Le Vietnam et Cuba partagent des similitudes des événements importants, qui ont non seulement changé le destin de leur pays, mais aussi inspiré le soulèvement des peuples opprimés dans le monde.
Dans les années 50 du siècle dernier, avec le flux irréversible de la lutte contre le colonialisme pour la libération nationale, le Vietnam a récolté une victoire qui résonnait dans le monde entier, celle de Diên Biên Phu en 1954. Alors que pour sa part, le peuple cubain a remporté le triomphe du 1er janvier 1959, l'un des événements les plus influents en Amérique latine au XXe siècle qui a changé le paysage politique de cette région.
Peu de temps après sa révolution réussie, le 2 décembre 1960, la République de Cuba est devenue le premier pays de l'hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la République démocratique du Vietnam. Cette étape importante dans les relations bilatérales a revêtu une importance particulière pour le jeune gouvernement vietnamien, en particulier lorsque Cuba a surmonté la distance géographique et les circonstances difficiles pour se tenir côte à côte et aider le peuple vietnamien en tant qu'ami sincère et partenaire fiable.
Durant la guerre de résistance du Vietnam contre les États-Unis pour sauver le pays, Cuba a toujours été à l’avant-garde du mouvement international qui soutenait le Vietnam. Il était également le premier État au monde à reconnaître le Front de libération nationale du Vietnam et à accueillir une mission permanente du Front à La Havane en juillet 1962, ainsi qu’à nommer un ambassadeur, le seul envoyé étranger, auprès du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud-Vietnam en mars 1969.
Au début des années 1960, au milieu de la résurgence de la guerre d'invasion au Vietnam par les États-Unis ainsi que de la rupture des relations diplomatiques et de l'imposition de l'embargo économique et commercial contre Cuba, le Comité cubain de solidarité avec le Vietnam a été fondée sous la direction directe du commandant en chef Fidel Castro.
Grâce à cet organisme, la solidarité avec le pays d'Asie du Sud-Est s'est étendue aux écoles, aux hôpitaux, aux usines, aux chantiers de construction, aux forces armées et à l'ensemble du peuple cubain, devenant un grand mouvement à l'échelle nationale avec le slogan « Tout pour le Vietnam ». Il n'y a aucun autre pays au monde comme Cuba qui possède des milliers d'usines, d'écoles et de quartiers portant le nom de héros vietnamiens dans la lutte contre les États-Unis.
En tant que chef du Parti communiste et de l'État cubain, Fidel Castro a également marché avec tout le peuple pour montrer sa solidarité avec ce pays frère. En plus de sa phrase bien connue « Pour le Vietnam, nous sommes prêts à verser notre propre sang », Fidel a fait de ses voyages à l'étranger des campagnes pour exhorter les gouvernements et les peuples du monde à soutenir la résistance du Vietnam contre l'invasion américaine. Le 16 septembre 1973, le chef révolutionnaire cubain est devenu le premier et le seul chef d’État étranger à visiter la zone de libération de Quang Tri.
Les Vietnamiens n'oublieront jamais les fonctionnaires, experts et travailleurs cubains qui sont venus pendant la guerre, pour résister avec le peuple vietnamien aux bombardements dans le port de Hai Phong et construire la route de Truong Son, l'hôpital de l'amitié de Dông Hoi et l’Hôtel Thang Loi, entre autres. Les travaux réalisés avec l'aide de Cuba étaient de précieux cadeaux et des témoignages de l'affection particulière du peuple cubain malgré le fait que ce pays dût également faire face à de nombreuses difficultés et eût besoin d'une aide étrangère.
En plus d'accompagner le Vietnam pendant les années difficiles de la guerre, La Havane se trouvait toujours côte à côte avec Hanoï dans la cause de la construction et du développement national, face au siège, à l'isolement, à l'embargo et au sabotage contre le Vietnam dans l'après-guerre.
