La diplomatie vietnamienne, de l'ouverture à l'accompagnement

Dans un environnement international en mutation rapide, la diplomatie vietnamienne entend transformer les relations et les opportunités de coopération en ressources et en résultats concrets au service du développement national.

Le Premier ministre Le Minh Hung et des délégués participant au séance plénière de la 33e Conférence diplomatique. Photo : VNA.
Le Premier ministre Le Minh Hung et des délégués participant au séance plénière de la 33e Conférence diplomatique. Photo : VNA.

Dans un monde en mutation rapide, la diplomatie ne consiste pas seulement à entretenir de bonnes relations.

Elle doit aussi permettre au pays de maintenir une position solide pour assurer son développement.

Cette position prend tout son sens lorsqu’elle se traduit par des marchés, des capitaux, des technologies, des connaissances, de la confiance et des opportunités concrètes.

La 33e Conférence diplomatique et les récentes activités extérieures montrent que la diplomatie vietnamienne devient de plus en plus concrète.

Plus de 1.200 activités de promotion du commerce, de l’investissement et du tourisme, plus de 550 activités de mise en relation entre localités et une contribution à la conclusion d’environ 230 accords de coopération avec des partenaires internationaux en 2024 et 2025 :

Ces chiffres montrent que la diplomatie ne se limite plus aujourd’hui à ouvrir des portes ou à préparer le terrain, mais produit des résultats concrets.

Il peut s’agir d’un flux de capitaux, d’une nouvelle technologie, d’un nouveau marché ou d’une opportunité de coopération transformée en résultat concret.

Mais pour que ces opportunités profitent au pays et produisent pleinement leurs effets, un environnement de paix et de stabilité est avant tout indispensable.

Le Premier ministre Le Minh Hung s'exprime à la 33e Conférence diplomatique. Photo : VNA.
Le Premier ministre Le Minh Hung s'exprime à la 33e Conférence diplomatique. Photo : VNA.

C’est précisément cette base que la diplomatie vietnamienne contribue à construire depuis de nombreuses années.

Selon le Premier ministre Le Minh Hung, le secteur diplomatique a contribué à « créer un environnement extérieur favorable au développement », tout en mobilisant activement des ressources extérieures, en élargissant les marchés et en favorisant l’attraction des investissements, les sciences et technologies ainsi que l’innovation.

Préserver un environnement de paix ne consiste pas seulement à protéger les acquis.

Dans un monde marqué par les mutations et les incertitudes, cela suppose de consolider la confiance, d’élargir les relations, de gérer les désaccords, de renforcer la coopération et de créer de nouveaux points d’appui pour le pays.

Cette approche apparaît clairement au sein de l’ASEAN.

À l’occasion du 59e anniversaire de sa fondation, le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président vietnamien, To Lam, a réaffirmé que le Vietnam poursuivait avec constance une politique extérieure d’indépendance, d’autonomie, de résilience, de paix, d’amitié, de coopération et de développement, ainsi que de multilatéralisation et de diversification de ses relations extérieures.

Il a également souligné l’importance que le Vietnam accordait à ses relations avec l’ASEAN et ses pays membres, considérant l’organisation comme « une grande famille proche » et ses membres comme des voisins très proches, tout en exprimant le souhait de construire ensemble une Communauté de l’ASEAN unie, solide et puissante.

Le secrétaire général du Parti et président de la République, To Lam (à gauche), et le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, dévoilent le logo marquant le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Thaïlande, le 28 mai 2026. Photo : VNA.
Le secrétaire général du Parti et président de la République, To Lam (à gauche), et le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, dévoilent le logo marquant le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Thaïlande, le 28 mai 2026. Photo : VNA.

Sur cette base, les relations s’élargissent et s’étendent à des domaines de coopération plus concrets.

Avec la Thaïlande, les deux pays visent à porter rapidement leurs échanges commerciaux à 25 milliards de dollars, tout en renforçant la connectivité des infrastructures, la logistique et les liens entre entreprises et localités, ainsi qu’en élargissant la coopération dans les sciences et technologies, l’innovation et les échanges entre les peuples.

Les relations bilatérales s’inscrivent également dans les cadres plus larges de l’ASEAN et de la sous-région du Mékong.

Avec Singapour, la coopération offre une autre illustration concrète. Après 30 ans de développement, le modèle des parcs industriels Vietnam-Singapour (VSIP) est devenu un symbole de la coopération bilatérale.

L’ambassadeur de Singapour au Vietnam, Rajpal Singh, estime que ce modèle illustre la confiance politique et une coopération au bénéfice des deux pays.

Les deux parties souhaitent poursuivre l’expansion du réseau des VSIP, parallèlement au renouvellement du modèle de développement, et renforcer les investissements dans les hautes technologies, l’innovation, l’économie numérique, la transition verte et les infrastructures stratégiques.

Ainsi, de bonnes relations extérieures avec un pays doivent permettre de créer de nouvelles opportunités de coopération.

Lors de la 33e Conférence diplomatique, le Premier ministre Le Minh Hung a demandé au secteur diplomatique de passer résolument d’un rôle consistant à « ouvrir la voie » à celui d’accompagner les entreprises et les localités jusqu’à l’obtention de résultats.

