Créer un environnement favorable et connecter efficacement les ressources

Dans le contexte où la culture s’affirme comme fondement spirituel, une force interne et un moteur du développement durable de la nation, l’investissement dans ce domaine ne peut plus reposer uniquement sur les ressources de l’État.

« La Patrie dans le cœur » – un programme artistique politique organisé par le journal Nhân Dân. Photo : The Dai
« La Patrie dans le cœur » – un programme artistique politique organisé par le journal Nhân Dân. Photo : The Dai

L’essor des activités créatives, la demande croissante de consommation culturelle de la population, ainsi que le développement rapide des industries culturelles, contenus numériques, cinéma, design, mode ou arts du spectacle, exigent d’élargir la mobilisation des ressources de toute la société. L’objectif est de créer une force collective afin que la culture ne soit pas seulement préservée, mais devienne également un levier de développement socio-économique.

La Résolution 80 affirme clairement que l’investissement dans la culture constitue un investissement à long terme pour le développement durable du pays et pour l’avenir de la nation. L’un de ses points majeurs prévoit que les dépenses budgétaires consacrées à la culture atteignent au moins 2 % du budget total de l’État, avec une augmentation progressive selon les besoins réels.

Lors de la conférence nationale consacrée à l’étude et à la mise en œuvre de cette résolution le 25 février 2026, Trinh Van Quyet, membre du Bureau politique, secrétaire du Comité central du Parti et chef de la Commission centrale de la propagande et de la mobilisation des masses, a souligné que l’objectif de 1,8 % du budget pour la culture n’a pratiquement jamais été atteint ces dernières années, le niveau le plus élevé ayant à peine dépassé 1,7 %.

Porter ce taux à un minimum de 2 % constitue donc une avancée importante, témoignant de la détermination du Parti à donner la priorité à l’investissement culturel, tout en encourageant la mobilisation des ressources sociales afin de faire de la culture un pilier du développement.

Cependant, pour que la culture devienne réellement un pilier, il ne suffit pas de compter sur les ressources publiques. La Résolution 80 met également l’accent sur l’amélioration du marché culturel, des mécanismes financiers et des politiques fiscales, de crédit, foncières et d’investissement, ainsi que sur le développement des données et des infrastructures numériques pour la production, la distribution et la consommation des produits culturels. Elle encourage aussi les entreprises culturelles, les start-ups créatives et la création de clusters et zones industrielles créatives.

Cette orientation vise à activer les ressources de la société : l’État joue un rôle d’orientation et de régulation, tandis que la société apporte créativité et capitaux d’investissement, permettant à la culture de dépasser les contraintes budgétaires et de répondre aux besoins du marché.

Ces dernières années, la participation du secteur privé a démontré son potentiel dans le domaine culturel. De nombreuses entreprises ont investi de manière structurée dans la production cinématographique, l’organisation de spectacles de grande envergure, la création de plateformes de contenus numériques ou encore le développement d’espaces créatifs. Plusieurs films produits par des sociétés privées ont généré des recettes de plusieurs centaines de milliards de dôngs, attirant un large public national tout en promouvant l’image du Vietnam à l’international.

Dans le domaine des spectacles, des événements tels que le Monsoon Music Festival à Hanoï, le Festival international de musique de Hô Chi Minh-Ville (Hò Zô) ou encore de grands concerts organisés par des entreprises privées ont rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs. Ces initiatives contribuent à la formation d’un marché professionnel du spectacle vivant et à l’essor des industries culturelles.

Ces exemples illustrent non seulement l’efficacité de la mobilisation des ressources sociales, mais aussi la création de valeur économique. À l’échelle mondiale, l’économie créative est devenue un pilier de l’économie du savoir.

Selon l’UNESCO, l’économie créative représente environ 3 % du PIB mondial, génère des dizaines de millions d’emplois et constitue l’un des secteurs à la croissance la plus rapide. De nombreux pays ont réussi en développant des centres créatifs et des clusters culturels, combinant harmonieusement la préservation de l’identité nationale et la croissance économique.

Un rapport de la société Allied Market Research indique que le marché des événements K-pop était évalué à 8,1 milliards de dollars en 2021 et pourrait atteindre 20 milliards de dollars en 2031, avec un taux de croissance annuel moyen d’environ 7,3 % entre 2022 et 2031.

Au Vietnam, la participation du secteur privé contribue déjà à élargir le marché culturel et à stimuler la créativité. Selon la Stratégie de développement des industries culturelles à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, ce secteur devrait représenter 7 % du PIB d’ici 2030 et 9 % d’ici 2045.

Bien que les données officielles les plus récentes ne soient pas encore disponibles, la croissance visible dans des domaines comme le cinéma, la musique ou le design révèle un potentiel considérable. Les recettes du cinéma vietnamien ont atteint environ 3 650 milliards de dôngs, soit près du double de celles enregistrées en 2024 (environ 1 900 milliards de dôngs).

Ainsi, la Résolution 80 montre clairement que le développement et l’investissement culturels doivent être considérés comme une stratégie d’investissement à long terme pour le développement durable du pays.

Pour activer efficacement les ressources sociales, l’élément déterminant reste l’environnement institutionnel. Le professeur Ta Ngoc Tan souligne que la culture doit être étroitement liée aux institutions, aux mécanismes et aux politiques publiques.

Lorsque les politiques sont transparentes, encouragent la créativité et protègent les intérêts des acteurs concernés, les ressources sociales peuvent être mobilisées de manière plus dynamique, transformant la culture d’un domaine « consommateur de ressources » en un secteur capable de générer de la valeur économique.

Certaines barrières persistent toutefois : les politiques d’incitation pour les entreprises culturelles restent limitées, les partenariats public-privé (PPP) sont encore peu développés et les fonds de soutien à la création artistique demeurent modestes.

Les experts recommandent ainsi la mise en place d’un écosystème culturel et créatif complet, reliant artistes, entreprises, institutions de formation, établissements culturels, plateformes technologiques et public. Dans cet écosystème, les institutions culturelles publiques joueraient le rôle de noyau de connexion des ressources.

Le vice-ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme Ho An Phong a souligné la nécessité de politiques incitatives pour encourager les entreprises à participer au développement culturel, notamment à travers des avantages fiscaux, des fonds d’investissement à risque et des partenariats public-privé.

Selon les experts, activer les ressources pour l’investissement culturel ne consiste pas seulement à attirer des capitaux privés, mais aussi à créer un environnement favorable permettant aux différentes forces créatives de la société de se connecter et de coopérer.

Il est ainsi nécessaire de mettre en place des fonds d’investissement pour les industries culturelles, afin d’encourager les idées créatives à forte valeur ajoutée. Parallèlement, l’investissement dans l’éducation artistique, la formation des talents créatifs et l’application des technologies dans le domaine culturel sont également essentiels.

De nombreuses études montrent que ces éléments constituent des facteurs clés pour le développement de la culture dans le contexte actuel.

Mobiliser les ressources d’investissement pour la culture est donc une exigence urgente, conforme à l’esprit de la Résolution 80. L’État joue un rôle d’orientation et de régulation, tout en encourageant la participation de toute la société afin de créer une dynamique collective.

Lorsque les ressources culturelles sont mobilisées au bon moment et dans la bonne direction, la culture vietnamienne disposera de nouvelles conditions pour se développer fortement et contribuer concrètement à l’objectif de bâtir un pays prospère et heureux dans la nouvelle phase de développement.

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