L’athlétisme vietnamien accélère en vue des ASIAD 20

Après le succès aux SEA Games 33, l’athlétisme vietnamien continue d’affirmer sa position de leader en Asie du Sud-Est. Toutefois, l’écart avec les grandes puissances sportives asiatiques demeure un défi majeur.

L'équipe vietnamienne d'athlétisme s'entraîne en vue des compétitions internationales, avec pour objectif les ASIAD 20.
L'équipe vietnamienne d'athlétisme s'entraîne en vue des compétitions internationales, avec pour objectif les ASIAD 20.

Resserrement des indicateurs, priorité aux épreuves clés

L’équipe nationale regroupe actuellement 49 athlètes, qui s’entraînent à Hanoï et à Da Nang selon des programmes spécifiques adaptés à chaque spécialité. Pour les épreuves de demi-fond et de fond, l’accent est mis sur l’amélioration de la capacité à maintenir la vitesse sur toute la distance. En revanche, les disciplines de sprint et techniques exigent une précision quasi absolue dans chaque mouvement, du départ à l’accélération, jusqu’au maintien de la vitesse maximale.

L’athlète Nguyen Thi Oanh a déclaré : « Je suis entrée dans une phase de préparation physique et d’ajustement technique. Les ASIAD 20 (les 20èmes Jeux asiatiques) constituent un objectif majeur, je dois donc rester pleinement concentrée. »

Dans les épreuves de haies, Huynh Thi My Tien se concentre sur l’amélioration de la vitesse entre les obstacles afin de rehausser ses performances.

Les progrès techniques se manifestent également au sein de chaque groupe d’épreuves. La régularité de la foulée de Quach Thi Lan ou la capacité d’accélération de Tran Thi Nhi Yen témoignent d’une préparation minutieuse, tant sur le plan physique que psychologique.

Selon l’entraîneur Tran Van Sy, le programme de cette année est conçu pour renforcer l’endurance de vitesse : « Les SEA Games sont un succès notable, mais les ASIAD relèvent d’un tout autre niveau. Nous devons élever nos standards de performance si nous voulons rivaliser. »

De son côté, l’entraîneur Nguyen Manh Hieu souligne l’importance des moindres détails : « À l’échelle continentale, quelques centièmes de seconde peuvent faire toute la différence. Chaque départ, chaque phase d’accélération doit être optimisé au maximum. »

Un point notable est que les ASIAD 20 ne fixent pas de minima de qualification. Cette règle élargit les opportunités pour plusieurs pays, dont le Vietnam. Toutefois, le staff technique maintient ses propres critères exigeants. L’entraîneur Vu Ngoc Loi précise : « Les ASIAD sont une compétition extrêmement relevée. Nous examinerons attentivement les effectifs ; seuls les athlètes en meilleure forme auront leur chance. »

La sélection repose ainsi sur la qualité plutôt que sur le nombre. La liste définitive sera établie en fonction des performances internationales, de la régularité et de la capacité à répondre aux exigences d’entraînement. À noter également l’émergence de jeunes talents prometteurs, à l’image de Le Thi Cam Tu, 20 ans, qui a récemment battu le record du 200 m vieux de 15 ans détenu par la « reine de la vitesse » Vu Thi Huong, en remportant la médaille d’argent aux SEA Games 33, illustrant le potentiel de la relève.

Parallèlement à la préparation nationale, l’équipe met en œuvre des stages et compétitions internationales pour renforcer sa compétitivité. L’entraîneur Nguyen Manh Hieu indique : « Le staff a travaillé étroitement avec la discipline et la Fédération vietnamienne d’athlétisme pour définir des orientations précises pour chaque groupe. Les athlètes participeront à des stages à l’étranger et à des compétitions tout au long de l’année pour évaluer leur préparation. »

Dans cette perspective, les compétitions majeures incluent les Jeux asiatiques de plage fin avril, ainsi que les Championnats d’Asie en juin et juillet. Ces rendez-vous constituent des jalons essentiels pour évaluer l’efficacité de l’entraînement et ajuster les plans avant les ASIAD. Nguyen Manh Hieu ajoute : « Nous plaçons beaucoup d’espoir dans les athlètes féminines, notamment Nguyen Thi Oanh, médaillée de bronze du 3 000 m steeple aux ASIAD 2018. Nous espérons qu’elle saura exploiter son expérience et ses points forts. »

Objectif : des médailles

La Fédération vietnamienne d’athlétisme a fixé comme objectif de sélectionner des épreuves prioritaires en fonction du rapport de forces avec les principaux adversaires.

Nguyen Manh Hung, secrétaire général de la Fédération vietnamienne d’athlétisme et vice-président de la Fédération asiatique d’athlétisme, explique : « Bien que les organisateurs n’imposent pas de minima, nous appliquons nos propres critères. Seuls les athlètes capables d’atteindre une finale seront considérés pour les ASIAD. Nous évaluerons les niveaux pour identifier les disciplines compétitives et concentrerons les investissements en conséquence, notamment à travers des stages à l’étranger et la participation à des compétitions internationales. »

Selon lui, les athlètes engagés aux ASIAD doivent bénéficier d’une préparation de long terme, de quatre à six ans. Les athlètes expérimentés joueront un rôle central, tandis que les relais pourront combiner différentes forces tout en privilégiant la stabilité. En termes de préparation, la Fédération et le staff ont lancé leur plan dès le début de l’année, avec des stages à l’étranger et des compétitions internationales pour mesurer les progrès.

Évoquant les difficultés, Nguyen Manh Hung souligne : « Le principal problème aujourd’hui concerne le financement des programmes de stages et de compétitions internationales. Nous proposerons une liste de 35 à 40 athlètes capables d’atteindre une finale, mais la décision finale dépendra du plan global du secteur. »

Concernant le niveau asiatique, il ajoute : « La Chine, le Japon, l’Inde, le Qatar et Bahreïn sont des nations très fortes qui dominent largement le tableau des médailles. C’est un défi considérable pour les équipes d’Asie du Sud-Est. »

Les ASIAD 20 devraient comporter environ 50 épreuves d’athlétisme, dont certaines nouvelles comme la marche sur semi-marathon (21 km), le marathon (42 km) et le relais mixte 4x100 m. Cela ouvre de nouvelles opportunités, mais exige également une adaptation rapide des équipes.

Selon les prévisions, le Vietnam participera à environ 20 épreuves, en se concentrant sur celles offrant de réelles chances de performance. L’objectif est de viser des médailles, voire de décrocher l’or. Les résultats à ce niveau refléteront non seulement les compétences techniques, mais aussi la capacité d’adaptation de l’athlétisme vietnamien face aux exigences croissantes du sport continental.

Dans cette quête d’un objectif ambitieux, chaque séance d’entraînement et chaque compétition de préparation revêtent une importance particulière. Les ajustements en cours seront déterminants pour la capacité à franchir un cap en septembre prochain, lorsque l’athlétisme vietnamien entrera dans une compétition acharnée face aux meilleures équipes d’Asie.

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