Après près d’un an de mise en œuvre, l’appareil administratif fonctionne de manière relativement stable malgré une charge de travail importante. Ce constat a été présenté lors d’un colloque scientifique organisé le 12 mai à Hanoï par l'Académie nationale de politique Hô Chi Minh, le Programme des Nations Unies pour le développement, ainsi que les ambassades d’Australie et d’Irlande.
Dans son discours d’ouverture, le professeur associé et docteur Nguyen Manh Hung, directeur adjoint de l’Académie nationale politique Hô Chi Minh et vice-président du Conseil théorique du Comité central du Parti, a souligné que le passage d’un système administratif à trois niveaux à un modèle à deux niveaux constituait une transformation profonde de la gouvernance publique.
Cette réforme modifie non seulement la répartition des compétences, des responsabilités et des ressources, mais également les modalités d’interaction entre les autorités et les citoyens.
Une enquête menée conjointement par l’Académie nationale de politique Hô Chi Minh et l'Institut de recherche sur le développement du delta du Mékong (MDRI) auprès de 5 000 personnes révèle qu’une majorité de citoyens soutient la simplification de l’appareil administratif et la suppression du niveau de district. Le taux de satisfaction concernant les services publics au niveau communal atteint 4,1 sur 5.
Des difficultés persistent toutefois. Seuls 21,8 % des habitants utilisent le portail national des services publics, tandis que 93,65 % des personnes handicapées interrogées n’y ont jamais eu recours.
En outre, le système numérique et les ressources humaines ne progressent pas toujours au même rythme que les réformes. Les agents locaux font face à une surcharge de travail, traitant des dossiers de plus en plus complexes sans disposer de toutes les compétences ou outils nécessaires. Par ailleurs, certains citoyens signalent encore des délais d'attente et des déplacements multiples pour des procédures complexes, comme la délivrance des certificats de droit d'usage des terrains.
Les partenaires internationaux ont également partagé leurs analyses sur la réforme administrative au Vietnam. La représentante résidente du PNUD au Vietnam, Ramla Khalidi, a estimé que le succès de la décentralisation reposait sur des fonctionnaires compétents, des ressources financières stables et un système numérique sécurisé, centré sur les besoins des citoyens.
De leur côté, les ambassadrices d’Australie et d’Irlande ont insisté sur l’importance d’études fondées sur des données probantes et les retours des citoyens afin d’aider les décideurs à ajuster en temps voulu les politiques publiques pour rendre les services publics plus efficaces, inclusifs et garantir que personne ne soit laissé de côté.