Ces dernières années, l’industrie vietnamienne des matériaux s’est progressivement développée, répondant pour l’essentiel aux besoins de l’économie en divers matériaux et matières premières.
La recherche et la production de certains matériaux nouveaux, écologiques et recyclés ont également débuté, confirmant progressivement le rôle de l’industrie des matériaux comme secteur industriel fondamental et stratégique pour l’industrialisation et la modernisation du pays.
Cependant, son développement reste en deçà de son potentiel et de ses atouts. Le secteur présente encore des limites en matière de transformation en profondeur, de maîtrise des technologies clés et de recyclage.
La production reste fortement axée sur l’exploitation des ressources, consomme beaucoup d’énergie, génère une faible valeur ajoutée et entraîne d’importantes émissions et pollutions.
La structure des produits demeure déséquilibrée ; le pays dépend fortement des importations pour les matériaux de haute qualité, de haute technologie et spécialisés.
Il ne dispose pas encore d’entreprises capables de jouer un rôle moteur dans les chaînes de valeur. Le gaspillage des ressources et des minerais reste important, tandis que des violations de la législation dans leur exploitation persistent.
Afin d’accélérer le développement rapide et durable de ce secteur, la Conclusion n° 83-KL/TW exige de considérer l’industrie des matériaux comme une industrie fondamentale, déterminante pour l’autonomie stratégique, la compétitivité nationale et la maîtrise des technologies clés.
Le développement de cette industrie doit être considéré comme une mission stratégique nationale, contribuant à bâtir une économie indépendante, autonome et résiliente. Il doit être ciblé et priorisé, en passant de l’exploitation des atouts en ressources à la maîtrise des technologies, d’un développement extensif à un développement en profondeur, et d’une simple participation aux chaînes d’approvisionnement à la maîtrise progressive des segments à forte valeur ajoutée. La gestion des minerais stratégiques doit couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, avec une réduction maximale des exportations de minerais bruts et une utilisation économe, efficace et durable des ressources.
Une priorité consiste à perfectionner les institutions, la législation, la planification et les stratégies de développement. En 2026, il faut élaborer et promulguer la Stratégie nationale de développement de l’industrie des matériaux à l’horizon 2030, avec une vision à l’horizon 2045, ainsi qu’étudier la mise en place d’un mécanisme national de coordination unifié.
Les plans liés à l’industrie des matériaux devront être harmonisés avec le Plan directeur national, les plans sectoriels, régionaux et provinciaux. Il faut également constituer des chaînes industrielles intégrées, notamment dans les domaines des terres rares, des matériaux pour batteries, des aimants, de l’électronique, des semi-conducteurs, de l’aluminium, de l’acier, du titane, des métaux non ferreux, des matériaux chimiques, des engrais, du carbone et des matériaux à double usage.
La Conclusion n° 83-KL/TW fixe plusieurs objectifs : d’ici 2027, constituer une base de données nationale sur l’industrie des matériaux et achever l’interconnexion des données géologiques et minières ; d’ici 2028, créer au moins trois à cinq centres nationaux de recherche sur les matériaux ; d’ici 2030, maîtriser certaines technologies de transformation en profondeur des terres rares, ainsi que des technologies relatives aux matériaux pour semi-conducteurs et batteries, et porter à 50 % le taux de localisation de certains matériaux stratégiques. Les réserves nationales de matériaux et de minerais essentiels seront également renforcées afin de garantir la sécurité des chaînes d’approvisionnement et de réduire la dépendance aux importations.
L’industrie des matériaux sera développée autour de trois groupes : matériaux de base, matériaux stratégiques et matériaux du futur. Pour les matériaux de base, il convient de préserver les capacités de production, de stabiliser l’approvisionnement, d’améliorer la qualité, l’efficacité et la compétitivité, tout en modernisant les installations et en développant des chaînes d’approvisionnement stables.
Pour les matériaux stratégiques, il faut mobiliser efficacement les ressources publiques et attirer davantage les investissements privés et étrangers afin d’acquérir progressivement la maîtrise des technologies et des chaînes d’approvisionnement. Pour les matériaux du futur, il faut anticiper les recherches, maîtriser les sciences et technologies fondamentales et commercialiser progressivement de nouveaux matériaux tels que les nanomatériaux, les matériaux bidimensionnels, quantiques, biologiques, intelligents, autoréparants, supraconducteurs et autres matériaux avancés.
Les sciences, les technologies, l’innovation, la transformation numérique et les ressources humaines hautement qualifiées sont définies comme les principaux moteurs du secteur. Le modèle de développement repose sur le principe : « État facilitateur – entreprise au centre – instituts et universités comme fondement – collectivités locales comme espace de mise en œuvre ».
L’État perfectionne les institutions et investit dans les infrastructures de recherche ; les entreprises sont au cœur de l’innovation et de la commercialisation des technologies ; les instituts et universités assurent la recherche, la formation et le transfert de connaissances ; les collectivités locales organisent la mise en œuvre en fonction de leurs plans et de leurs atouts. Il convient également d’accélérer l’application de l’intelligence artificielle, du big data, du calcul haute performance et des technologies numériques, de créer des cartes numériques des ressources, des chaînes de valeur et d’approvisionnement, ainsi que de former et d’attirer des experts et des talents dans les domaines stratégiques.
Le secteur doit également engager une transformation globale vers un modèle vert et durable, économe en ressources et en énergie et à faibles émissions, tout en encourageant les matériaux respectueux de l’environnement, de substitution et recyclés. Les installations utilisant des technologies obsolètes, sources de gaspillage des ressources et de pollution, devront être résolument éliminées. Les inspections, contrôles et activités de surveillance s’appuieront davantage sur les technologies numériques et les données satellitaires, tandis que les violations de la loi, la corruption, le gaspillage, les pratiques négatives et les intérêts de groupes dans la gestion, l’exploitation et l’utilisation des ressources seront sévèrement sanctionnés.
Enfin, il faut renforcer la coopération et l’intégration internationales, d’attirer de grands projets, des technologies de pointe et des groupes de premier plan à l’échelle mondiale, en liant les incitations à des exigences en matière de coopération avec les entreprises nationales, de formation, de transfert de technologies et d’augmentation du taux de localisation.
S’agissant de la mise en œuvre, le Bureau politique charge le Comité du Parti de l’Assemblée nationale de coordonner avec le Comité du Parti du gouvernement afin de perfectionner la législation.
Le Comité du Parti du gouvernement élaborera un programme d’action et promulguera, au quatrième trimestre 2026, la Stratégie nationale de développement de l’industrie des matériaux à l’horizon 2030, avec une vision à l’horizon 2045.
Les comités et organisations du Parti à tous les niveaux élaboreront leurs programmes et plans de mise en œuvre. La Commission centrale de la propagande et de l’éducation du Parti organisera la communication et la diffusion de la Conclusion.
Le Front de la Patrie du Vietnam et les organisations sociopolitiques renforceront leurs activités de supervision et de critique. La Commission centrale des politiques et stratégies du Parti assurera le suivi, l’inspection et la supervision de la mise en œuvre et rendra périodiquement compte au Bureau politique.