C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur des Philippines au Vietnam, Francisco Noel R. Fernandez III, dans une interview accordée au journal The gioi & Vietnam sur la gouvernance maritime, en marge du Forum maritime du Vietnam 2026, le 2 octobre.
Selon l’ambassadeur Francisco Noel R. Fernandez III, l’un des potentiels encore insuffisamment exploités des ressources et de l’environnement marins réside dans l’économie bleue. Si l’on observe l’économie de la plupart des pays, on constate que ceux-ci restent principalement tributaires des territoires terrestres.
Or, les ressources des océans et des mers sont bien plus importantes que celles dont disposent les pays sur leurs territoires terrestres. Ce n’est toutefois que récemment que les pays ont commencé à prendre pleinement conscience de ce potentiel.
Au sein de l’ASEAN, les pays ont élaboré un programme d’action en faveur de l’économie bleue. Il s’agit d’un domaine dans lequel les pays de l’ASEAN, dont les Philippines, le Vietnam et d’autres États, peuvent apprendre les uns des autres afin de renforcer leurs capacités de gestion des ressources marines et de mieux exploiter ces ressources au service du développement national.
L’ambassadeur des Philippines estime qu’il s’agit d’un domaine offrant un très grand potentiel de coopération, non seulement entre les Philippines et le Vietnam, mais aussi entre les pays de l’ASEAN. Il est important de souligner que les Philippines, le Vietnam et de nombreux autres pays de la région disposent tous de scientifiques marins hautement qualifiés. Ces ressources humaines attendent d’être pleinement valorisées et, aujourd’hui, les gouvernements commencent également à exploiter progressivement cette riche ressource de connaissances.
Il est donc permis d’espérer que l’économie bleue jouera un rôle de plus en plus important dans le développement des Philippines, du Vietnam et de l’ensemble de la région.
Concernant le rôle des sciences et technologies dans la conciliation entre la préservation des écosystèmes et le développement de l’économie côtière, l’ambassadeur Francisco Noel R. Fernandez III estime qu’il faut reconnaître que la diplomatie scientifique n’est pas encore une priorité pour de nombreux pays. Il est toutefois impossible de gérer et d’exploiter les ressources marines sans comprendre les fondements scientifiques qui sous-tendent ces ressources.
L’ambassadeur a cité l’exemple des récifs coralliens et des îles coralliennes en Mer Orientale. D’un point de vue scientifique, on peut constater que ces écosystèmes sont interconnectés. Il ne s’agit pas de récifs coralliens ou d’îles isolés et séparés les uns des autres, mais d’un système de ressources interconnectées.
Selon l’ambassadeur, cela est extrêmement important, car il est impossible de gérer et de développer chaque zone maritime séparément sans tenir compte des liens entre ces différentes zones. La manière dont une zone est gérée ou développée peut également avoir des répercussions sur d’autres zones.
La science joue donc un rôle très important en fournissant des données objectives fondées sur les lois de la nature. Les gouvernements peuvent s’appuyer sur ces données pour élaborer un cadre global de politiques en matière de gestion et d’exploitation des océans et des mers.
À travers les interventions des conférenciers lors du Forum maritime du Vietnam 2026, l’ambassadeur Francisco Noel R. Fernandez III a constaté que le Vietnam était en train d’élaborer un cadre global visant à promouvoir l’utilisation et l’exploitation des ressources marines et océaniques. Cela est très important, car la science montre qu’aucune zone ne peut être considérée comme totalement indépendante des autres.
Concernant les mesures que le Vietnam devrait prendre pour trouver un équilibre entre développement économique, préservation de la nature et garantie de la vie écologique des communautés locales, l’ambassadeur des Philippines estime que ces trois domaines sont étroitement liés et indissociables. Il ne peut y avoir de développement sans une meilleure gestion des ressources. Lorsque les ressources sont mieux gérées, cela profite aux communautés locales.
Le gouvernement joue donc un rôle extrêmement important en fournissant des informations aux communautés côtières, afin qu’elles deviennent partie prenante des efforts de l’État visant à protéger et à gérer les ressources.
Aux Philippines, selon l’ambassadeur, le pays dispose d’un modèle de « science citoyenne » (community science), dans lequel la population est encouragée à participer au suivi et à la surveillance de l’environnement marin.
En effet, ce sont les communautés elles-mêmes qui vivent directement sur ces territoires. Le gouvernement ne peut pas affecter des scientifiques à chacune des différentes communautés côtières. Il faut donc valoriser le rôle des communautés elles-mêmes, afin qu’elles participent à ce travail et soutiennent le gouvernement.
Toutefois, les communautés ne peuvent assumer efficacement ce rôle que si elles comprennent clairement l’importance du suivi et de la surveillance. Le gouvernement a la responsabilité de leur fournir une vision globale des ressources, afin de leur permettre de comprendre l’importance de la protection et de la gestion de ces ressources.
Le matin du 2 octobre, l’Académie diplomatique du Vietnam (ministère des Affaires étrangères) a organisé, à Hanoï, le Forum maritime du Vietnam 2026, placé sous le thème « Coopération et intégration internationale pour faire du Vietnam une nation maritime forte ».
Le Forum s’est concentré sur les échanges et les recommandations concernant les orientations et solutions de coopération visant à mettre en œuvre la Résolution no 20-NQ/TW sur la construction et le développement du Vietnam en tant que nation maritime forte, ainsi qu’à transformer le potentiel maritime en ressources au service d’un développement concret et durable.