À l’occasion du 30e anniversaire de la mort de l’ancien cadre révolutionnaire Tran Van Mac (1996-2026), l’Institut d’anthropologie culturelle, en coordination avec les organismes spécialisés concernés et la famille de Tran Van Mac, a organisé le colloque scientifique « Tran Van Mac – Témoin du cours de l’histoire » à l’Académie nationale de politique Hô Chi Minh.
L’événement a réuni de nombreux représentants des dirigeants des ministères, commissions et secteurs au niveau central ainsi que des autorités locales, des scientifiques et des experts de renom.
Il a également marqué la remise de 197 documents et objets originaux de grande valeur, offerts par la famille de Tran Van Mac au Musée du Parti communiste du Vietnam (PCV).
La cérémonie de remise s’est déroulée entre Tran Anh Tuan, fils de Tran Van Mac, représentant de la famille et le professeur associé, docteur Pham Van Duong, représentant du Musée du Parti communiste du Vietnam, conformément au Plan n° 74-KH/BTGDVTW de la Commission centrale de la propagande et de la mobilisation de masse relatif à la sensibilisation et à la mobilisation en faveur de la collecte et du don de documents et de objets destinés à la construction du Musée du Parti communiste du Vietnam.
Les documents et objets comprennent quatre manuscrits originaux de mémoires écrits à la main, des documents consacrés à l’étude de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du système pénitentiaire colonial, des certificats attestant ses activités, des lettres de camarades, des photographies d’archives de rencontres avec des dirigeants du Parti et de l’État, une invitation à participer au Ve Congrès national du Parti, ainsi qu’un ensemble de distinctions honorifiques, dont l’Ordre de l’Indépendance de première classe, l’Ordre de la Résistance contre le colonialisme français de deuxième classe, l’Ordre de la Résistance contre l’impérialisme américain de deuxième classe, l’insigne commémorant 65 années d’adhésion au Parti, et des souvenirs personnels.
S’exprimant lors de la cérémonie, M. Tran Anh Tuan a déclaré avec émotion que, bien que sa famille se soit toujours efforcée de préserver les souvenirs de son grand père, de nombreux documents s’étaient dégradés au fil du temps.
Ayant pris connaissance de l’orientation définie par le Comité central du PCV, la famille a accepté de les offrir, dans le souhait que les idéaux de Trần Văn Mạc, sa fidélité indéfectible au Parti et son attachement à ses camarades puissent être transmis plus largement aux jeunes générations.
Selon le professeur associé, docteur Pham Van Duong, le Musée du Parti communiste du Vietnam est un ouvrage culturel et historique majeur, dont les travaux ont débuté le 19 mai 2026 et dont l’inauguration est prévue à l’occasion du centenaire de la fondation du Parti (3 février 2030).
Cet ensemble de documents et d’objets sera conservé selon des normes professionnelles strictes afin de servir aux activités d’exposition et à l’éducation aux traditions révolutionnaires.
L’ancien cadre révolutionnaire Tran Van Mac (1908-1996) est né au village de My Trong, commune de My Xa, province de Nam Dinh (aujourd’hui quartier de Thanh Nam, province de Ninh Binh).
À l’âge de 13 ans, en 1921, il partit à Hanoï pour apprendre le métier d’orfèvre, avant de retourner travailler à Nam Dinh, où il fut témoin de la grève de 2 500 ouvriers de la filature de Nam Dinh, le 30 avril 1925.
Éveillé aux idéaux révolutionnaires, il rejoignit le Công hội đỏ (Syndicat rouge) en 1929 et fut admis au Parti communiste du Vietnam en 1930, devenant secrétaire d’une cellule du Parti. À la fin de 1930, il fut affecté par le Comité régional du Parti du Tonkin au poste de membre du Comité municipal du Parti de Hai Phong, avec la responsabilité directe d’un organe clandestin du Comité provincial du Parti, au 157, rue Cum.
Dans la nuit du 20 avril 1931, il fut arrêté par la police secrète française et traduit à quatre reprises devant des tribunaux coloniaux, notamment devant le Conseil criminel à l’entrée de la prison de Hoa Lo et devant la Cour d’appel de Hanoï.
