Phu Quy, une parenthèse au cœur d’un « paradis vert »

Certains lieux laissent derrière eux bien plus que de belles photographies : le souvenir d’avoir ralenti, au milieu d’une nature intacte et d’une population sincère. L’île de Phu Quy est de ceux-là.

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Le vert domine les paysages de l’île de Phu Quy. (Photo : Thai Ha)

Située à environ 56 milles marins, soit entre 100 et 120 km, de Phan Thiet, dans la province de Lam Dong, au Centre-Sud du Vietnam, Phu Quy couvre à peine 18 km². Elle possède pourtant un littoral remarquable, une grande richesse marine et un rythme de vie d’une rare tranquillité.

Longtemps essentiellement tournée vers la pêche, l’île est devenue ces dernières années une destination appréciée pour son caractère préservé et son choix d’associer développement touristique et protection de la nature.

Cette escapade à Phu Quy n’a pas seulement été l’occasion de découvrir une île magnifique. Elle m’a également permis de mieux comprendre la valeur d’une destination qui s’efforce de préserver son « écrin de verdure » comme son bien le plus précieux.

Une expérience rare

Dès l’arrivée du bateau, une couleur s’impose : le vert, omniprésent. Celui d’une mer limpide, laissant apercevoir les rochers sous l’eau et les bancs de petits poissons. Celui aussi du ciel, qui se confond avec une ligne d’horizon infinie.

À cette palette s’ajoutent les arbres côtiers, les prairies et les éoliennes tournant régulièrement sous l’effet de la brise marine. L’air salé et le vent puissant caractéristique de l’île font rapidement oublier la fatigue des deux heures passées en mer.

La nature semble avoir généreusement doté l’île de sites remarquables, tous différents, mais conservant une authenticité devenue rare.

À Ganh Hang, les falaises abruptes ont été sculptées par les vagues pendant des millénaires. La plage de Bai Nho se déploie comme un ruban au pied de la montagne, baignée par une eau passant progressivement du turquoise au bleu profond.

Depuis le sommet du mont Cao Cat ou le phare de Phu Quy, l’île entière se dévoile : des maisons basses disséminées dans le paysage, des bateaux de pêche paisiblement ancrés dans la baie et des éoliennes tournant inlassablement sous un ciel transparent.

Malgré l’afflux croissant de visiteurs, Phu Quy a su conserver son identité. Aucun alignement d’hôtels de grande hauteur ne vient obstruer la vue sur la mer. Ni klaxons ni agitation de quartiers touristiques bondés : seulement le bruit des vagues, le souffle du vent et le rythme tranquille d’une île encore profondément authentique.

Beaucoup surnomment Phu Quy le « paradis vert ». Ce vert ne renvoie pas seulement à la nature. Il évoque aussi la sérénité offerte par cette petite île, un sentiment devenu de plus en plus rare dans nos vies modernes.

Phu Quy séduit un nombre croissant de visiteurs par sa beauté préservée et son modèle touristique associé à la protection de la nature. (Photo : Thai Ha)

Bien plus que de beaux paysages

Si les paysages attirent les voyageurs à Phu Quy, ce sont les habitants qui leur donnent envie d’y revenir.

Durant leur séjour, les visiteurs rencontrent rarement des vendeurs insistants ou des sollicitations pressantes. Ils découvrent plutôt l’accueil simple et sincère de la population locale.

Les pêcheurs occupés à démêler leurs filets prennent volontiers le temps de raconter la saison de pêche. Les restaurateurs recommandent avec enthousiasme les spécialités de fruits de mer du moment, tandis que les propriétaires de maisons d’hôtes indiquent soigneusement les meilleurs itinéraires pour admirer le lever ou le coucher du soleil.

Assise face à la mer à Bai Nho - Ganh Hang, Minh Phuong, une touriste venue de Hanoï, explique que ce qui la touche le plus ne réside pas seulement dans la beauté de l’océan et du ciel, mais aussi dans un sentiment de paix difficile à décrire.

