La réélection du président Luiz Inácio Lula da Silva, le 25 octobre 2026, intervient alors que les deux pays poursuivent la concrétisation de leurs engagements bilatéraux.
Traduire les accords de coopération dans les faits
Réélu le 25 octobre 2026 avec 51,79 % des suffrages valablement exprimés à l’issue du second tour de l’élection présidentielle, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva pourrait contribuer à assurer la continuité de la politique de coopération de son pays avec le Vietnam.
Les relations entre les deux nations reposent toutefois sur des intérêts communs et des engagements réciproques qui dépassent le cadre d’un mandat présidentiel.
Le Vietnam et le Brésil ont établi leurs relations diplomatiques le 8 mai 1989, avant de les élever au rang de partenariat global en 2007, puis de partenariat stratégique en novembre 2024.
En plus de 37 ans, leur coopération s’est progressivement étendue aux domaines politique, économique, commercial, scientifique et technologique, ainsi qu’aux échanges entre les peuples.
Le précédent mandat du président Lula a été marqué par plusieurs avancées importantes. En novembre 2024, les deux pays ont officiellement établi leur partenariat stratégique. Puis, en mars 2025, à l’occasion de la visite d’État du chef de l’État brésilien au Vietnam, ils ont signé un Plan d’action pour la mise en œuvre de ce partenariat sur la période 2025-2030, définissant leurs principaux axes de coopération.
Les échanges économiques et commerciaux figurent parmi les domaines ayant enregistré les progrès les plus significatifs.
Le commerce bilatéral, qui représentait environ 534 millions de dollars en 2008, a atteint près de huit milliards de dollars en 2025. Le Brésil est aujourd’hui le premier partenaire commercial du Vietnam en Amérique latine, tandis que le Vietnam constitue un partenaire économique important du Brésil en Asie du Sud-Est.
Les échanges entre les deux économies reposent sur une forte complémentarité.
Le Vietnam exporte vers le Brésil des produits électroniques, des machines, des chaussures, des textiles et des produits de la mer. En retour, il importe notamment des produits agricoles, des matières premières industrielles et des biens nécessaires à sa production.
L’ouverture réciproque des marchés aux produits agricoles et alimentaires offre également de nouvelles perspectives aux entreprises des deux pays et facilite l’accès de leurs marchandises aux consommateurs.
Hanoï et Brasília se sont fixé pour objectif de porter leurs échanges commerciaux à 15 milliards de dollars d’ici 2030.
Pour y parvenir, les deux partenaires devront poursuivre leurs efforts afin de lever les obstacles au commerce, d’élargir l’accès à leurs marchés respectifs et de renforcer les liens entre leurs entreprises.
Dans cette perspective, l’annonce, en décembre 2025, de l’ouverture de négociations en vue d’un accord commercial préférentiel entre le Vietnam et le Marché commun du Sud (Mercosur) constitue une étape importante vers un approfondissement de la coopération économique avec l’Amérique du Sud.
Au-delà des échanges commerciaux, le Vietnam et le Brésil disposent d’autres domaines de coopération répondant à leurs priorités respectives de développement.
Les énergies renouvelables, les biocarburants, la transformation numérique, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique figurent ainsi parmi les secteurs identifiés dans les accords bilatéraux et les orientations communes.
Les cadres institutionnels de cette coopération sont désormais établis. L’enjeu consiste à présent à assurer la mise en œuvre effective des engagements, à résoudre les difficultés concrètes et à transformer les objectifs annoncés en résultats tangibles, au service du développement des deux pays.
Les associations d’amitié, des passerelles entre les deux peuples
Les échanges entre les populations occupent une place importante dans les relations vietnamo-brésiliennes.
Le Plan d’action 2025-2030 inscrit l’éducation, la culture, le sport, le tourisme et la diplomatie populaire parmi les six piliers de la coopération bilatérale.
Cette orientation offre aux organisations d’amitié des deux pays un cadre propice au développement de nouvelles initiatives et au renforcement des liens entre les communautés et les organisations de la société civile.
Séparés par une importante distance géographique, le Vietnam et le Brésil présentent également des différences linguistiques et culturelles. Les possibilités de rencontres directes et de découverte mutuelle entre leurs populations demeurent donc relativement limitées.
Dans ce contexte, les initiatives culturelles et les échanges entre citoyens peuvent contribuer à rapprocher les deux sociétés et à favoriser une meilleure connaissance réciproque.
Ces dernières années, l’Association d’amitié et de coopération Vietnam–Brésil et l’Association d’amitié Brésil–Vietnam ont participé à diverses initiatives visant à renforcer les liens entre les populations des deux pays.
Pour la prochaine étape, les deux associations gagneraient à maintenir une coordination étroite et à privilégier des programmes d’échanges adaptés aux réalités et aux besoins de chaque partenaire.
La culture constitue à cet égard un domaine particulièrement prometteur.
Rencontres littéraires, expositions, échanges artistiques, concerts, manifestations autour du football ou découvertes gastronomiques : autant d’occasions de permettre aux publics vietnamien et brésilien de mieux connaître leurs modes de vie respectifs.
Ces manifestations peuvent également contribuer à promouvoir le tourisme, à valoriser les produits nationaux et à multiplier les possibilités de coopération entre institutions et entreprises.
Dans les domaines de l’éducation et de la jeunesse, les deux associations pourraient renforcer les liens entre établissements de formation et favoriser les échanges d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants et de délégations de jeunes.
De telles rencontres permettraient aux nouvelles générations d’approfondir leur connaissance mutuelle, tout en nouant des relations susceptibles de s’inscrire dans la durée.
Un autre défi mérite une attention particulière : le manque d’informations accessibles sur chacun des deux pays.
Une coopération renforcée entre les médias, les établissements d’enseignement et les institutions culturelles pourrait contribuer à combler ce déficit.
La diffusion de contenus en vietnamien et en portugais apparaît notamment essentielle pour permettre aux citoyens des deux pays de mieux comprendre leurs réalités politiques, économiques, sociales et culturelles respectives.
Fort de mon expérience diplomatique au Brésil et de plusieurs années consacrées au suivi des relations bilatérales, je suis convaincu que les associations d’amitié peuvent jouer un rôle encore plus actif dans la mise en relation des institutions et des communautés des deux pays.
À court terme, il conviendrait de privilégier les programmes susceptibles d’être organisés régulièrement et de favoriser la participation directe des citoyens, en particulier des jeunes.
C’est aussi par cette approche que les échanges entre les peuples pourront apporter une contribution concrète à la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du partenariat stratégique Vietnam–Brésil.
Nguyen Thac Dinh
Ancien ambassadeur du Vietnam au Brésil et membre du Comité exécutif de l’Association d’amitié et de coopération Vietnam–Brésil.