En 2026, le magazine Time Out a classé Hô Chi Minh-Ville première ville au monde pour la qualité de sa cuisine de rue, devant plusieurs destinations renommées.
Ce classement repose sur une enquête menée auprès de 24 000 citadins à travers le monde. Parmi les participants, 63 % ont salué la qualité et l’attrait de la cuisine de rue dans la plus grande métropole vietnamienne.
Selon Time Out, les souvenirs gastronomiques les plus marquants d’un voyage ne viennent pas nécessairement des restaurants prestigieux. Ils naissent souvent devant les étals installés au bord des rues, au milieu du crépitement des poêles, des volutes de fumée et des plats préparés sous les yeux des clients.
La cuisine de rue de Hô Chi Minh-Ville se distingue avant tout par sa diversité. Petit-déjeuner, déjeuner, dîner, en-cas ou dessert : les possibilités se multiplient parfois dans un même quartier.
Assis sur un petit tabouret en plastique au coin d’une rue, chacun peut savourer un bol de pho brûlant et parfumé ou croquer dans un banh mi croustillant, au cœur de l’effervescence urbaine.
Time Out souligne également le caractère abordable de cette cuisine. Les prix permettent aux visiteurs de goûter de nombreuses spécialités sans engager de dépenses importantes. C’est précisément l’association des saveurs, de la diversité, du rapport qualité-prix et de l’immersion dans la vie locale qui distingue Hô Chi Minh-Ville dans le classement de cette année.
Impossible d’évoquer la cuisine de Hô Chi Minh-Ville sans parler du banh mi. Simple en apparence, mais riche en saveurs, ce sandwich a depuis longtemps dépassé son statut de repas rapide pour devenir l’un des symboles de la gastronomie vietnamienne.
Sa baguette croustillante, la variété de ses garnitures et sa facilité de consommation correspondent parfaitement au rythme dynamique de la métropole. Ces qualités lui ont également permis de conquérir les gourmets du monde entier.
Chaque sandwich est assemblé en quelques dizaines de secondes. Derrière cette rapidité se cache pourtant un travail minutieux : cuisson du pain, préparation des ingrédients et équilibre des saveurs.
Le savoir-faire et l’expérience des vendeurs confèrent ainsi une identité propre à chaque échoppe.
Plat emblématique de la gastronomie vietnamienne, le pho est également une étape indispensable de toute découverte culinaire de Hô Chi Minh-Ville.
Son attrait réside dans un bouillon longuement mijoté, à la fois délicat et savoureux, accompagné de nouilles de riz souples, de viande et d’herbes aromatiques.
Dans la métropole, le pho est servi aussi bien dans de modestes échoppes que dans des établissements réputés depuis plusieurs générations, du petit matin jusque tard dans la soirée.
L’harmonie de ses saveurs, la souplesse de ses modes de dégustation et son prix accessible en font un plat quotidien pour les habitants et une spécialité très recherchée par les visiteurs étrangers.
Le hu tieu et les différentes soupes de nouilles illustrent clairement les échanges culturels qui ont façonné la cuisine du Sud.
Les nouilles, à la fois tendres et légèrement fermes, sont servies dans un bouillon naturellement doux, préparé à partir d’os longuement mijotés. Viande, crevettes, foie et œufs de caille complètent un plat aux saveurs délicates, mais généreuses.
Hô Chi Minh-Ville est aussi réputée pour ses versions sèches du hu tieu et des nouilles. Le bouillon est alors servi séparément, tandis que les nouilles sont mélangées à une sauce parfumée et onctueuse, offrant une expérience différente. (Photo : Giang Bui)
Le banh canh associe, quant à lui, d’épaisses nouilles moelleuses à un bouillon corsé et à de nombreux ingrédients. Copieux sans être difficile à déguster, ce plat montre comment la cuisine de rue sait décliner des produits familiers en une multitude de recettes. (Photo : Giang Bui)
Les produits de la mer apportent une autre dimension au paysage gastronomique local. Préparés directement dans les échoppes, ils permettent aux clients de choisir leurs ingrédients tout en observant leur cuisson.
Le com tam, ou riz brisé, accompagne la vie des habitants depuis plusieurs décennies. Les grains tendres sont servis avec une côtelette grillée, de fines lamelles de couenne de porc, un pâté de viande, un œuf au plat et une sauce de poisson aigre-douce.
Grillée sur des braises, la côtelette marinée diffuse un parfum caractéristique. Mais la sauce de poisson préparée par chaque établissement joue elle aussi un rôle déterminant.
À partir d’ingrédients semblables, les variations dans l’équilibre entre le salé et le sucré, ainsi que dans la consistance de la sauce, peuvent modifier toute la personnalité de l’assiette.
Le chè occupe une place familière dans la culture de rue de Hô Chi Minh-Ville. Sa diversité, sa facilité de dégustation et son faible prix en font un dessert très apprécié après un repas ou pendant les journées chaudes.
À ses côtés, flans, glaces à la noix de coco, yaourts et autres douceurs sont proposés dans les ruelles de toute la ville. Ces desserts légers et abordables s’adressent à tous les publics.
La cuisine de rue ne se résume pas aux plats : elle constitue aussi un espace de sociabilité. Un repas simple devient une occasion de se retrouver, d’échanger et de créer des liens entre amis, membres d’une même famille ou personnes qui viennent tout juste de se rencontrer.
Dan Reuben Garcinez, un Philippin de 25 ans installé depuis plusieurs années à Hô Chi Minh-Ville, estime que la première place attribuée par Time Out est pleinement méritée.
Lorsque ses amis viennent au Vietnam, il les emmène généralement découvrir les spécialités de rue et les produits de la mer pour leur faire goûter les saveurs locales.
La vitalité de cette cuisine tient également à sa présence dans des espaces très variés, des grandes artères aux marchés en passant par les petites ruelles.
Chaque secteur possède ses adresses familières. Nombre d’établissements existent depuis longtemps et transmettent leurs recettes et leurs méthodes de préparation au fil des années. Cette continuité permet à la cuisine de rue d’être non seulement diversifiée, mais aussi profondément ancrée dans la tradition.
Elle occupe désormais une place essentielle dans l’expérience touristique de Hô Chi Minh-Ville. Les visiteurs ne recherchent pas uniquement des plats, mais aussi une manière de les savourer et une atmosphère propre à la métropole.
La première place décernée par Time Out confirme que la cuisine de rue constitue un avantage majeur pour Hô Chi Minh-Ville sur la carte touristique internationale.
Grâce à la richesse de ses ingrédients, à la diversité de sa culture culinaire et à son vaste réseau d’échoppes, la ville dispose encore d’un important potentiel pour faire de la gastronomie un produit touristique emblématique et renforcer son attractivité auprès des visiteurs étrangers.