La vannerie, un artisanat qui fait la fierté des Co Tu

Les Co Tu vivant dans les communes montagneuses de la ville de Da Nang sont réputés pour leur savoir-faire exceptionnel en matière de sculpture sur bois, de tissage et de vannerie. La vannerie est certainement un métier qui fait le plus leur fierté. 

L’artisan Hoih Plat, du village d’Azut, dans la commune frontalière d’Avuong, ville de Da Nang (au Centre). Photo : vietnamnet.vn
L’artisan Hoih Plat, du village d’Azut, dans la commune frontalière d’Avuong, ville de Da Nang (au Centre). Photo : vietnamnet.vn

Personne ne sait depuis quand existe le métier de vannier chez les Co Tu, mais depuis longtemps peu importe ce qu'ils font ou où ils travaillent, les Co Tu sont toujours attachés au tressage des hottes.

À 84 ans, l’artisan Hoih Plat, du village d’Azut, dans la commune frontalière d’Avuong, ville de Da Nang (au Centre du Vietnam), continue inlassablement de travailler les fibres de rotin. Dans sa petite maison, il aligne soigneusement ses objets tressés : plateaux, hottes, talet, boîtes de rangement, arcs et flèches…

Plus de trois mois pour réaliser un seul plateau

Il faut plus de trois mois pour achever un plateau en rotin. Pourtant, dans la commune frontalière d’Avuong, dans la ville de Da Nang, l’artisan Hoih Plat continue de perpétuer l’art de la vannerie des Co Tu, qu’il considère comme un véritable « trésor ».

Les plus remarquables sont les plateaux en rotin, réalisés avec un soin particulier. De fines fibres de rotin sont tressées serrées les unes contre les autres, formant des lignes régulières et des motifs élégants.

Un plateau coûte environ 5 millions de dôngs. Mais sa fabrication demande plus de trois mois de travail et passe par de nombreuses étapes.

Hoih Plat a appris le métier dès son enfance, auprès des anciens de sa famille. Choisir le rotin, le fendre en fines lanières, préparer les fibres, monter l’armature, tresser puis achever le produit : au fil des années, chacune de ces étapes est devenue familière.

À l’âge d’une vingtaine d’années, il était déjà capable de fabriquer de ses propres mains de nombreux objets destinés à la vie quotidienne de sa famille et de sa communauté.

ct2.jpg
Selon Hoih Plat, la préparation des éclisses de rotin constituent l’une des étapes qui exigent le plus d’expérience. Photo : vietnamnet.vn

Selon Hoih Plat, la préparation des éclisses et le calibrage des brins de rotin constituent l’une des étapes qui exigent le plus d’expérience. Les brins doivent être suffisamment souples pour être courbées tout en conservant leur solidité.

Lors du montage de l’armature, l’artisan fait ensuite passer les brins une à une, les tressant et les ajustant en même temps afin d’obtenir des lignes droites, régulières et équilibrées.

« Ce métier demande de la patience. Chaque fibre doit être travaillée avec soin, il est impossible de se précipiter », explique Hoih Plat.

Les plateaux ne sont pas les seuls produits qui nécessitent beaucoup de temps. Il faut également plus de deux mois pour fabriquer une grande boîte avec son couvercle.

Plus petit, le talet comporte en revanche de nombreux détails délicats, notamment ses trois compartiments, qui doivent être parfaitement proportionnés, avec une armature solide et un tressage serré.

« Il paraît petit, mais la fabrication d’un talet demande elle aussi beaucoup de travail », confie Hoih Plat.

Chaque objet est conçu en fonction d’un usage précis. Certains modèles particulièrement ouvragés sont aujourd’hui commandés par des clients de différentes régions pour décorer des restaurants, des hôtels ou des homestays, ou encore comme objets souvenirs.

ct3.jpg
La vannerie est étroitement attachée à la vie quotidienne des Co Tu. Photo : vietnamnet.vn

La crainte de voir disparaître le savoir-faire traditionnel

À partir d’objets autrefois courants dans la vie quotidienne des Co Tu, les créations de Hoih Plat se sont progressivement fait connaître dans de nombreuses localités.

Un plateau coûte en moyenne environ 5 millions de dôngs. Les grandes boîtes sont vendues à plus de 2 millions de dôngs, contre plus de 1 million pour les petites. Un talet coûte environ 2 millions de dôngs. Les paniers à main et les petites pochettes sont proposés à partir de 500 000 dôngs, et jusqu’à plus d’un million de dôngs.

Cependant, ces dernières années, son âge avancé ne lui permet plus d’aller lui-même chercher du rotin en forêt comme auparavant.

« Aujourd’hui, mon travail consiste principalement à sélectionner et à préparer les matières premières, puis à m’asseoir pour tresser. Les commandes sont nombreuses, mais comme je travaille seul, je ne peux accepter qu’un certain volume », explique Hoih Plat.

Ce qui préoccupe Hoih Plat n’est donc pas le manque de commandes, mais l’absence de relève. Il a déjà transmis son savoir-faire à quelques habitants du village.

Cependant, la vannerie demande beaucoup de temps et de persévérance, tandis que les revenus ne sont pas toujours stables. Après quelque temps d’apprentissage, certains ont choisi de se tourner vers d’autres métiers.

Malgré cela, il reste prêt à transmettre son savoir-faire à tous ceux qui souhaitent apprendre. À ses yeux, l’essentiel est que quelqu’un poursuive cette tradition et sache encore choisir le rotin, préparer les fibres, monter les armatures et donner naissance à des objets portant l’empreinte de la culture des Co Tu.

Au-delà de leur valeur économique, ces objets renferment une richesse plus profonde : celle des techniques, de l’habileté manuelle et de l’histoire culturelle transmise à travers chaque création.

Pour Hoih Plat, le « trésor » ne doit pas rester enfermé dans une vitrine. Il doit être préservé par les mains des artisans et continuer à faire partie de la vie quotidienne.

ct4.jpg
Mme Apac a préservé avec constance, pendant des décennies, l'artisanat traditionnel du tissage du brocart du peuple Co Tu. Photo : vietnamnet.vn
ct5.jpg
Chaque produit artisanal assure non seulement un revenu, mais préserve également la beauté culturelle du peuple Co Tu. Photo : vietnamnet.vn

Dans la maison de Hoih Plat, la transmission des savoir-faire traditionnels se poursuit aussi d’une autre manière. Son épouse, Apac, travaille depuis de nombreuses années sur le métier à tisser traditionnel utilisé par les Co Tu pour réaliser leurs textiles.

Tandis que Hoih Plat est familier des brins de rotin, Apac consacre de longues heures aux fils et aux motifs. Elle prend soin des motifs traditionnels et les préserve au fil de chaque pièce de tissu.

« Une chemise pour homme coûte environ 700 000 dôngs et un ensemble féminin plus d’un million. Mais ce que je fabrique sert principalement à la famille ou à être offert à mes enfants et petits-enfants. Nous préservons ce métier et la beauté de notre communauté », explique Apac.

Selon Luu Van Khuong, vice-président du Comité populaire de la commune d’Avuong, la préservation de la culture des Co Tu doit s’appuyer sur ceux qui pratiquent et font vivre directement les traditions. Les artisans jouent un rôle essentiel dans le maintien des savoir-faire et leur transmission aux jeunes générations.

« Les autorités locales encouragent également les artisans à transmettre leur savoir-faire et créent des conditions favorables pour que les produits artisanaux traditionnels puissent accéder au marché. Lorsque le métier permet de générer des revenus, les habitants sont davantage motivés à le pratiquer et à le préserver », souligne Luu Van Khuong.

Back to top