Après quarante années de mise en œuvre de la politique de Renouveau (Đổi mới) initiée et conduite par le Parti communiste du Vietnam (PCV), le Vietnam a enregistré des réalisations considérables, porteuses d'une signification historique.
L'une des principales leçons tirées de cette expérience est que le PCV a résolument abandonné le subjectivisme volontariste et le dogmatisme, tout en demeurant fermement attaché à la voie du Renouveau, sur la base de l'application et du développement créatif du marxisme-léninisme et de la pensée de Hô Chi Minh, ainsi que de l'assimilation des valeurs les plus avancées et les plus progressistes de l'humanité et de l’époque.
L'innovation sans « changer de cap », sans dévier de la voie tracée
Dans son article intitulé « La lumière de Hô Chi Minh éclaire notre chemin », publié à l'occasion du 136e anniversaire de la naissance du Président Hô Chi Minh (19 mai 1890 – 19 mai 2026), le secrétaire général du PCV et président vietnamien, To Lam, a souligné : « Inspirés par l'esprit d'Hô Chi Minh, nous restons fidèles à nos objectifs, créatifs dans nos méthodes, pragmatiques dans nos actions et humanistes dans nos intentions. Nous plaçons le peuple au cœur de nos préoccupations et privilégions les intérêts nationaux. »
Il a également insisté sur la nécessité d'être constant sans être conservateur, d'innover sans dévier de la voie choisie, de poursuivre un développement rapide mais durable, et de promouvoir une intégration internationale approfondie tout en préservant l'indépendance et l'autonomie nationales.
Quarante ans plus tôt, en 1986, le Vietnam était confronté à une situation extrêmement difficile : le PIB par habitant ne s'élevait qu'à 74 dollars américains, parmi les plus faibles au monde ; le pays faisait face à une hyperinflation, à des pénuries alimentaires généralisées, à un isolement provoqué par l'embargo total imposé par les pays occidentaux, tandis que l'aide en provenance de l'Union soviétique diminuait progressivement.
Le pays se trouvait alors au seuil d'une crise socio-économique profonde et systémique.
Face à ce contexte historique particulièrement éprouvant, le VIe Congrès national du PCV, tenu en 1986, porta un jugement lucide et opportun : « Regarder la vérité en face, d'évaluer correctement la réalité et de dire clairement la vérité ».
Notre Parti eut le courage de reconnaître les erreurs du système d'économie planifiée centralisée et de subventions administratives, et décida d'engager le développement d'une économie de marché à orientation socialiste, de s’ouvrir aux investissements étrangers, d’abolir le système de subventions administratives et de promouvoir une économie aux composantes diversifiées.
Cette décision fut à la fois audacieuse et visionnaire, d'autant plus qu'elle fut prise alors même que les pays socialistes d'Europe entraient dans une phase de crise profonde.
Les résultats obtenus après quarante années de mise en œuvre de la politique de Renouveau constituent la démonstration la plus éloquente de la justesse du choix stratégique opéré en 1986.
Le Rapport politique présenté au XIVe Congrès national du PCV souligne que la croissance économique au cours de la période 2021-2025 a atteint en moyenne 6,2 % par an, plaçant le Vietnam parmi les économies les plus dynamiques de la région et du monde ; le PIB national a dépassé 514 milliards de dollars en 2025, soit 1,48 fois le niveau enregistré en 2020 ; l'indice de développement humain (IDH) a atteint 0,766, plaçant le Vietnam parmi les pays à développement humain élevé ; l'indice du bonheur en 2025 le classe au 46e rang sur 143 pays, soit un gain de 33 places par rapport à 2021.
Par rapport à 1986, le PIB du Vietnam est passé de 4,5 milliards à plus de 514 milliards de dollars, soit une multiplication par plus de 114 ; le PIB par habitant est passé de 74 dollars à 5 026 dollars, soit une progression de près de 68 fois.