La responsabilité ne doit pas s’arrêter à la signature d’accords, mais se poursuivre jusqu’à leur mise en œuvre, à l’octroi des licences aux projets, au décaissement des capitaux et à la mise en service effective des ouvrages.

Lancement de la première phase du projet de parc industriel Hai Long (VSIP Nam Dinh), dans la province de Ninh Binh. Photo : VNA.
Lancement de la première phase du projet de parc industriel Hai Long (VSIP Nam Dinh), dans la province de Ninh Binh. Photo : VNA.

Il s’agit d’une évolution notable dans la manière d’évaluer l’efficacité de l’action extérieure.

Dans cette même logique, la diplomatie ne doit pas seulement attirer des ressources, mais aussi, comme l’a demandé le Premier ministre, les transformer en résultats concrets.

Les investissements doivent être associés au transfert de technologies, à la formation des ressources humaines et au renforcement des capacités des entreprises nationales.

Une attention particulière doit également être accordée aux technologies clés et stratégiques, aux infrastructures stratégiques ainsi qu’à l’attraction des talents de la communauté vietnamienne à l’étranger et des talents internationaux.

La coopération entre le Vietnam et les États-Unis illustre cette orientation.

La coopération en matière de défense ne se limite pas au dialogue, à la formation ou au maintien de la paix, mais englobe également le règlement des conséquences de la guerre.

Le Vietnam souhaite que les États-Unis approuvent rapidement une enveloppe supplémentaire de 130 millions de dollars pour le projet de traitement de la contamination à la dioxine à l’aéroport de Bien Hoa, avec pour objectif de l’achever avant 2031.

Cette coopération, menée dans l’esprit de « laisser le passé derrière soi et de se tourner vers l’avenir », vise à offrir un environnement de vie sûr aux populations locales.

Dans le cadre des relations bilatérales, 14 grands groupes et entreprises américains des secteurs de l’industrie de défense et de sécurité, des technologies et de l’énergie ont travaillé avec le ministère vietnamien de la Sécurité publique.

Les domaines abordés concernent non seulement l’industrie de la sécurité et les technologies à double usage, mais aussi des technologies stratégiques telles que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, le cloud computing, les mégadonnées et la cybersécurité.

La diplomatie ouvre ainsi de nouvelles portes vers des domaines importants pour les capacités de développement et la puissance nationale.

Signature d’un accord portant sur une aide non remboursable américaine supplémentaire de 32 millions de dollars destinée à étendre le projet d'amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées dans les provinces fortement touchées par l’Agent Orange/dioxine. Photo : VNA.
Signature d’un accord portant sur une aide non remboursable américaine supplémentaire de 32 millions de dollars destinée à étendre le projet d'amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées dans les provinces fortement touchées par l’Agent Orange/dioxine. Photo : VNA.

Ces opportunités ne concernent pas seulement les grandes relations ou la coopération au niveau central.

À Lang Son, l’expérience de la gestion de la frontière avec le Guangxi (Chine) montre comment la diplomatie du Parti, la diplomatie populaire et la diplomatie économique peuvent être associés pour consolider une « ceinture de sécurité et de développement ».

Les Rencontres du début du printemps, les mécanismes de coopération avec le Guangxi et les jumelages entre villages des deux côtés de la frontière contribuent à renforcer la confiance tout en créant des conditions plus favorables aux échanges commerciaux.

À Huê, la diplomatie culturelle et la diplomatie patrimoniale sont considérées comme des ressources au service du développement.

La ville souhaite faire évoluer les échanges entre les peuples, au-delà des simples échanges d’amitié, vers une coopération créatrice de valeur concrète, faire des habitants des ambassadeurs culturels, recourir aux technologies numériques pour numériser le patrimoine et approfondir les liens avec l’UNESCO, les fonds de conservation, les institutions financières et les partenaires internationaux.

Ces exemples montrent que la diplomatie est de plus en plus étroitement liée au développement du pays et de chaque localité.

La diplomatie économique n’en constitue qu’une composante.

Les trois piliers de l’action extérieure – diplomatie du Parti, diplomatie d’État et diplomatie populaire – sont étroitement liés.

En Afrique, le Parti communiste du Vietnam a établi des relations officielles avec une quarantaine de partis politiques dans 24 pays, jouant un rôle clé dans la création d’une base politique favorable au développement des relations entre États et de la coopération économique.

En Chine, le canal des relations entre Partis joue le rôle d’« ancrage stratégique », tandis que des activités telles que la Journée culturelle du Vietnam en Chine, le Forum populaire Vietnam-Chine et les festivals populaires frontaliers continuent de consolider la base sociale des relations bilatérales.

Préserver la paix, élargir les relations, tirer parti des marchés, des capitaux, des technologies et des connaissances : tout cela vise, en définitive, à renforcer le pays.

La mission de la diplomatie ne consiste donc pas seulement à ouvrir la voie, mais aussi à travailler aux côtés des secteurs, des localités et des entreprises afin de transformer les opportunités créées en résultats concrets.

C’est ainsi que la diplomatie pourra véritablement contribuer au développement national.

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