Présentant le projet de 10e Plan national quinquennal de développement socio-économique pour la période 2026-2030 lors de la séance d'ouverture du XIIe Congrès national du Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL) le 6 janvier, le Premier ministre a indiqué que ce plan vise à permettre au pays de sortir durablement et de manière significative du statut de pays les moins avancés (PMA), tout en jetant les bases d'un développement à long terme.
Selon le Premier ministre laotien, le Laos n'a enregistré qu'une croissance économique moyenne de 4,24 % au cours des cinq dernières années, principalement en raison des répercussions de la pandémie de COVID-19, des pressions inflationnistes et de l'instabilité mondiale. Il a toutefois souligné que le pays était parvenu à éviter de sombrer dans la faillite.
Le 10e plan quinquennal s'articule autour du principe directeur suivant : « Renforcer la détermination en faveur d'un développement robuste, bâtir résolument une économie indépendante et autonome, exploiter pleinement tous les atouts et promouvoir un développement socio-économique rapide, vert et durable.» Afin de faire progresser les réformes, le gouvernement laotien a identifié trois mesures urgentes : accélérer la numérisation de l'administration publique, encourager l'autonomie des citoyens et renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Ce plan prévoit une croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut (PIB) du Laos d'au moins 6 %. Le PIB par habitant devrait atteindre 3 104 dollars d’ici 2030, tandis que le revenu national brut (RNB) par habitant devrait s’établir à 2 914 dollars.
En termes de structure économique, le secteur des services devrait être le principal moteur de croissance, avec une expansion estimée à 7,1 %, suivi par l’industrie (5,7 %) et l’agriculture (4,1 %). Afin de maintenir la stabilité macroéconomique, le gouvernement vise à contenir l’inflation en dessous de 5 % et à garantir des réserves de change suffisantes pour couvrir au moins cinq mois d’importations.
Le renforcement des finances publiques constitue une priorité absolue. Le gouvernement laotien s’est fixé pour objectif de ramener la dette publique à moins de 70 % du PIB sur la période quinquennale. Les recettes budgétaires devraient atteindre 554 400 milliards de LAK (plus de 26 milliards de dollars), soit environ 20,95 % du PIB, grâce à l’élargissement du recouvrement des impôts et taxes, notamment la taxe foncière, la taxe sur la construction et les taxes environnementales.
Le plan de développement pour la période 2026-2303 définit six objectifs stratégiques et 26 programmes clés couvrant le développement économique, le développement des ressources humaines, les moyens de subsistance, la protection de l'environnement, la connectivité et la réforme de l'administration publique.
Parmi les principaux objectifs sociaux figurent la réduction du taux de pauvreté à moins de 10 %, l'amélioration des conditions de vie en milieu rural et le renforcement de la qualité des services d'éducation et de santé. Les objectifs environnementaux visent à porter le taux de couverture forestière nationale à 70 % et à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 %, conformément aux principes de la croissance verte.
Par ailleurs, le plan privilégie le développement des infrastructures afin de renforcer la connectivité régionale et internationale, en mettant l'accent sur le développement des partenariats public-privé (PPP).
Revenant sur les cinq années précédentes, Sonexay Siphandone a reconnu que la qualité de la croissance économique restait limitée et que la dépréciation du kip continuait de poser des défis. Il a souligné la nécessité de réformes institutionnelles plus profondes et plus complètes pour garantir une croissance plus résiliente et durable dans les années à venir.