Le tourisme redonne vie aux campagnes vietnamiennes

Ces dernières années, la combinaison entre production agricole et activités d’expérience ne se contente pas de dynamiser les campagnes : elle valorise aussi les produits agricoles, crée des emplois et assure des revenus plus stables aux habitants.

Les champs de tournesols de la commune de Vu Gia (ville de Da Nang) déploient leurs couleurs au cœur de la campagne. (Photo : XUAN QUYNH)
Les champs de tournesols de la commune de Vu Gia (ville de Da Nang) déploient leurs couleurs au cœur de la campagne. (Photo : XUAN QUYNH)

Les week-ends, la petite route menant à la zone maraîchère de Tuy Loan, dans la commune de Hoa Vang (ville de Da Nang, au Centre du Vietnam), résonne des rires d’enfants. Au milieu des cultures verdoyantes de légumes, de véritables « classes en plein air » prennent forme.

Les parcelles et les sillons deviennent des salles de classe, tandis que les agriculteurs se muent en « enseignants », guidant les enfants dans les gestes de semer, arroser et récolter.

La coopérative de production de légumes sûrs de Tuy Loan, autrefois simple zone agricole traditionnelle, s’est transformée en associant production et tourisme expérientiel. Elle accueille aujourd’hui près de 6.000 visiteurs par an, principalement des élèves, des familles et des citadins en quête d’un rythme de vie plus paisible.

Mme Tran Thi Anh (57 ans, commune de Hoa Vang) confie qu’autrefois, sa famille vivait dans des conditions précaires, avec des revenus dépendant des saisons. Depuis son adhésion à la coopérative, la culture maraîchère lui procure environ 5 millions de dôngs par mois.

Dans la commune de Vu Gia (ville de Da Nang), des champs de tournesols ont été plantés à titre expérimental, devenant un nouveau point d’attraction.

Selon M. Le Phan Minh, président du Comité populaire communal, ce modèle ne sert pas seulement à des fins touristiques, mais permet aussi de produire des aliments pour l’élevage et d’exploiter les graines.

« Nous visons à développer un espace touristique combinant découverte agricole, afin de créer des emplois et des revenus stables tout au long de l’année », souligne-t-il.

Plus au sud, dans le village maraîcher écologique de Thuan Nghia, au bord du fleuve Kon, dans le district de Tay Son (province de Gia Lai), l’association entre agriculture et tourisme se décline autrement.

M. Le Thanh Quang (42 ans) explique qu’autrefois, la production dépendait fortement du marché, avec des risques de surproduction et de baisse des prix. Désormais, grâce à une production conforme aux normes VietGAP et à des débouchés stables, ses revenus se sont nettement améliorés.

Au-delà de la production, la localité développe progressivement le tourisme communautaire. En 2024, un projet touristique couvrant 38,5 hectares a été approuvé pour le village de Thuan Nghia. Outre 19 hectares de production VietGAP, le site valorise également son patrimoine culturel, avec des maisons anciennes centenaires et des lieux de culte dédiés à la « déesse fondatrice de la sériciculture ». Ces éléments créent une destination singulière, où les visiteurs peuvent non seulement découvrir mais aussi ressentir l’histoire locale.

Dans d’autres régions de Gia Lai, des modèles similaires émergent. La commune de Vinh Son s’oriente vers le développement d’un tourisme communautaire associé à la culture de légumes, de fleurs et d’arbres fruitiers.

La zone de plantes médicinales d’An Toan met en place des chaînes de production et de consommation intégrées, combinées à des services d’hébergement chez l’habitant et à des activités expérientielles.

Lorsque les agriculteurs apprennent à raconter leur propre histoire, chaque saison agricole devient une nouvelle opportunité - durable, continue et porteuse d’espoir.

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