Nichée au cœur des montagnes noyées dans les nuages de Lao Cai, la commune de Ban Lien est connue comme une importante région de production agricole propre, réputée pour son thé Shan Tuyet et sa cannelle biologique. Depuis plus de 20 ans, pour permettre aux produits agricoles des hautes terres de conquérir les marchés les plus exigeants du monde, le facteur déterminant ne réside pas seulement dans les techniques de transformation, mais aussi dans la coopération étroite et durable entre les entreprises et les agriculteurs locaux.
S’agissant de la philosophie et des principes financiers régissant la chaîne de production agricole dans la région, Pham Quang Than, directeur de la Coopérative agricole biologique de Bac Ha, explique : « Si l’on place les agriculteurs au premier rang, l’entreprise pourra rester stable. En revanche, si l’on fait passer les profits de l’entreprise en premier, elle finira par s’effondrer au bout de quelques années, surtout dans la transformation des produits agricoles, qui est extrêmement risquée. Car nous ne travaillons pas seuls : nous dépendons de toute une communauté d’agriculteurs qui possèdent des milliers de jardins. C’est pourquoi, dès le départ, j’ai considéré qu’il fallait exercer ce métier avec conscience et placer les agriculteurs au-dessus de tout. Premièrement, il faut être transparent et équitable sur le plan financier : toute dette doit être remboursée. Deuxièmement, il ne faut jamais imposer des prix trop bas. »
Forte d’une production propre désormais profondément ancrée dans la vie quotidienne, la jeune génération de Ban Lien perpétue cette dynamique avec une approche souple de l’économie numérique. Plutôt que de se contenter de vendre des produits agricoles bruts, de nombreux habitants ont transformé leur mode de vie traditionnel en expériences touristiques originales, attirant des visiteurs vietnamiens et étrangers.
Vang A Binh, propriétaire d’un établissement d’hébergement chez l’habitant dans le hameau de Doi 4, partage l’expérience de sa famille dans le développement d’un tourisme communautaire simple mais efficace : « L’un de nos produits est le thé conservé dans des tubes de bambou suspendus au-dessus du foyer : on met le thé dans des tubes de bambou frais, puis on les laisse au-dessus du feu pendant plus de six mois. Je prépare également du thé noir fermenté à la lumière de la lune, dont la saveur est légèrement différente. Par ailleurs, lorsqu’ils viennent ici, les visiteurs peuvent découvrir la torréfaction du thé, récolter le riz, pêcher des carpes dans les rizières ou cueillir des pousses de bambou. Grâce aux avis laissés par les visiteurs sur Google Maps, notre établissement gagne en visibilité lorsque les touristes effectuent des recherches. »
L’initiative des habitants et des entreprises s’inscrit dans la stratégie des autorités locales visant à construire un milieu rural durable. Après l’élargissement de son espace de développement à la suite de la réorganisation des limites administratives, Ban Lien poursuit avec constance son objectif de croissance verte, étroitement liée à la quiétude des villages.
Chau Seo Seng, vice-président du Comité populaire de la commune de Ban Lien, affirme : « Notre commune considère que l’agriculture biologique est indissociable du développement du tourisme et de la préservation de la culture traditionnelle. Outre la langue, les chants et les danses folkloriques, il faut également préserver les costumes et les maisons traditionnelles sur pilotis. Surtout, nous n’utilisons ni pesticides, ni engrais chimiques, ni herbicides dans la production agricole. Ces dernières années, Ban Lien n’a enregistré pratiquement aucun cas de divorce ni aucun cas lié à la drogue. »
Lorsque la rigueur de la production biologique s’accompagne de la transparence financière et de la fierté culturelle, la commune de Ban Lien offre un enseignement précieux : les zones rurales montagneuses peuvent parfaitement s’enrichir de manière durable en s’appuyant sur les valeurs authentiques de leur terroir.