« Un voyage dans le temps » au village de Lo

Entre les toits de tuiles rouges patinés par la mousse et le rythme de vie paisible, Nguyen Viet Hung a eu l’impression de remonter le temps jusqu’aux années 1970 en arrivant au village de Lo, dans le quartier de Hoa Hiep, province de Dak Lak (anciennement province de Phu Yen, au Centre-Sud du Vietnam).

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Les toits de tuiles rouges du village de Lo. Photo : Lekima Hung

En juillet, dans le cadre d’un voyage de plus de 20 jours à travers le Vietnam en voiture personnelle, la famille de M. Hung, qui vit à Hanoi, s’est arrêtée pour la première fois au village de Lo, dans le quartier de Hoa Hiep, pour trois jours et deux nuits, bien qu’elle ait déjà effectué plusieurs voyages à travers le pays. Situé à environ 15 km de l’ancien centre-ville de Tuy Hoa, le village figure parmi les destinations phares de l’été cette année, après avoir été proposé au titre de « Meilleur village touristique du monde » par l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies (ONU Tourisme).

La première impression de M. Hung en arrivant au village de Lo a été celle de centaines de maisons aux toits de tuiles rouges et aux murs jaune pâle, serrées les unes contre les autres sous les cocotiers, leurs façades marquées par la mousse et les traces du temps après plusieurs décennies. Ces vestiges du passé confèrent au village une beauté singulière et ont donné à M. Hung le sentiment de « remonter le temps » jusqu’au décor des années 1970.

En observant plus attentivement, il a remarqué que de nombreuses maisons ne faisaient pas face à la mer : certaines étaient orientées de côté, d’autres présentaient leur façade latérale, voire tournaient complètement le dos aux vagues. Il a appris que cette disposition n’était pas le fruit du hasard, mais le résultat de l’expérience durement acquise par plusieurs générations de pêcheurs.

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L’eau de mer limpide et la plage de sable doré. Photo : Lekima Hung

Autrefois, le village n’avait ni routes ni digues ; pendant la saison des tempêtes, les fortes vagues frappaient directement le rivage et, quelle que soit la solidité des maisons, leurs occupants pouvaient être contraints de les reconstruire entièrement. Même lorsque la mer était calme, « l’ennemi » des maisons situées près du littoral était toujours présent : le sel marin porté par les vents humides s’infiltrait dans les moindres recoins et rongeait lentement les biens et les équipements.

Pendant les trois jours passés au village de Lo, la famille de M. Hung a choisi de ralentir le rythme. Ce n’est pas un endroit où l’on vient chercher des complexes hôteliers luxueux ou des activités nautiques bruyantes et à sensations fortes, mais plutôt un lieu où retrouver ces rares moments de calme.

Comme les habitants du village, toute la famille s’est peu à peu habituée à se lever avant le lever du soleil pour admirer l’aube sur la plage. Aux premières heures du jour, le marché s’animait autour des produits de la mer fraîchement pêchés que les habitants venaient acheter et vendre, avant de retrouver progressivement son calme après 6 heures du matin.

En se promenant dans les petites ruelles qui mènent vers la mer et en s’arrêtant dans les petits commerces installés au bord des routes, M. Hung a ressenti l’esprit d’une communauté soudée, comme autrefois : les voisins se connaissent encore, se saluent chaque jour, loin du rythme de vie des grandes villes modernes.

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Bain de soleil sur la plage. Photo : Lekima Hung

Lorsque la mer était calme, toute la famille partait faire du paddle. Lorsqu’aucune activité particulière n’était prévue, M. Hung et son épouse se contentaient de s’allonger sur le sable avec leurs trois enfants, de prendre le soleil, d’écouter le bruit des vagues et de se laisser porter par le rythme paisible des lieux.

La plage du village de Lo a conservé son caractère sauvage, avec une eau limpide et bleue, une longue étendue de sable doré et peu de visiteurs. Toutefois, selon M. Hung, ce n’est pas l’endroit idéal pour profiter pleinement de la baignade. Le sable est constitué de gros grains mêlés à de nombreux cailloux, ce qui peut être douloureux pour les pieds des jeunes enfants.

Par ailleurs, certaines portions du littoral deviennent rapidement profondes et présentent une pente marquée, avec la possibilité de fortes vagues soudaines. Les familles avec de jeunes enfants ou les personnes qui nagent peu doivent donc prévoir des bouées et faire preuve de prudence au moment d’entrer dans l’eau.

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La plage déserte. Photo : Lekima Hung

Plutôt que d’investir dans un hébergement haut de gamme, la famille de M. Hung a choisi de consacrer davantage de temps et de budget aux expériences et à la gastronomie. Elle a séjourné dans un homestay situé à environ 300 mètres de la mer, au tarif de 500 000 dongs par nuit, simple mais disposant de tout le nécessaire.

D’après ses observations, les homestays du village de Lo sont assez variés et ont fait l’objet d’investissements qui leur confèrent chacun un style esthétique particulier. Certains disposent d’une piscine et se trouvent à quelques pas seulement de la mer, avec des tarifs allant de 500 000 à 2 millions de dongs par nuit.

Pour le petit-déjeuner, la famille mangeait généralement dans de petites échoppes du village, où elle dégustait des plats populaires tels que les bánh xèo, les bún cá, les bánh canh ou encore les bánh cuốn. Les restaurants et échoppes sont dispersés dans tout le village, mais sont particulièrement nombreux dans le secteur de Lo 3, qui compte également quelques petits cafés pleins de charme. Pour les autres repas, la famille demandait au responsable du homestay, qui est originaire de la région, d’aller faire les courses et de cuisiner. Outre les produits de la mer frais et savoureux, ce qui a particulièrement séduit M. Hung est le poulet grillé et, surtout, une soupe de cactus au poisson-anchois, un plat populaire qu’il goûtait pour la première fois de sa vie.

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Soupe de cactus au poisson-anchois. Photo : Lekima Hung

Passionné de sport, M. Hung a également été surpris de découvrir, à proximité de la mer, un terrain de pickleball ainsi qu’un terrain de badminton couvert : trois heures de jeu ne coûtent que 30 000 dongs par personne. Peu à peu, le rythme quotidien de toute la famille s’est organisé autour d’une formule bien à elle pendant ces trois jours : admirer le lever du soleil sur la mer le matin, disputer quelques parties de pickleball l’après-midi et se retrouver le soir autour d’un repas composé de produits de la mer frais.

« Des vacances à la fois reposantes et dynamiques, qui valent vraiment le détour », résume M. Hung à propos de son séjour au village de Lo.

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