Le Nouvel An Bunpimay au cœur des forêts : un lien vivant entre les peuples frontaliers Vietnam–Laos

Au cœur de la cordillère de Truong Son, la fête traditionnelle Bunpimay du Laos devient un moment de rencontre et de partage pour les populations des deux côtés de la frontière, renforçant des liens de solidarité qui s’apparentent à ceux d’une même famille.

À la mi-avril, des milliers d’habitants des villages frontaliers du district de Kaleum, dans la province laotienne de Sekong, traversent à pied la frontière pour rejoindre la commune de Hung Son, à Da Nang, afin de célébrer ensemble le Nouvel An lao. Dans la chaleur sèche des montagnes, dès l’aube, des groupes se forment, s’appelant joyeusement, comme pour se rendre à une fête attendue de tous.

Des habitants des villages frontaliers du district de Kaleum (Laos) se rendent à pied au village d’A Tu 1, dans la commune de Hung Son, pour participer à la fête de Bunpimay.
Des habitants des villages frontaliers du district de Kaleum (Laos) se rendent à pied au village d’A Tu 1, dans la commune de Hung Son, pour participer à la fête de Bunpimay.

Habillés de leurs plus beaux vêtements, portant parfois des présents simples ou accompagnés de leurs proches, les habitants franchissent quelques centaines de mètres qui, en ce jour, semblent disparaître. « Chaque année, nous attendons cette fête avec impatience. Ici, l’accueil est chaleureux, comme chez nous », confie Savandi, venu du village d’A Buong.

Savandi, du village d’A Buong dans le district de Kaleum, traverse une longue distance avec sa famille pour se rendre dans la commune de Hùng Sơn et participer à la fête de Bunpimay.
Savandi, du village d’A Buong dans le district de Kaleum, traverse une longue distance avec sa famille pour se rendre dans la commune de Hùng Sơn et participer à la fête de Bunpimay.

Côté vietnamien, les habitants du village d’A Tu 1 se mobilisent collectivement pour accueillir leurs voisins. Chacun contribue selon ses moyens : certains vont en forêt cueillir des légumes, d’autres pêcher au ruisseau. Les plats traditionnels de l’ethnie Co Tu sont préparés avec soin, témoignant d’une hospitalité sincère et profondément enracinée.

La fête rassemble des milliers de participants venus de cinq villages frontaliers. Repas partagés, musique, rires et jeux traditionnels — tir à la corde, course en sac ou jeux d’adresse — rythment cette journée conviviale. Dans un coin, des soldats des gardes-frontières offrent des coupes de cheveux gratuites ; ailleurs, des cadeaux essentiels sont distribués aux familles.

L’Association des anciens combattants de la ville de Da Nang a parcouru une longue distance pour remettre de nombreux dons significatifs aux habitants des villages frontaliers du Laos.
L’Association des anciens combattants de la ville de Da Nang a parcouru une longue distance pour remettre de nombreux dons significatifs aux habitants des villages frontaliers du Laos.

Moment fort de la célébration, le marché de Bunpimay, symbole d’amitié frontalière, permet aux habitants de partager produits et traditions dans une atmosphère festive. Des biens du quotidien — riz, vêtements, outils — sont offerts comme autant de gestes de solidarité.

Au-delà de la fête, ces échanges témoignent d’une coopération quotidienne entre les deux communautés : circulation facilitée, entraide en cas de difficulté, accès aux soins ou soutien alimentaire en période difficile. Les forces de garde-frontières jouent un rôle clé en mobilisant les ressources pour maintenir ces initiatives.

Une ambiance animée portée par des jeux traditionnels.
Une ambiance animée portée par des jeux traditionnels.

Le colonel Hoang Van Man, commissaire politique du Commandement des gardes-frontières de Da Nang, a souligné que les aides concrètes, les infrastructures sociales ainsi que les activités culturelles et sportives sont toutes destinées aux populations laotiennes « comme à des membres de la famille ».

« L’objectif de ce programme est d’offrir aux habitants une fête chaleureuse. Mais surtout, il s’agit de renforcer la solidarité entre les populations des deux côtés de la frontière. À chaque fête, qu’elle soit vietnamienne ou laotienne, nous veillons à ce que chacun puisse y participer. Les Laotiens partagent la joie du Têt vietnamien, et les Vietnamiens celle du Nouvel An lao. Ces dernières années, les liens entre les populations, les forces de protection frontalière et les autorités locales se sont considérablement renforcés, contribuant à bâtir une frontière de paix, d’amitié et de coopération », a-t-il affirmé.

Le colonel Hoang Van Man remet des cadeaux aux cadres et habitants des villages frontaliers, renforçant l’amitié Vietnam–Laos.
Le colonel Hoang Van Man remet des cadeaux aux cadres et habitants des villages frontaliers, renforçant l’amitié Vietnam–Laos.

À la suite de la réorganisation administrative, la ville de Da Nang élargit non seulement son espace de développement, mais se fixe également pour objectif de mieux prendre en charge les zones montagneuses et frontalières, où les conditions de vie restent difficiles mais qui constituent un rempart stratégique du pays.

Quang Van Ngoc, chef de la commission Culture et Société du Conseil populaire de la ville, a indiqué que l’organisation de la fête Bunpimay cette année présente plusieurs nouveautés, reflétant l’attention accrue portée par les autorités locales aux populations frontalières :

« La solidarité entre les habitants des deux côtés de la frontière se renforce de plus en plus. Au-delà du soutien matériel, ils partagent désormais des liens affectifs plus profonds. L’organisation de la fête gagne en ampleur et en qualité. À l’avenir, avec l’engagement des autorités, ces activités seront maintenues et développées, contribuant à renforcer encore davantage les liens entre les populations frontalières. »

Quang Van Ngoc remet des cadeaux aux habitants laotiens lors du programme du Nouvel An Bunpimay.
Quang Van Ngoc remet des cadeaux aux habitants laotiens lors du programme du Nouvel An Bunpimay.

Au cœur de la cordillère de Truong Son, la fête Bunpimay rapproche une fois de plus les habitants des deux côtés de la frontière. Des gestes simples, des sourires échangés, mais une signification profonde : celle d’une frontière devenue lieu de rencontre, et non de séparation.

Source : VOV

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