Toutefois, les applications dédiées à la collecte et à l'exploitation des données, à l'analyse des comportements touristiques, à la prévision des flux ou à la gestion des crises demeurent encore peu développées. Leur déploiement permettrait pourtant d'améliorer la gouvernance du secteur et de favoriser un développement touristique plus durable.
Des applications numériques de plus en plus présentes
Dans plusieurs hôtels, musées et sites touristiques de Hanoï, capitale vietnamienne, les visiteurs sont désormais accueillis par des robots-réceptionnistes. Au Musée des Beaux-Arts du Vietnam, un robot répond depuis la mi-juin aux questions des visiteurs sur les œuvres exposées et propose des parcours de visite adaptés. Cette initiative illustre les progrès de la transformation numérique dans le tourisme.
Selon les spécialistes, le tourisme demeure avant tout une expérience humaine et émotionnelle. Les robots n'ont pas vocation à remplacer le personnel, mais à le compléter grâce à leur disponibilité permanente et à leur capacité à communiquer dans de nombreuses langues, facilitant ainsi l'accueil des visiteurs étrangers.
Ces dernières années, le tourisme intelligent s'est rapidement développé au Vietnam, Hanoï figurant parmi les villes pionnières en la matière. Après l'introduction des audioguides, de la billetterie électronique et de la promotion sur les plateformes numériques, la capitale a déployé de nouvelles technologies telles que la réalité virtuelle, les cartes touristiques interactives ou encore le mapping 3D afin d'enrichir l'expérience des visiteurs, notamment lors des circuits nocturnes de la Citadelle impériale de Thang Long et du Temple de la Littérature. De nombreux services permettent également de réserver en ligne hébergements, restaurants ou moyens de transport. Hanoï ambitionne de faire du tourisme l'un des piliers de son économie créative d'ici à 2030.
Vers une nouvelle génération d'applications
Malgré ces avancées, les outils numériques restent essentiellement concentrés sur la promotion, les réservations, le paiement sans espèces ou l’amélioration de l’expérience des visiteurs. À l’étranger, des plateformes permettent déjà de gérer les flux touristiques, d’évaluer les dépenses et la satisfaction des visiteurs ou encore de mesurer l’efficacité des campagnes de communication. Au Vietnam, la fragmentation des données demeure un obstacle.
Les touristes regrettent également la multiplication des applications nécessaires pour organiser leur séjour. De leur côté, les entreprises demeurent largement dépendantes des plateformes internationales de réservation, ce qui engendre des coûts élevés.
Selon le Dr Nguyen Anh Tuan, directeur de l'Institut d'économie du tourisme, relevant de l'Institut vietnamien du tourisme, le principal défi réside dans la dispersion des données et le recours encore limité à l'intelligence artificielle. Il préconise la création d'un Centre national de données du tourisme afin de centraliser les informations relatives aux destinations, aux entreprises et aux visiteurs, mais aussi de développer des outils d'intelligence artificielle capables de prévoir les flux touristiques, d'analyser les comportements des visiteurs, de proposer des assistants virtuels multilingues et d'améliorer la gestion du secteur.
Les autorités de Hanoï entendent poursuivre le développement du tourisme intelligent en renforçant la numérisation des sites touristiques, des monuments et des villages de métiers, en modernisant la promotion sur les plateformes numériques et en favorisant la coopération entre pouvoirs publics, entreprises technologiques et acteurs du tourisme. L’objectif est de consolider l’image de Hanoï comme une destination « sûre, accueillante, de qualité, attractive et intelligente ».