Alors que le marché des jouets pour le Têt de la mi-automne ne cesse de s’enrichir, Nguyen Van Ty, habitant du village de Ba Duong Noi, dans la commune d’O Dien, à Hanoï, continue inlassablement de fabriquer des « docteurs ès sciences » en papier, des personnages jouant au bâton, des lanternes tournantes et autres jouets traditionnels à partir de matériaux simples, contribuant ainsi à préserver une tradition populaire transmise par les générations précédentes.
À l’approche du Têt de la mi-automne, la petite maison de Nguyen Van Ty, dans le hameau 2 (groupe résidentiel 5, village de Ba Duong Noi, commune d’O Dien), devient encore plus exiguë, envahie par des tiges de bambou, du papier coloré, de la colle et de nombreux jouets traditionnels déjà confectionnés. Nguyen Van Ty est aujourd’hui le seul artisan de la localité à perpétuer la fabrication de jouets traditionnels pour le Têt de la mi-automne.
Dans les souvenirs de plusieurs générations de Vietnamiens, le plateau de fête du Têt de la mi-automne ne se résume pas aux gâteaux de lune, aux gâteaux bánh dẻo (gâteau de lune vietnamien à pâte de riz gluant) et aux fruits disposés en offrande. Il est également associé aux lanternes en forme d’étoile, aux docteurs ès sciences en papier, aux personnages jouant au bâton... Les enfants défilent avec leurs lanternes et se réunissent autour du plateau de fête sous la lumière de la lune, créant une atmosphère culturelle caractéristique du Têt de la mi-automne traditionnel.
Les jouets populaires traditionnels, comme les docteurs ès sciences en papier, portent le souhait de voir les enfants bien se comporter et progresser dans leurs études. Par leurs formes familières, ces jouets permettent également aux enfants de se familiariser avec les couleurs et les formes, ainsi qu’avec des récits culturels transmis de génération en génération.
C’est par goût pour ces jouets que Nguyen Van Ty a commencé à apprendre à les fabriquer dès son enfance. Il raconte : « Petit, j’étais fasciné par les marionnettes, les docteurs ès sciences en papier... que ma mère et ma grand-mère m’achetaient à chaque Têt de la mi-automne. »
De ses mains habiles et minutieuses, Nguyen Van Ty taille chaque lamelle de bambou et la courbe pour former l’armature des jouets traditionnels.
« À partir de cet intérêt, en grandissant un peu, j’ai observé ces jouets et cherché dans mon village les matériaux disponibles pour les fabriquer. Vers 1983-1984, j’ai commencé à confectionner des jouets traditionnels pour le Têt de la mi-automne que ma femme allait vendre sur les marchés. Cela nous rapportait aussi un peu d’argent », raconte-t-il.
Par la suite, les jouets pour enfants se sont diversifiés, avec notamment de nombreux produits importés. Les jouets traditionnels ont ainsi eu de plus en plus de mal à faire face à la concurrence et les acheteurs se sont faits plus rares. Nguyen Van Ty a lui aussi dû abandonner son activité pendant une longue période.
Après cette interruption, constatant ces dernières années que les jouets populaires ont à la fois une valeur ludique et éducative et qu’ils font partie du patrimoine culturel transmis par les générations précédentes, il a décidé de reprendre son métier. Environ un mois avant le Têt de la mi-automne, il commence à rechercher les matériaux, à préparer ses outils et à se consacrer à la fabrication des jouets.
Pour fabriquer un docteur ès sciences en papier, M. Ty va chercher de l’argile dans les champs pour modeler le visage, qu’il fait ensuite sécher avant de le peindre et de dessiner les yeux, le nez et la bouche. Le corps est réalisé à partir de bambou et de petites tiges de bambou soigneusement taillés et lissés, puis recouvert de papier coloré. Il confectionne ensuite le costume de lauréat, les fleurs ornant le chapeau, la tablette, les drapeaux, les éventails et de nombreux autres éléments décoratifs.
« Chaque jouet doit être fabriqué avec beaucoup de minutie et demande énormément de travail. Le visage du docteur ès sciences doit être souriant, doux et expressif », explique M. Ty.
Pour le personnage jouant au bâton, la confection exige également beaucoup d’habileté. Autrefois, il utilisait des tiges de roseau et de muong thanh (cassia de Siam) pour faire passer les ficelles et les tiges de commande. Ces plantes étant aujourd’hui difficiles à trouver, il réutilise des pailles en plastique.
Afin de rapprocher les jouets traditionnels des jeunes, M. Ty publie régulièrement sur Facebook des photos et des vidéos de son travail. Il souhaite également pouvoir initier les enfants à la fabrication de jouets populaires traditionnels du Têt de la mi-automne.
Aujourd’hui, un docteur ès sciences en papier coûte 100 000 dôngs, un personnage jouant au bâton 50 000 dôngs, tandis qu’une petite lanterne tournante d’environ 30 cm de long est vendue 300 000 dôngs.
Au milieu d’une multitude de jouets modernes, les créations en bambou, en papier et en argile parviennent encore à trouver leur place. Pour M. Ty, chaque jouet achevé n’est pas seulement un produit, mais aussi une manière de préserver les souvenirs du Têt de la mi-automne et de transmettre aux générations futures une part du patrimoine culturel populaire vietnamien.