Ces chiffres ne constituent pas des résultats purement statistiques, mais témoignent du parcours d'une nation autrefois classée parmi les plus pauvres du monde, qui entre aujourd'hui dans une nouvelle ère de développement avec l'ambition de devenir un pays développé à l'horizon 2045.
La fermeté idéologique n'a rien à voir avec le dogmatisme idéologique
La fermeté idéologique, dans son acception véritable, signifie la fidélité aux principes scientifiques fondamentaux : l'objectif d'émancipation humaine, l'orientation socialiste et le service des intérêts des travailleurs et du peuple.
Karl Marx a très tôt averti que sa doctrine n'était pas un « dogme mais un guide pour l'action », ce qui signifie qu'elle doit toujours être appliquée à partir de la réalité concrète, et non que la réalité doit être artificiellement adaptée au cadre de la théorie.
Pour le dire de façon figurative : la fermeté idéologique consiste à préserver la flamme de l'idéal ; le dogmatisme, en revanche, consiste à s'enfermer dans une maison en ruine et à refuser de la reconstruire par peur d'éteindre cette flamme, alors même que c'est précisément la dégradation de la maison qui menace de l'éteindre.
Le rapport de synthèse sur les quarante années de Renouveau, présenté au XIVe Congrès national du PCV, a approfondi cette distinction en affirmant que l'évolution de la pensée théorique du Parti au cours des quarante dernières années résulte d'un processus continu d'enrichissement et de perfectionnement de la théorie à partir de la pratique vivante, et non d'une simple répétition des textes classiques.
Il s'agit là de la plus haute expression de la véritable fermeté idéologique : être fidèle à la méthodologie scientifique du marxisme-léninisme, et non à la lettre de chacune des œuvres classiques.
Le PCV a très tôt identifié les manifestations de la pensée dogmatique et a mené une lutte résolue contre celles-ci.
Le Rapport politique présenté au XIVe Congrès national du PCV souligne ainsi que « le travail visant à prévenir et à repousser la dégradation de l'idéologie politique, de la morale, du mode de vie, ainsi que les phénomènes d'“auto-évolution” et d'“auto-transformation” au sein du Parti, a obtenu des résultats positifs significatifs ».
Cette évaluation reflète également les efforts constants menés pour combattre le dogmatisme et les dérives idéologiques au sein même du Parti.
Face à un contexte international marqué par des évolutions complexes et imprévisibles, il est plus que jamais nécessaire d'assimiler profondément et d'appliquer avec rigueur et cohérence les « quatre principes de fermeté » en matière politique et idéologique, conformément à l'esprit de la Résolution du 2e Plénum du Comité central du XIVe mandat.
Ces quatre principes consistent à : demeurer fermement attaché au marxisme-léninisme et à la pensée de Hô Chi Minh, tout en les appliquant et en les développant de manière créative ; rester fidèle à l’objectif de l’indépendance nationale et du socialisme ; demeurer fidèle à la politique du Renouveau ; et défendre sans relâche les principes organisationnels et opérationnels du Parti afin de construire et de défendre fermement la République socialiste du Vietnam.
Dans cette nouvelle phase de développement, où se conjuguent opportunités et défis, le PCV doit plus que jamais préserver sa fermeté politique, sa lucidité et sa capacité d'action.
Le marxisme-léninisme et la pensée de Hô Chi Minh constituent la boussole idéologique qui guide l'action ; une boussole qu'il convient de tenir fermement, sans jamais la lâcher, mais dont l'utilisation exige également des dirigeants capables d'appréhender avec lucidité la réalité et les tendances du monde afin de choisir la voie la plus juste et la plus adaptée.
Telle est la véritable signification de la fermeté : non le dogmatisme.
C'est aussi la vérité, le principe qui affirme que le PCV demeure la seule force politique disposant de la mission historique, de la stature, de l'intelligence, des capacités, de la détermination et de la crédibilité nécessaires pour conduire la révolution vietnamienne vers la gloire et la victoire.