Au début de l’année 2026, le clip Song From A Secret Garden – Secret Garden in Vietnam du groupe Secret Garden est sorti.
Les producteurs ont choisi Ninh Binh comme décor principal, emmenant les spectateurs à travers Trang An, la forêt de Cuc Phuong et la pagode Bich Dong.
Cette œuvre s’inscrit dans le projet Good Morning Vietnam, lancé par le Journal Nhân Dân et IB Group Vietnam, avec l’ambition de diffuser les valeurs historiques et culturelles ainsi que la beauté du Vietnam, tout en contribuant à la promotion du tourisme vietnamien.
Plus récemment, le clip Paradise of Rumors du duo sud-coréen AKMU a été tourné à Bau Trang (ancienne province de Binh Thuan, aujourd’hui rattachée à Lam Dong).
Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant le fort pouvoir visuel des paysages vietnamiens.
Auparavant, le Vietnam était déjà apparu dans plusieurs productions musicales internationales.
Le groupe sud-coréen ONF avait tourné le clip We Must Love à Hue, notamment autour du gigantesque dragon du parc aquatique abandonné Ho Thuy Tien. De son côté, Block B avait filmé Nillili Mambo dans les rues animées de Ho Chi Minh-Ville.
Le chanteur thaïlandais Boy Peacemaker avait choisi Hoi An pour son clip Yung Mai Pon Keet Undtarai, mettant en scène ruelles anciennes, lanternes et cyclo-pousses.
Par ailleurs, le saxophoniste américain Kenny G ainsi que le groupe Bond ont également réalisé des projets tournés à Hanoï et dans la baie d’Ha Long.
Selon Tran Xuan Tien, spécialiste des médias et de la communication à l’Université Van Hien, l’attrait du Vietnam réside dans la fraîcheur de ses images, à une époque où de nombreuses destinations mondiales sont déjà fortement exploitées visuellement.
Il estime que les paysages vietnamiens (mer, forêts, patrimoines culturels...) demeurent authentiques et variés, permettant aux équipes de tournage de créer plusieurs univers dans une même production.
« Le Vietnam n’est pas encore saturé visuellement, ce qui lui permet de conserver une impression de nouveauté auprès du public international », explique-t-il. Cet aspect correspond également aux tendances minimalistes de la musique contemporaine.
Le défi de transformer l’effet visuel en attractivité touristique
Cependant, entre l’impact visuel et la capacité réelle d’attirer des touristes, l’écart reste important. Pour Pham Ngoc Dung, spécialiste du tourisme à l’Université d’Industrie et de Commerce de Ho Chi Minh-Ville, la présence des paysages vietnamiens dans les clips internationaux ne constitue encore qu’une première étape de notoriété. « Un clip peut faire connaître une destination, mais pour convaincre les spectateurs de venir au Vietnam, d’autres facteurs sont nécessaires », souligne-t-il.
Un autre défi majeur concerne la reconnaissance de l’identité vietnamienne. Même si le pays apparaît de plus en plus dans les productions étrangères, les spectateurs internationaux ne réalisent pas toujours qu’il s’agit du Vietnam.
Dans certains cas, les paysages vietnamiens sont même confondus avec ceux d’autres pays, révélant un manque de marqueurs visuels distinctifs.
Selon les experts, cela s’explique non seulement par la manière dont les décors sont exploités, mais aussi par l’absence de participation active du Vietnam dans la narration de ces productions internationales. Lorsqu’il ne sert que de simple toile de fond, le pays peine à laisser une empreinte mémorable auprès du public.
Les spécialistes estiment ainsi que le Vietnam doit passer du simple rôle de « fournisseur de décors » à celui de « co-créateur de contenu ». Cela implique une stratégie globale : élaborer une identité visuelle nationale claire, renforcer les liens entre culture, tourisme et communication, et mettre en place des campagnes promotionnelles après la sortie des œuvres.
En parallèle, le développement de produits touristiques liés aux lieux apparaissant dans les clips permettrait de prolonger l’impact médiatique.