« Les habitants sont accueillants. Personne ne vous sollicite avec insistance et il n’y a aucune agitation. J’ai l’impression que ce lieu a su préserver l’âme de ses paysages maritimes et insulaires », confie-t-elle.

Elle qualifie son voyage d’expérience particulièrement riche. Au-delà des belles photographies, elle apprécie surtout ces journées vécues au rythme d’une nature préservée, dans l’atmosphère paisible et chaleureuse de l’île.

Cette combinaison explique pourquoi de nombreux voyageurs souhaitent revenir après un premier séjour. Ils ne sont pas seulement séduits par la mer turquoise, le sable blanc ou les sites renommés, mais aussi par la quiétude des lieux, la sincérité des habitants et la simplicité de la vie locale.

Ces valeurs immatérielles deviennent progressivement la particularité de Phu Quy et contribuent à son attractivité durable.

Préserver plutôt que sacrifier

Le modèle touristique choisi par les habitants repose davantage sur la préservation que sur l’exploitation excessive des ressources naturelles.

De nombreuses maisons d’hôtes limitent l’utilisation du plastique à usage unique, mettent de grandes bonbonnes d’eau à la disposition des visiteurs et encouragent le tri des déchets.

Les organisateurs d’excursions sous-marines rappellent systématiquement aux touristes de ne pas marcher sur les récifs coralliens, de ne pas emporter d’animaux marins et de ne laisser aucun déchet derrière eux.

Ces initiatives peuvent sembler modestes, mais leur application quotidienne contribue à faire émerger des comportements plus responsables envers la nature.

Il ne s’agit pas uniquement de protéger le milieu marin, mais aussi de construire l’image d’une destination verte, accueillante et responsable. Cette démarche constitue aujourd’hui l’une des principales particularités de Phu Quy.

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Pour une île de moins de 18 km² comme Phu Quy, la capacité d’accueil environnementale reste limitée. (Source : Thanh Niên)

Sauvegarder le patrimoine naturel de l’île

Ces dernières années, le tourisme connaît une forte croissance dans la province de Lam Dong. Les destinations maritimes et insulaires comme Phu Quu attirent un nombre croissant de voyageurs vietnamiens et étrangers.

Selon le Service provincial de la culture, des sports et du tourisme, la fréquentation de Phu Quy est passée d’environ 40 000 visiteurs en 2021 à 155 000 en 2025. Elle devrait atteindre 173 000 personnes en 2026.

Cette progression ouvre de nouvelles perspectives en matière d’emploi, de services et de promotion du territoire. Elle renforce toutefois les exigences relatives à la protection de l’environnement et à la préservation des écosystèmes marins.

Sur une île de moins de 18 km², la capacité d’accueil du milieu naturel demeure nécessairement limitée. Quelques déchets plastiques abandonnés sur une plage, des récifs coralliens piétinés ou des comportements irresponsables peuvent avoir des conséquences pendant plusieurs années.

La beauté de Phu Quy n’est donc pas un acquis. Elle résulte des efforts constants des habitants, des autorités locales et des voyageurs pour préserver les ressources naturelles de l’île.

Les visiteurs peuvent y contribuer par des gestes simples : utiliser une gourde plutôt que des bouteilles jetables, ne pas jeter de déchets dans la mer, ne pas endommager les coraux ni capturer les étoiles de mer, mais aussi respecter l’habitat des espèces marines et la tranquillité de la population locale.

Adoptées par les dizaines de milliers de personnes qui se rendent chaque année sur l’île, ces pratiques individuelles peuvent devenir une force collective capable de protéger durablement son écosystème.

Alors que le Vietnam s’oriente vers une économie verte et un tourisme durable, Phu Quy illustre une voie de développement encourageante : la croissance ne doit pas nécessairement se faire au détriment de l’environnement.

En protégeant sa nature, en valorisant sa culture locale et en privilégiant un développement responsable, l’île peut conserver durablement son attractivité. La mobilisation de tous permettra au « paradis vert » de Phu Quy de préserver son authenticité et de continuer à accueillir de nouveaux visiteurs dans les années à venir.

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