Dans le hameau de Luong Son, commune de Van Hoa, trois « arbres rouges » ont reçu cette distinction. Ils sont âgés respectivement d’environ 210 ans, dans le verger Ba Muoi, de 200 ans, dans celui de Bon Cu, et de 100 ans, dans le verger Bon Phuong.
Avec leur large ramure et leur tronc imposant, ces arbres anciens portent les traces du temps. Ils sont préservés par les habitants depuis plusieurs générations.
Dans le verger Bon Cu, l’un d’eux aurait environ 200 ans. Son propriétaire, Nguyen Van Cu, explique qu’il accompagne sa famille depuis plusieurs générations. Ses ancêtres l’avaient épargné lors du défrichage des terres agricoles afin de profiter de son ombre et de récolter ses fruits. Il est progressivement devenu l’un des produits emblématiques de la région.
Nguyen Thi Kim Hung, 81 ans, propriétaire du verger Ba Muoi, indique que la saison de maturité s’étend du septième au neuvième mois du calendrier lunaire. De nombreux visiteurs viennent alors admirer les milliers de grappes de fruits rouges qui recouvrent le tronc, de la base jusqu’à la cime, à plus de cinq mètres de hauteur. Ils peuvent également les déguster directement dans le verger.
Ces dernières années, la commune de Van Hoa attire un nombre croissant de visiteurs venus découvrir ses vergers et prendre des photos pendant la saison des fruits mûrs.
Selon le Comité populaire communal, le hameau de Luong Son compte actuellement plus de 650 « arbres rouges ». Beaucoup sont âgés de 50 à 99 ans et huit ont dépassé le siècle.
Un arbre vieux de plus de trois siècles
Outre ces trois spécimens, un arbre « cong », ou « sui », âgé de plus de 300 ans a également été classé au patrimoine arboré du Vietnam.
La circonférence de sa base atteint environ 11 mètres. Son tronc mesure près de 1,2 mètre de diamètre à 1,3 mètre du sol. Ses racines affleurent à la surface, tandis que son tronc droit demeure en bonne santé.
Au-delà de sa valeur biologique, cet arbre est étroitement lié aux récits sur le défrichement des terres, la fondation du village et la vie spirituelle des habitants de Van Hoa.
Les anciens racontent que la population l’a préservé pendant des siècles parce qu’il s’agit d’une essence forestière naturelle rare. Autrefois, sa sève servait notamment à fabriquer des flèches de chasse.
Au pied de l’arbre se trouve un sanctuaire dédié à la déesse Thien Y A Na. Bien que l’édifice ait été endommagé par le temps et la guerre, il reste un lieu de culte pour la communauté locale.
Transmis de génération en génération, ces récits confèrent à cet arbre ancien, situé au cœur de la zone habitée, une valeur culturelle particulière.
Selon Le Quoc Nam, secrétaire de la cellule du Parti du village de Van Hoa, les arbres centenaires préservés par la communauté ne constituent plus seulement une ressource naturelle : ils deviennent des « témoins vivants » de l’histoire du village.
Des fruits associés à la prospérité
Selon les habitants, l’« arbre rouge » porte plusieurs noms locaux, dont dau dat, dau da ou « fruit acide ». Cette essence forestière est depuis longtemps liée à la vie des populations montagnardes et symbolise la prospérité et l’abondance.
À la fin du douzième mois lunaire, de petites excroissances apparaissent sur le tronc. Elles donnent ensuite naissance à des grappes grisâtres qui grossissent progressivement. De minuscules fleurs se forment, puis laissent place à une multitude de petits fruits.
Au fil des mois, les grappes se développent et prennent une couleur rouge sombre. À l’approche de la Fête de la mi-automne, les fruits deviennent ronds, charnus et arrivent à maturité.
Près de dix mois séparent la floraison de la récolte. Deux mois seulement après la cueillette, les arbres entament déjà un nouveau cycle de fructification.