Cuba a joué un rôle très important dans la mobilisation des pays d'Amérique latine pour soutenir le Vietnam à rejoindre les Nations Unies, lors de la 32e session de l'Assemblée générale de la plus grande organisation internationale en 1977.
Dans la nouvelle étape révolutionnaire de chaque pays, le Vietnam continue d'accomplir des réalisations importantes dans le processus de renouveau et d'intégration internationale, tandis que Cuba continue de travailler à la construction et au développement du pays.
Cuba fait toujours face à de nombreux obstacles. C'est pourquoi le Vietnam est convaincu que la solidarité, le soutien et la coopération avec ce pays frère constitue un principe et un ordre du cœur de tous les Vietnamiens, qui s’imprègnent toujours de la tradition « quand on boit de l'eau, souvenez-vous de la source » et de la fidélité vis-à-vis des amis.
Malgré des hauts et des bas de l'histoire, aujourd'hui, les deux pays font face à de nouvelles opportunités et à de nouveaux défis. Les liens bilatéraux de solidarité traditionnelle et de coopération intégrale se renforcent sans cesse dans tous les domaines.
À titre d'exemple, citons plusieurs visites de délégations du Parti communiste et de l'État du Vietnam, ainsi que de ministères et de secteurs, à Cuba ces dernières années, dont celle effectuée par le Secrétaire général du Parti et Président d'État, Nguyên Phu Trong. D'autre part, des dirigeants de haut niveau du pays insulaire se sont également rendus à Hanoi, notamment celle du Président Miguel Díaz-Canel.
Ce sont des occasions où les dirigeants des Partis et des États des deux pays évaluent le progrès des relations bilatérales et analysent les nouvelles orientations, en vue d'approfondir la solidarité traditionnelle entre les deux Partis, États et peuples, pour le bien et le destin des deux nations.
Le Vietnam et Cuba ont tous les éléments à cultiver et continuent de renforcer leurs liens. Les deux pays sont conscients de l'opportunité et doivent se tenir côte à côte dans les enceintes internationales, pour défendre les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et du droit international, ainsi que les droits et intérêts des petits pays dans le contexte de complexité géopolitique et de menace d'intervention et d'imposition de grandes puissances.
Le Vietnam est dans une période d'intégration élargie dans le monde avec la signature de nombreux accords de libre-échange de nouvelle génération. Pour sa part, Cuba se consacre à la mise à jour de son modèle de développement économique, en consultant les expériences du Vietnam et d'autres pays pour son processus. Les deux États sont considérés comme des partenaires importants dans le secteur économique. Cuba a choisi le Vietnam comme premier partenaire en Asie avec lequel il a examiné, négocié et signé un nouvel accord commercial. Ce document, signé en novembre 2018, a remplacé un pacte entre les deux gouvernements conclu en 1996.
Les deux pays ont également mis en œuvre l'agenda économique bilatéral à moyen terme au cours de la période 2014-2019 et se préparent à signer celui pour la prochaine période de cinq ans. Selon les données publiées en 2018, le Vietnam est devenu le deuxième partenaire commercial de Cuba en Asie et en Océanie, et également le principal fournisseur de riz de Cuba. Dans le même temps, il a soutenu Cuba dans la production de riz pour garantir sa sécurité alimentaire.
L'an 2020 qui marque le 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et Cuba, le Vietnam est fier de la cause révolutionnaire des deux peuples, ainsi que de la solidarité et de la fidélité entre les deux Partis et les deux États. Plus ils se sentiront fiers, plus forte sera la confiance dans le brillant avenir de chaque pays et les liens spéciaux que leurs Partis et leurs peuples ont chéri au cours des six dernières décennies. Ensemble, ils font confiance à la vitalité intense du slogan qui les a accompagnés et revigorés : le Vietnam et Cuba : solidarité pour le victoire!
Bùi Thanh Son, vice-ministre permanent des Affaires étrangères du Vietnam