À l’occasion du 136e anniversaire de la naissance du Président Hô Chi Minh et du 115e anniversaire de son départ pour chercher une voie de salut national, le Dr Anatoly Sokolov, de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, revient sur l’influence décisive de la Russie soviétique dans la formation politique et humaniste du leader vietnamien, qui y forgea sa vision d’un Vietnam libre, juste et indépendant.
Pour comprendre le parcours de Hô Chi Minh, il faut rappeler le mouvement Dong Du au Vietnam, qui n’a pas atteint les résultats escomptés.
Tirant les leçons de ses prédécesseurs, le jeune Văn Ba, futur Hô Chi Minh, comprit qu’il devait observer directement le mode de vie et les pratiques des peuples étrangers afin de trouver une voie capable de transformer son pays.
Il voyagea ainsi en Afrique, en Amérique puis en Europe, où il rencontra des révolutionnaires vietnamiens, collabora à plusieurs journaux et rejoignit des organisations communistes.
Sur les conseils de ses camarades, il décida ensuite de se rendre en Russie soviétique, attiré par le succès de la Révolution d’Octobre et désireux d’en constater lui-même les réalisations.
En 1923, Hô Chi Minh arriva à Pétrograd, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, où il entama une période d’intense activité politique.
En Russie soviétique, il forgea sa vision d’un Vietnam libre et juste, tout en acquérant une expérience précieuse dans l’organisation des masses et l’action révolutionnaire.
Ces acquis jouèrent un rôle déterminant dans le succès de la Révolution d’Août 1945 et la proclamation de la République démocratique du Vietnam, premier État démocratique populaire d’Asie du Sud-Est.
Cette victoire exerça ensuite une influence considérable sur les peuples colonisés et stimula les mouvements de libération nationale à travers le monde.
Hô Chi Minh est également considéré comme l’un des premiers révolutionnaires vietnamiens à avoir établi des liens étroits avec la Russie soviétique, où il a contribué à former de nombreux patriotes vietnamiens, parmi lesquels Tran Phu, Le Hong Phong et Nguyen Thi Minh Khai, futurs dirigeants du pays.
Selon le Dr Sokolov, les chercheurs vietnamiens sont fiers de considérer la Russie comme le berceau ayant formé une élite politique vietnamienne.
Revenant sur l’héritage du Président Hô Chi Minh, le Dr Sokolov souligne que celui-ci fut un grand humaniste, dont toute la vie fut imprégnée de valeurs profondément humanistes.
Il insiste notamment sur l’importance particulière que le dirigeant vietnamien accordait à l’éducation.
Selon lui, ce n’est pas un hasard si l’un des premiers décrets de la République démocratique du Vietnam fut consacré à l’alphabétisation, car le Président Hô Chi Minh comprenait qu’un peuple instruit était en mesure de bâtir une société normale, juste et heureuse.
Ainsi, sa pensée repose avant tout sur l’humanisme, plaçant l’être humain et son bien-être au centre de ses priorités.