Photo d'illustration : VTV.
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Agir ensemble pour la paix en mer et le développement durable

En marge de la 18e Conférence scientifique internationale sur la Mer Orientale, tenue récemment à Hanoï, capitale vieetnamienne lors de leur interview accordée au journal The World and Vietnam Report, deux représentants du Timor-Leste ont partagé leurs points de vue sur les enjeux et perspectives maritimes.

Leurs analyses mettent en lumière deux approches complémentaires : d’une part, la promotion du dialogue et de la coopération entre les États et, d’autre part, le rôle des communautés locales dans la gestion des ressources et le développement de l’économie maritime.

Bien que leurs approches diffèrent, les deux intervenants partagent un objectif commun : préserver la paix et la stabilité tout en promouvant un développement durable conciliant les intérêts de toutes les parties.

Le dialogue, clé de la paix et de la stabilité

L’ambassadeur du Timor-Leste au Vietnam, João Pereira, a souligné que, en tant que nouveau membre de l’ASEAN, son pays s’engageait à contribuer activement à la paix et à la stabilité régionales, tout en étant pleinement conscient qu’il ne pouvait rester à l’écart des enjeux communs à la communauté de l’ASEAN.

Face à un contexte de sécurité maritime en Mer Orientale en constante évolution, l'ambassadeur João Pereira estime que le mécanisme de dialogue de l’ASEAN est la meilleure solution pour promouvoir le consensus et trouver des moyens de résoudre les désaccords entre les parties. Ceci est particulièrement important pour les questions maritimes complexes, notamment celles de la Mer Orientale.

Selon lui, en tant que membre de l'ASEAN, le Timor-Leste a la responsabilité de participer aux efforts conjoints visant à résoudre les différends entre les pays de la région, notamment les tensions en Mer Orientale et les autres crises maritimes susceptibles d'affecter l'ASEAN.

Par ailleurs, afin de promouvoir le dialogue, de renforcer la compréhension mutuelle et de développer la coopération en Mer Orientale, les pays doivent tirer parti des mécanismes de dialogue, échanger des points de vue et rechercher des solutions aux problèmes communs.

La participation des membres de l'ASEAN à ce processus est essentielle au maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales.

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L’ambassadeur du Timor-Leste au Vietnam, João Pereira. Photo : baoquocte.

Évoquant le rôle du Vietnam, l’ambassadeur João Pereira a souligné que le pays jouait un rôle actif dans la promotion du règlement des différends.

Il s’est également dit convaincu que le Vietnam disposait des capacités nécessaires pour se coordonner avec les autres États membres de l’ASEAN et les autres pays ayant des intérêts en Mer Orientale, afin de faire avancer le règlement des questions connexes.

Abordant les perspectives de coopération maritime entre le Timor-Leste et les pays de l’ASEAN, l’ambassadeur João Pereira a rappelé que, de par sa situation géographique, le Timor-Leste était étroitement lié à la mer et entouré par l’océan.

À ce titre, le pays a la responsabilité de travailler en étroite coordination avec les États membres de l’ASEAN afin de contribuer collectivement à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Asie du Sud-Est.

Placer les communautés locales au cœur du développement

Pour Therese Nguyen, docteure et enseignante de la Faculté des sciences sociales de l’Université nationale du Timor-Leste, les négociations et le règlement des questions maritimes ne se limitent pas aux échanges entre gouvernements.

Les organisations de la société civile et les mouvements sociaux ont également un rôle à jouer dans ces processus.

La chercheuse a par ailleurs souligné l’importance de respecter les autorités locales et le droit coutumier dans la gestion des ressources et le développement de l’économie maritime.

Selon elle, le Timor-Leste ne s’appuie pas uniquement sur le système juridique étatique, mais accorde également une place importante aux règles traditionnelles transmises de génération en génération au sein des communautés autochtones.

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Therese Nguyen, docteure et enseignante de la Faculté des sciences sociales de l’Université nationale du Timor-Leste. Photo : baoquocte.

Les populations locales sont souvent plus familières avec le droit coutumier qu’avec les réglementations officielles.

Il est donc essentiel d’articuler harmonieusement ces deux systèmes afin de permettre aux communautés de se reconnaître pleinement comme actrices de leur propre développement.

En tant que parties prenantes, les populations peuvent contribuer activement, exprimer leurs opinions, suivre et participer à la gestion des activités liées à leurs communautés.

C’est aussi un moyen de renforcer le lien entre les politiques de développement et les besoins concrets des populations.

La docteure Therese Nguyen cite notamment l’application du droit coutumier dans certaines zones de pêche au Timor-Leste.

Les règles élaborées par les communautés locales permettent de limiter la surexploitation des ressources, contribuant ainsi à la protection des ressources marines et des récifs coralliens.

Selon elle, le Timor-Leste possède des récifs coralliens remarquables par leur beauté et leur riche biodiversité dans la région Pacifique.

L’île d’Atauro attire notamment de nombreux visiteurs, en particulier les amateurs de plongée sous-marine. Sur place, les prestataires touristiques sont tenus de respecter les règles établies par les communautés locales.

Cette expérience montre que le développement de l’économie maritime doit aller de pair avec le respect des traditions et du droit coutumier local.

Avant de lancer des projets de développement, les autorités compétentes doivent consulter les communautés et recueillir l’avis des habitants sur les répercussions potentielles de ces initiatives sur leur vie quotidienne et leurs moyens de subsistance.

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Le respect des communautés, la consultation des populations et la préservation de leurs moyens de subsistance doivent ainsi constituer des éléments essentiels de toute stratégie de développement de l’économie maritime. Photo : danviet.

Elle a également cité l’exemple du projet d’extension du port de l’île d’Atauro. Avant sa mise en œuvre, une étude devrait être menée avec la participation des populations et en consultation avec les organisations concernées afin de déterminer l’impact de l’extension du port sur la communauté locale.

Par conséquent, le gouvernement doit prendre en compte l'avis de la population au lieu de fonder ses décisions uniquement sur des considérations de gestion ou de développement des infrastructures.

Par ailleurs, la docteure Therese Nguyen estime que la construction et l’extension des ports maritimes ne doivent pas être évaluées uniquement à l’aune de leur envergure ou de leur rentabilité économique globale.

L’enjeu essentiel est que les communautés locales puissent elles aussi bénéficier concrètement des retombées de ces projets.

Ainsi, une fois les ports mis en service, ceux-ci doivent générer des rentabilités économiques pour les populations et contribuer à améliorer leurs conditions de vie.

Les infrastructures portuaires et le transport maritime doivent faciliter les activités quotidiennes et productives des communautés, plutôt que de fragiliser leurs moyens de subsistance existants.

Elle met en garde contre les pressions concurrentielles que peuvent exercer les investisseurs et les entreprises extérieurs sur les populations locales.

Sans une prise en compte adéquate de leurs besoins, le processus de développement pourrait entraîner une perte d'opportunités économiques pour la communauté, voire sa marginalisation au sein même de son lieu de vie.

C’est pourquoi la docteure Therese Nguyen préconise une approche équilibrée, conciliant le développement des infrastructures et la préservation des intérêts des communautés locales.

L’objectif ne doit pas se limiter à construire des ports ou à attirer des investissements, mais aussi à permettre aux populations locales de prendre part au processus de développement et d’en partager les retombées.

Le respect des communautés, la consultation des populations et la préservation de leurs moyens de subsistance doivent ainsi constituer des éléments essentiels de toute stratégie de développement de l’économie maritime.

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