Créer de nouveaux moteurs de croissance grâce à la technologie, à l’innovation et à la transformation numérique

Pour atteindre l’objectif d’une croissance élevée, le Vietnam doit créer de nouveaux moteurs de croissance fondés sur la technologie, l’innovation et la transformation numérique, tout en améliorant la productivité et la qualité des flux d’investissements directs étrangers (IDE).

Après 40 ans de Renouveau, le Vietnam a enregistré d’importantes avancées en matière de croissance, de revenus et de progrès social. Photo : baophutho.
Après 40 ans de Renouveau, le Vietnam a enregistré d’importantes avancées en matière de croissance, de revenus et de progrès social. Photo : baophutho.

Après 40 ans de Renouveau (Doi moi), le Vietnam a enregistré d’importantes avancées en matière de croissance, de revenus et de progrès social.

En marge du colloque scientifique national intitulé « Renouveler le modèle de développement du Vietnam pour répondre aux exigences du développement », organisé conjointement par le journal Nhân Dân (Le Peuple), la Revue communiste, l’Université nationale d’économie et l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, le professeur et docteur Ngo Thang Loi, enseignant-chercheur senior à l’Université nationale d’économie, estime que le Vietnam doit créer de nouveaux moteurs de croissance fondés sur la technologie, l’innovation et la transformation numérique, tout en améliorant la productivité et la qualité des flux d’investissements directs étrangers (IDE).

Après 40 ans de Renouveau, le Vietnam est devenu l’un des pays affichant les taux de croissance du PIB les plus élevés au monde.

Sur l’ensemble de cette période, le taux de croissance annuel moyen du PIB s’est établi à 6,4 %, soit près du double de la moyenne mondiale et nettement plus que celui de nombreux pays voisins.

En quarante ans, le Vietnam est passé du rang de l’une des économies les plus pauvres du monde à celui de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

Par ailleurs, le pays a enregistré des évolutions positives dans plusieurs dimensions du progrès social et humain, notamment en matière de développement humain et d’équité sociale dans la répartition des revenus.

Bien que le Vietnam affiche un rythme de croissance élevé, celui-ci n’a pas encore produit un effet de levier suffisamment puissant sur le progrès social et l’équité.

« Le Vietnam doit donc continuer à poursuivre l’objectif d’une croissance rapide. Mais la rapidité ne saurait être recherchée à n’importe quel prix : elle doit reposer sur de nouveaux moteurs de croissance, à savoir la technologie, l’innovation et la transformation numérique », estime le professeur Ngo Thang Loi.

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Le professeur et docteur Ngo Thang Loi, enseignant-chercheur senior à l’Université nationale d’économie. Photo : NDEL.

Selon lui, pour atteindre l’objectif d’une croissance élevée, le Vietnam doit relever quatre défis majeurs.

Premièrement, il faut accélérer la progression de la productivité globale des facteurs (PGF), ce qui consiste à accroître la contribution de l’efficacité dans l’utilisation du capital et du travail, ainsi que des avancées technologiques et de l’innovation, à la croissance du PIB.

Ces dernières années, la croissance de la PGF est demeurée très faible, ne représentant qu’environ un tiers du rythme de croissance moyen du PIB. Une accélération de la progression de la PGF permettrait donc de relever le rythme de croissance de l’ensemble de l’économie.

Deuxièmement, il convient de revoir l’approche en matière d’attraction des IDE. La croissance économique du Vietnam ces dernières années a largement reposé sur les IDE, mais ces flux de capitaux n'ont pas été de qualité optimale.

Il importe donc de passer d’une logique de promotion et d’attraction des IDE à une politique visant à favoriser l’investissement sur place des entreprises à capitaux étrangers déjà implantées au Vietnam.

Il ne s’agit pas de privilégier à tout prix le volume des IDE, mais plutôt de sélectionner des investisseurs stratégiques, de les fidéliser et de créer les conditions propices à la poursuite de leurs investissements au Vietnam.

Dans cette perspective, les entreprises à capitaux étrangers pourront transférer leurs technologies au Vietnam et renforcer leurs liens avec les entreprises nationales afin de favoriser un développement mutuellement bénéfique.

Troisièmement, pour le secteur privé, il faut renforcer les liens entre les différentes composantes de l’écosystème des entreprises privées.

Les grandes entreprises doivent notamment devenir de véritables locomotives, capables d’entraîner dans leur sillage les petites et moyennes entreprises, et surtout les petites et microentreprises, afin qu’elles puissent elles aussi participer au développement et en tirer parti.

Enfin, il convient de définir clairement les règles du jeu entre les trois secteurs de l’économie : le secteur public, le secteur privé et le secteur à capitaux étrangers.

Le secteur public doit véritablement jouer un rôle moteur et directeur ; le secteur privé doit être le principal moteur de la croissance ; tandis que le secteur à capitaux étrangers doit constituer une source essentielle de complément et de soutien au développement du Vietnam.

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