locale. Au début de 2026, la coopérative a été créée et s’est associée à des entreprises afin de bénéficier d’un soutien en intrants, en capitaux, en procédés de production biologique et en débouchés garantis. Cette réorganisation de la production a renforcé la confiance des habitants et les a encouragés à revenir à cette variété traditionnelle.
À ce jour, la superficie consacrée au riz Mẹ s’est étendue à plus de 10 hectares, avec la participation de nombreux foyers. Grâce à la production biologique et à des débouchés stables, la valeur des produits a augmenté, contribuant à améliorer les revenus des habitants. Le riz Mẹ n’étant produit qu’une fois par an, les agriculteurs associent sa culture à celle du riz ST25 selon des méthodes biologiques afin d’améliorer l’utilisation des terres.
Par ailleurs, grâce à sa proximité avec le lac-réservoir hydraulique de la rivière Luy, la zone en aval de la commune de Phan Son est devenue, depuis plus d’un an, une « destination » pour de nombreuses entreprises qui louent des terres pour cultiver des bananes destinées à l’exportation. La superficie consacrée à cette culture dépasse désormais 200 hectares.
Située en amont de la rivière La Nga, la commune de Dong Kho est considérée comme le plus grand grenier à riz de la province, avec une superficie de plus de 7 000 hectares. Le riz y est produit jusqu’à quatre fois par an et de nombreux foyers sont passés à des modèles de culture biologique. Le vice-président du Comité populaire communal, Nguyên Ngoc Vu, indique que la localité encourage les agriculteurs à réduire le nombre de cycles de culture et à améliorer la qualité, tout en laissant les terres « se reposer » afin de reconstituer leurs nutriments. Dans les prochains temps, Dong Kho prendra contact avec des instituts et des établissements universitaires afin d’organiser des formations approfondies et d’appliquer les avancées scientifiques et techniques à la production.
Un trait d’union pour le développement économique
D’ici à la fin de 2026, la zone de culture du riz Mẹ à Phan Son devrait s’étendre à plus de 50 hectares, avec une production prévue de 150 tonnes. Elle devrait créer des emplois stables pour 50 travailleurs, avec des revenus de 8 à 10 millions de dôngs par mois. Le président du Comité populaire de la commune de Phan Son, Mai Hong Dang, indique que la commune coopère avec les chefs de village et les personnes reconnues pour leur influence afin d’encourager les membres des minorités ethniques à changer leur approche de la production, à travailler avec les coopératives et à respecter leurs engagements en matière de production et de commercialisation. Cette démarche permettra progressivement de constituer des zones de production de matières premières stables et de créer des moyens de subsistance durables.
Des agriculteurs de la commune de Dong Kho cultivent une variété de riz destinée à l’approvisionnement local. (Photo : Thanh Hai)
Pour soutenir le développement des coopératives, les autorités locales coopèrent avec les organismes compétents afin de faciliter leur accès aux prêts préférentiels, de leur proposer des formations en gestion et de soutenir la promotion des marchés. Elles les aident également à finaliser les procédures administratives, à obtenir les codes des zones de culture et à enregistrer leurs produits dans le programme OCOP.
L’amélioration progressive des infrastructures de transport a contribué à la création de zones de production agricole, à l’attraction des investissements des entreprises et à la réduction des coûts de transport. Au cours des cinq dernières années, la commune de La Da a achevé 32 routes, pour une longueur totale de près de 13 kilomètres. Sur une superficie de plus de 4 300 hectares, la commune prévoit de convertir plusieurs centaines d’hectares de cultures annuelles à faible rendement vers des cultures mieux adaptées aux atouts locaux.
Le secrétaire du Comité du Parti de la commune de La Da, Nguyên Minh Phuong, indique que la localité intensifie les activités de promotion et de prospection afin de rapprocher les produits agricoles emblématiques des consommateurs et des entreprises, d’élargir les possibilités de partenariats commerciaux et de viser l’exportation. La Da développe des zones de culture concentrées, attribue des codes aux zones de culture, accélère la transformation en profondeur, assure la traçabilité et met en relation les acteurs de la chaîne de valeur des produits agricoles. La province doit donc rapidement compléter les ressources financières destinées aux infrastructures de transport rural et aux programmes de soutien au développement de la production.
Accompagnant les agriculteurs, Nguyên Van Chuong, directeur du Centre de vulgarisation agricole de la province de Lâm Dong, indique que son organisme met régulièrement en œuvre des modèles adaptés aux conditions écologiques, à la planification, au potentiel et aux atouts de chaque localité. Cette démarche a permis à de nombreux foyers d’investir davantage, de réorienter leurs cultures et leur élevage et d’appliquer les avancées scientifiques et techniques à leurs activités agricoles.
Fin juillet dernier, Lâm Dong a adopté une résolution relative au soutien aux taux d’intérêt des prêts accordés aux ménages issus des minorités ethniques pour la période 2026-2030. Il s’agit d’une politique spécifique visant à encourager les membres des minorités ethniques à améliorer leur situation économique, à développer l’économie familiale et à réduire progressivement la proportion de ménages pauvres et quasi pauvres.
Selon le plan établi, la province vise, d’ici à la fin de 2026, à réduire de 2 à 3 % le taux de pauvreté dans les zones habitées par les minorités ethniques. Lê Trong Yên, vice-président permanent du Comité populaire de la province de Lâm Dong, indique que les organismes concernés renforceront l’intégration des programmes, projets et politiques de soutien à la production, de vulgarisation agricole et de développement des coopératives, afin d’améliorer l’efficacité des ressources d’investissement. Le Service de l’agriculture et de l’environnement donnera la priorité au soutien aux coopératives engagées dans une production biologique, une économie circulaire et des activités à faibles émissions, tout en restant proche du terrain afin d’accompagner les projets et de résoudre rapidement les difficultés rencontrées.
Des cadres de la commune de Dong Giang accompagnent les agriculteurs dans la culture du café selon une approche d’économie circulaire et dans la mise en place de liens commerciaux pour écouler leurs produits. (Photo : Thanh Hai)
Le développement des communes montagneuses est étroitement lié à l’intégration par l’État de nombreuses politiques permettant de faire de « chaque unité de capital » d’investissement public, lorsqu’elle est mobilisée au bon moment, un « levier » pour stimuler de multiples aspects du développement socio-économique. Les infrastructures mises en service ont créé une base solide pour une agriculture verte et durable, associée à des chaînes de commercialisation, apportant un « nouvel élan » aux communautés des minorités ethniques de la région. L’accompagnement de l’État, des entreprises et des experts constitue un solide point d’appui permettant aux habitants de développer leur économie sur leur propre terre natale.