Selon le docteur Du Van Toan, de l’Institut de météorologie, d'hydrologie, d'environnement et de sciences marines (Institute of Meteorology, Hydrology, Environment and Marine Sciences - IMHEMS) relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les orientations de la Résolution n° 70-NQ/TW du 20 août 2025 du Bureau politique sur la garantie de la sécurité énergétique nationale jusqu'en 2030, avec une vision à l'horizon 2045, offrent une base solide au développement des énergies renouvelables et des nouvelles énergies telles que le solaire, l’éolien offshore et l’hydrogène vert.
Lors d’une interview accordée à l’Agence vietnamienne d’Information (VNA), il a indiqué que le Vietnam prévoit de développer 6.000 MW d’éolien offshore d’ici 2030, 15.000 MW d’ici 2035 et 139.000 MW d’ici 2050, afin que cette énergie représente entre 20 % et 25 % de la capacité totale de production électrique du pays.
Selon Du Van Toan, les difficultés liées à l’obtention des licences de prospection pour les projets éoliens offshore commencent progressivement à être levées depuis l’entrée en vigueur de la Loi modifiée sur l’électricité.
Les autorités ont déjà accordé des autorisations à plusieurs projets de Petrovietnam, d’EVN, de PTSC (PetroVietnam Technical Services Corporation) ainsi qu’à Pacifico Energy et au groupe Sumitomo pour mener des études dans ce domaine.
Le Vietnam a commencé à mettre en place un cadre juridique et technique pour le développement de l’éolien offshore. Si les études avancent favorablement, ce secteur offrira des opportunités aussi bien aux entreprises vietnamiennes qu’aux investisseurs étrangers, a-t-il constaté.
Le Dr Du Van Toan a également souligné que le Vietnam dispose déjà d’environ 1.500 MW d’éolien côtier raccordé au réseau dans les provinces du delta du Mékong. Les entreprises vietnamiennes et les coentreprises étrangères utilisent déjà la technologie des fondations monopieux (monopile), créant ainsi une base technique applicable aux futurs projets offshore situés au-delà de six milles nautiques.
Selon lui, la Loi sur l’électricité de 2024 comprend des dispositions sur les énergies renouvelables et les nouvelles énergies, mais celles-ci restent encore générales concernant l’éolien offshore. Plusieurs réglementations liées aux procédures d’autorisation et à la gestion des projets manquent encore de clarté. En particulier, le tarif d’achat de l’électricité éolienne offshore reste une question importante. Par ailleurs, les politiques d’encouragement à l’investissement dans l’éolien offshore doivent également prendre en compte des mécanismes de soutien concernant les redevances liées à l’utilisation de surfaces et de fonds marins.
Selon Du Van Toan, de nombreux projets éoliens offshore dans le monde sont désormais associés à la production d’hydrogène vert afin d’optimiser leur efficacité économique. Lorsque toute l’électricité produite n’est pas consommée, l’énergie excédentaire peut être utilisée pour produire de l’hydrogène vert.
Il a ajouté que l’hydrogène vert est déjà largement utilisé dans les transports et les services portuaires. Les modèles d’îles énergétiques développés par le Danemark et les Pays-Bas en mer du Nord associent également production d’hydrogène vert et raccordement électrique afin d’atteindre les objectifs de neutralité carbone.
Selon lui, le Vietnam devrait ainsi envisager le développement de modèles d’éolien offshore intégrés à la production d’hydrogène vert afin de garantir à la fois la sécurité énergétique et les objectifs de réduction des émissions.
Le Dr Du Van Toan a indiqué qu’environ 30 pays dans le monde disposent déjà d’une stratégie de développement de l’hydrogène vert et que le Vietnam avait également adopté sa propre stratégie en 2024. L’intégration des dispositions relatives à l’hydrogène vert dans le projet de Loi révisée sur le pétrole et le gaz devrait ainsi créer une base juridique pour développer la chaîne d’approvisionnement et la chaîne de valeur des nouvelles énergies au service de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.