Le Vietnam veut accélérer la transition vers une agriculture écologique, verte et circulaire

Un colloque scientifique consacré au développement d’une agriculture écologique, verte et circulaire s’est tenu le 30 septembre dans la province de Ninh Binh. Les discussions ont porté sur la protection de l’environnement, l’adaptation au changement climatique et le développement rural durable.

Vue d’ensemble du colloque. Photo : Tien Anh
Vue d’ensemble du colloque. Photo : Tien Anh

L’événement était organisé par la Commission centrale de l’information et de l’éducation, en coordination avec le Comité du Parti de la province de Ninh Binh.

Dans son discours d’ouverture, Tran Huy Tuan, membre du Comité central du Parti et secrétaire du Comité provincial du Parti, a estimé que les performances agricoles ne pouvaient plus être mesurées uniquement en volumes de production.

Selon lui, l’agriculture doit aussi créer davantage de valeur, préserver les sols et les ressources en eau, protéger la biodiversité, réduire les émissions, renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles et au changement climatique, et garantir des moyens de subsistance durables aux populations rurales.

De nouvelles exigences pour les marchés agricoles

Les participants ont constaté une évolution rapide de la demande. La qualité des produits ne suffit plus : les marchés exigent désormais des informations sur leur origine, leurs méthodes de production, leur empreinte carbone et la responsabilité environnementale des producteurs.

La transition vers une agriculture écologique, verte et circulaire répond donc à un impératif environnemental, mais représente également une condition pour préserver la compétitivité et créer de nouveaux moteurs de croissance.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a engagé plusieurs chantiers : restructuration de la production, agriculture biologique, économie circulaire, réduction des émissions, biotechnologies, agriculture de haute technologie, transformation numérique, normalisation et traçabilité.

L’objectif est de passer d’un modèle principalement fondé sur les rendements et les volumes à une agriculture produisant simultanément de la valeur économique, environnementale et sociale, tout en améliorant sa capacité de résistance aux crises.

Des initiatives encore difficiles à généraliser

Le Vietnam ne dispose pas encore d’un système agricole écologique et circulaire pleinement structuré à grande échelle. Les initiatives restent dispersées entre projets de production, programmes de recherche, politiques environnementales, bases de données et chaînes commerciales.

Plusieurs modèles ont démontré leur efficacité technique, mais leur généralisation se heurte au manque d’infrastructures, de zones d’approvisionnement organisées, de mécanisation, de financements et de capacités au sein des coopératives. Les liens entre producteurs et entreprises demeurent également insuffisants.

L’économie circulaire est encore appliquée principalement à l’échelle de projets pilotes ou à certaines étapes de la production. Le pays ne possède pas non plus d’indicateurs harmonisés pour mesurer le caractère écologique, vert ou circulaire des différentes filières et régions.

Les participants ont donc recommandé de remplacer la gestion traditionnelle des déchets par une gestion circulaire des ressources. Les agriculteurs, les coopératives et les communautés rurales doivent occuper une place centrale dans ce processus.

Cette orientation suppose de développer l’assistance technique, la formation, la vulgarisation agricole, la mécanisation, le crédit vert et des mécanismes équitables de partage des bénéfices. Elle pourrait également créer des emplois ruraux dans la transformation, les services environnementaux, la bioéconomie et l’économie circulaire.

Passer des projets isolés à des systèmes territoriaux

Nguyen Sy Linh, chercheur à l’Institut de stratégie et de politique agricoles et environnementales, a identifié plusieurs transformations nécessaires pour rendre le système alimentaire plus durable.

Il propose de passer des exploitations individuelles à des zones écologiques organisées, des produits isolés aux chaînes de valeur, de la gestion des intrants à l’évaluation des résultats et des subventions ponctuelles à des investissements renforçant l’ensemble du système.

L’aide à l’achat de fournitures agricoles ne répond qu’à une partie des besoins, a-t-il souligné. Les investissements doivent aussi concerner les infrastructures hydrauliques, les entrepôts, la logistique et les données.

Pour Dao The Anh, président de l’Association vietnamienne des sciences du développement rural, le delta du fleuve Rouge doit valoriser ses avantages écologiques et son espace socio-économique.

Les zones de production pourraient être davantage reliées aux villes, aux marchés, au tourisme, aux villages artisanaux et aux activités de découverte. La production devrait être réorganisée autour des coopératives, des exploitations agricoles et des services communautaires de vulgarisation.

Il recommande également d’accélérer la mécanisation et de créer des plateformes numériques dédiées au conseil agricole, à la traçabilité et aux services modernes, afin de répondre au manque de main-d’œuvre, aux évolutions du marché et au changement climatique.

Les écoles, hôpitaux, zones industrielles, sites touristiques et réseaux de distribution pourraient constituer des débouchés stables pour les chaînes de valeur vertes et circulaires.

La science et le numérique comme moteurs

En conclusion, Ngo Dong Hai, membre du Comité central du Parti et responsable adjoint de la Commission centrale de l’information et de l’éducation, a souligné le caractère urgent et inévitable de cette transition agricole.

Il a appelé à corriger rapidement les insuffisances actuelles et à développer des solutions adaptées aux caractéristiques de chaque sous-région écologique.

La science, les technologies et la transformation numérique devront jouer un rôle moteur. Les entreprises et les coopératives seront essentielles à la structuration des filières, tandis que les agriculteurs devront rester les principaux acteurs de la transition vers une agriculture durable.

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