Durant ses longues années de détention, il fut incarcéré dans plusieurs lieux qualifiés d’« enfers sur terre », notamment Hoa Lo, Con Dao, Son La, le camp de Bac Me (en 1940), ainsi que les camps de Phan Me et de Ba Van.
De retour à Nam Dinh en 1944 en qualité de membre du Comité provincial provisoire du Parti, il participa directement à la direction de l’insurrection pour la prise du pouvoir à Nam Dinh en août 1945.
Après la Révolution d’Août, il assuma plusieurs responsabilités importantes : secrétaire adjoint du Comité interprovincial de l’administration de la zone III, directeur de l’usine mécanique chargé de réparer des véhicules et de produire des canots pour servir la campagne de Dien Bien Phu, directeur du Département de l’organisation et du personnel du ministère du Travail. Il fut décoré de l’Ordre de l’Indépendance de première classe et de l’insigne commémorant 65 années d’adhésion au Parti.
Lors du colloque, Pham Xuan Thanh, président de l’Association des sciences historiques de Hai Phong, a souligné la grande contribution de Tran Van Mac au maintien et à la restauration du mouvement révolutionnaire à Hai Phong durant la période 1930-1932.
Évoquant cette figure révolutionnaire, le colonel, professeur associé, docteur Nguyen Thanh Tu, ancien rédacteur en chef adjoint de la Revue de littérature et des arts militaires, a mis en avant sa résistance et sa détermination dans les prisons, ainsi que son humilité et sa simplicité après la paix, qui constituaient des traits marquants de sa personnalité.
Il a estimé que ses mémoires “Sắt son, vẹn tròn (Fidélité indéfectible et devoir accompli) ” publiés en 2023 ne constituaient pas seulement un réquisitoire contre la brutalité du régime colonial, mais dressaient également le portrait d’une figure spirituelle exemplaire du combattant communiste.
Le docteur Trinh Quoc Hung, de l’Académie de sécurité populaire, a également estimé que cet ouvrage constituait une source documentaire importante à exploiter davantage dans les recherches et l’enseignement de l’histoire locale et du mouvement ouvrier vietnamien au XXe siècle.
Après la guerre, Tran Van Mac retourna à la vie quotidienne sans jamais se considérer comme ayant accompli de grands mérites et conserva une fidélité indéfectible au Parti.
Ses mémoires “Sắt son, vẹn tròn” sont aujourd’hui largement utilisés dans l’éducation aux traditions révolutionnaires auprès de nombreuses écoles et sur des sites historiques tels que Con Dao et le camp de Bac Me.
Dans le cadre de l’événement, l’espace d’exposition consacré aux souvenirs et aux photographies de famille, présenté pour la première fois au public, a également suscité une vive émotion, comme un hommage aux sacrifices silencieux de son épouse et au soutien solide apporté par sa famille au révolutionnaire.
Représentant de la famille, le professeur associé docteur Tran Le Hung de l’Université Gustave Eiffel (en France) a confié avec émotion que le plus grand héritage laissé aux générations futures par son grand-père bien-aimé résidait dans un trésor spirituel inestimable et dans la flamme des idéaux révolutionnaires.
À travers les souvenirs et les récits historiques, les générations actuelles peuvent mieux comprendre les contributions discrètes mais considérables de ceux qui les ont précédées.
L’événement revêt ainsi non seulement une valeur archivistique, mais constitue également un lien concret permettant de transmettre le flambeau aux jeunes générations, en leur rappelant leur devoir de gratitude ainsi que leur responsabilité de poursuivre et de valoriser les acquis révolutionnaires que leurs aînés ont édifiés au prix de leur sang et de leurs sacrifices.
Comme le disait simplement, mais avec une grande force, l’ancien cadre révolutionnaire Tran Van Mac de son vivant : « Une fois que l’on a consacré sa vie à la Révolution, aussi lointaines et difficiles que soient les épreuves, il faut les surmonter et se sacrifier pour ses idéaux. »