Hanoï fixe l'objectif de 30 % de déplacements en transports en commun pour réduire les embouteillages

Confrontée à une congestion croissante liée à l’essor rapide des véhicules individuels et à une urbanisation soutenue, Hanoï (capitale vietnamienne) multiplie les mesures pour fluidifier le trafic et moderniser ses infrastructures, avec l’ambition de résorber l’essentiel des embouteillages d’ici 2030.

La ligne de métro léger Cat Linh - Ha Dong. Photo : VNA.
La ligne de métro léger Cat Linh - Ha Dong. Photo : VNA.

Face à la forte augmentation des véhicules personnels et à l’afflux massif depuis les provinces voisines, Hanoï subit de graves embouteillages.

Ce fléau constitue un véritable obstacle au développement socio-économique de la capitale. Pour y remédier, la ville déploie continuellement des solutions coordonnées afin d’atténuer la congestion.

Selon le Département municipal de la Construction, Hanoï compte environ 8,8 millions d’habitants pour plus de 9,3 millions de véhicules, dont 86 % de motos.

La croissance annuelle du parc de véhicules, située entre 4 et 5 %, dépasse largement celle des infrastructures, limitée à seulement 0,35 %.

La proportion de terres allouées à la circulation n'atteint que 12,2 %, un chiffre nettement inférieur aux normes de planification, tandis que l'espace de stationnement plafonne à 0,65 %.

Cela provoque une surcharge chronique, exerçant une pression immense sur les infrastructures aux heures de pointe.

Le directeur adjoint dudit Département, Tran Huu Bao, affirme que la ville a élaboré un projet global (2025-2030) axé sur dix solutions durables.

Hanoï perfectionne ses mécanismes d'investissement, ajuste sa planification et accélère la construction des périphériques, des axes radiaux ainsi que des ponts.

L'objectif principal est d'achever 100 kilomètres de voies ferrées urbaines d'ici 2030, puis 301 kilomètres dans la phase suivante.

La capitale entend également développer fortement les transports publics pour couvrir au moins 30 % des déplacements d’ici 2030, tout en intégrant des technologies intelligentes.

Des études sont en cours pour limiter les véhicules personnels, instaurer des péages urbains, sanctionner l’empiétement sur les trottoirs et sécuriser les abords des écoles. Hanoï accélère par ailleurs les chantiers clés pour réduire les points de blocage.

Bien que l’optimisation des bus et des infrastructures existantes ait été bénéfique, l’urbanisation rapide impose de nouvelles mesures à court et long terme.

À court terme, la ville réorganise les intersections encombrées, interdit certains virages à gauche, répartit les véhicules par voie, synchronise les feux tricolores et déploie des minibus dans les ruelles étroites.

En parallèle, elle installe des caméras de surveillance et des panneaux électroniques.

À long terme, l’extension du réseau BRT et le modèle de Développement axé sur le transport en commun (Transit-Oriented Development – TOD) sont privilégiés.

L'expert Phan Le Binh recommande de réserver des voies aux bus et confirme que le périphérique 4 soulagera considérablement le trafic lourd.

Selon le Plan 383/KH-UBND du Comité municipal populaire de Hanoï, les terres dédiées au trafic devront atteindre 14 à 16 % et celles du stationnement 1 %.

Les transports en commun satisferont 30 à 35 % de la demande. La ville prévoit d'ouvrir jusqu'à 24 lignes de bus verts, d'achever neuf ponts fluviaux, dont Tu Lien, Ngoc Hoi, Tran Hung Dao, Thuong Cat, Hong Ha, Me So, Giang Bien, Le Chi et Van Phuc.

Hanoï finalisera l’ensemble de ses périphériques, rénovera les ponts affaiblis et éliminera 266 points de congestion potentiels ainsi que 29 points chroniques.

Chaque année, la ville s’emploie à traiter et à réduire d’au moins 20 % le nombre de points de congestion existants par rapport à l’année précédente, tout en évitant toute congestion de plus de 30 minutes.

Elle vise, d’ici à 2030, à résorber l’essentiel des points de congestion prolongée et sévère.

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