Lors de la conférence de presse internationale qui a suivi la clôture du XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam (PCV), le Secrétaire général (SG) To Lam a répondu aux questions des journalistes étrangers, présentant les priorités et les nouveautés de la diplomatie vietnamienne, ainsi que la place du pays dans les enjeux mondiaux actuels.
Un engagement international élevé
Interrogé par un correspondant du journal Pravda (Fédération de Russie) sur la contribution du Vietnam aux défis régionaux et mondiaux, M. To Lam a cité le Président Hô Chi Minh : « Le Vietnam fait partie du monde. Tout ce qui se passe dans le monde est lié au Vietnam, et tout ce qui se passe au Vietnam est lié au monde ».
Il a souligné que le XIVe Congrès du PCV a élevé le rôle des relations internationales à un niveau d’importance équivalent à celui de la défense et de la sécurité, en la reconnaissant comme une mission permanente et stratégique, une reconnaissance nouvelle par rapport aux résolutions antérieures.
Selon To Lam, le Vietnam assume désormais clairement ses responsabilités sur les questions globales et s’engage à approfondir son intégration à la politique mondiale, à l’économie internationale et à la civilisation humaine. En tant que membre responsable de l’Organisation des Nations unies, le pays estime que, quelles que soient leur taille ou leur puissance, toutes les nations partagent une responsabilité commune face aux enjeux mondiaux.
M. To Lam a affirmé qu’aucun pays, si puissant soit-il, ne peut résoudre seul les défis actuels : changement climatique, catastrophes naturelles, pandémies, sécurité alimentaire et numérique, conflits et guerres. Ces défis exigent une coopération mondiale. Il a rappelé que, après quarante ans de Renouveau (Đổi mới), le Vietnam dispose désormais de la capacité, de l’influence et de la responsabilité nécessaires pour participer activement aux affaires régionales et internationales. Le pays entend ainsi renforcer son engagement avec d’autres États et institutions multilatérales pour répondre collectivement aux enjeux de sécurité et de développement.
Dans le domaine de la sécurité internationale, le Vietnam reste actif dans les opérations de maintien de la paix, l’aide humanitaire, les secours lors de catastrophes naturelles et la réponse aux crises humanitaires. Il se dit également prêt à jouer un rôle de médiateur et de facilitateur dans la résolution de conflits.
Sur le plan du développement, le Vietnam s’est déclaré prêt à partager les défis auxquels sont confrontés d’autres pays, à livrer son expérience du Renouveau et de croissance socio-économique, et à participer aux efforts mondiaux de réduction de la pauvreté. Il réaffirme également son engagement envers les Objectifs de développement durable, la sécurité alimentaire, la lutte contre le changement climatique et la transition verte.
Le Secrétaire général du PCV To Lam a souligné que, dans un contexte mondial de plus en plus incertain, les nations doivent renforcer leur solidarité, maintenir des engagements forts et participer activement aux piliers du système régional et international. Le Vietnam continuera à contribuer et à proposer des initiatives, tout en étant prêt à participer aux initiatives de paix et de développement lancées par d’autres pays, sur la base du respect des intérêts de toutes les parties concernées, du droit international, de la Charte des Nations unies, et en fonction de ses capacités et de ses conditions propres.
L’intégration internationale comme moteur de progrès
Interrogé par un journaliste de NHK (Japon) sur la manière dont le Vietnam envisage son intégration dans un monde fragmenté, M. To Lam a insisté sur l’importance cruciale de l’ouverture internationale : la paix et le développement, selon lui, nécessitent une ouverture accrue et une coopération multilatérale. L’histoire récente du Vietnam, avec son économie hautement ouverte, montre que la sécurité nationale est étroitement liée à celle de la région et du monde. Sans intégration, un pays ne peut assurer sa stabilité ni sa prospérité.
Le XIVe Congrès a ainsi défini l’intégration internationale non seulement comme un moteur essentiel du développement, mais aussi comme le principal moyen d’atteindre les objectifs stratégiques du pays. Fermer ses frontières économiques et commerciales condamnerait le Vietnam à rester exclu des marchés mondiaux, des technologies avancées, et des échanges culturels mutuels.
Sur le plan politique, le Vietnam entend renforcer sa participation active à la résolution des problèmes mondiaux, promouvoir la paix et réduire les tensions par le dialogue et la coopération internationale. Dans un contexte mondial incertain, il considère que la solidarité et l’engagement international sont plus nécessaires que jamais, étant donné l’interdépendance croissante des nations.
Dans cette nouvelle phase, le Secrétaire général a précisé que le Vietnam plaide pour une intégration internationale accélérée, en passant d’un rôle de bénéficiaire à celui de contributeur. Autrefois, dans des périodes de difficultés marquées par la guerre et l’embargo, le Vietnam dépendait principalement de l’aide internationale. Aujourd’hui, il est prêt à s’engager activement, en intégrant pleinement le système mondial et en jouant un rôle pionnier dans des domaines où il dispose d’avantages.
Selon le secrétaire général, le Vietnam a défini plusieurs priorités dans sa stratégie d’intégration internationale :
1. Renforcer l’intégration économique : afin de soutenir une croissance à deux chiffres, le Vietnam entend centrer son intégration sur l’économie — en particulier vers une croissance basée sur l’économie de la connaissance, le numérique, l’économie verte et circulaire, tout en promouvant la science, l’innovation et la transformation digitale. Le pays accélérera trois percées stratégiques (institutions – ressources humaines – infrastructures) comme levier de son développement.
2. Approfondir l’intégration politique, sécuritaire et de défense : le Vietnam vise à renforcer sa capacité nationale tout en consolidant son autonomie stratégique. Il privilégie la résolution pacifique des différends et le dialogue fondé sur le droit international et la Charte des Nations unies, tout en répondant rapidement et efficacement aux défis de sécurité non traditionnels.
3. Promouvoir l’intégration scientifique et technologique : il faut considérer l’innovation et la transformation numérique comme les leviers essentiels de l’avenir.
4. Apprendre des meilleures pratiques internationales : l’intégration dans divers domaines doit être associée à la levée des obstacles structurels, et à l’assimilation des expériences et des initiatives internationales.
5. Placer les citoyens au centre de l’intégration internationale en reconnaissant leurs intérêts légitimes et leurs aspirations. Ce qui permettra au Vietnam de mobiliser activement et de manière créative ses citoyens, ses entreprises, ses collectivités et le secteur privé, renforçant ainsi sa connexion avec le monde dans tous les domaines.