Bâtir des passerelles pour faire rayonner la culture vietnamienne dans le monde

À la question habituelle — « Que peut apporter la diaspora au pays ? » — devrait s’en ajouter une autre, tout aussi importante : « Comment le Vietnam peut-il permettre à ses ressortissants établis à l’étranger de contribuer au mieux ? »

À la question habituelle — « Que peut apporter la diaspora au pays ? » — devrait s’en ajouter une autre, tout aussi importante : « Comment le Vietnam peut-il permettre à ses ressortissants établis à l’étranger de contribuer au mieux ? » Cet enjeu revêt une importance particulière pour une communauté nombreuse et diverse, dont les parcours migratoires sont très variés.

La résolution n° 23-NQ/TW définit de nouvelles orientations importantes pour préserver l’identité culturelle nationale et renforcer les liens de la diaspora avec le pays d’origine. Photo : Xuan Giao
La résolution n° 23-NQ/TW définit de nouvelles orientations importantes pour préserver l’identité culturelle nationale et renforcer les liens de la diaspora avec le pays d’origine. Photo : Xuan Giao

Une communauté qui souhaite être écoutée et reconnue

Depuis l’adoption, en 2004, de la résolution n° 36-NQ/TW du Bureau politique consacrée aux Vietnamiens de l’étranger, la diaspora vietnamienne a profondément évolué. Sa taille, sa structure générationnelle, son niveau de qualification, sa place dans les sociétés d’accueil ainsi que ses manières de maintenir des liens avec le pays et de contribuer à son développement se sont considérablement transformés.

Ayant vécu de nombreuses années en France, où j’ai mené des recherches culturelles et participé directement à la vie associative, je comprends les attentes et les sentiments de la communauté vietnamienne établie dans ce pays. Les Vietnamiens de l’étranger apprécient particulièrement l’esprit d’écoute, de respect et d’ouverture aux contributions, ainsi que l’importance accordée à la réconciliation nationale et à l’avenir dans la résolution n° 23-NQ/TW.

Leurs attentes ne se limitent toutefois pas à la reconnaissance de leur place ni à l’expression de liens affectifs. Ils souhaitent surtout que les nouvelles orientations de ce texte politique soient traduites en politiques publiques transparentes, stables, accessibles et faciles à mettre en œuvre. De telles mesures devraient permettre de supprimer les obstacles inutiles et d’établir des interlocuteurs clairement identifiés, afin que les membres de la diaspora puissent véritablement participer au développement du pays.

En France comme ailleurs, ils espèrent que la mise en œuvre de la résolution témoignera d’un changement allant au-delà des formulations, pour consacrer une démarche plus active, globale et adaptée à la diversité des parcours.

Faciliter les contributions au pays d’origine

Dans le domaine culturel, les Vietnamiens de l’étranger occupent une position singulière. Ils évoluent à la croisée de deux univers : tout en conservant un lien profond avec leur pays d’origine, ils connaissent la langue, les références culturelles et les modes de réception de leur société d’accueil. Cet atout leur permet non seulement de faire connaître la culture vietnamienne à l’étranger, mais aussi de l’expliquer d’une manière susceptible d’être comprise et partagée par les publics locaux.

La résolution n° 23 introduit des orientations nouvelles en matière de préservation de l’identité nationale et de renforcement des liens avec le Vietnam, notamment à travers les notions d’« ambassadeur culturel » et d’« ambassadeur de l’amitié ».

Un ambassadeur culturel ne doit pas nécessairement porter un titre officiel. Il s’agit avant tout d’un rôle concret dans la vie quotidienne. La promotion culturelle ne peut donc se réduire à présenter un spectacle à l’étranger : elle doit raconter ce qui se trouve derrière les pratiques culturelles et favoriser un dialogue sincère entre les personnes.

C’est précisément dans ce domaine que la diaspora peut pleinement valoriser ses atouts. Un artisan présentant un patrimoine local au public international, un chercheur aidant les étrangers à mieux comprendre le Vietnam, un artiste intégrant des éléments vietnamiens à la création contemporaine ou un jeune parlant de son pays à ses amis contribuent tous à façonner l’image nationale.

Les Vietnamiens de l’étranger entretiennent leurs liens avec leur pays d’origine de multiples manières. Toutes ces contributions constituent une ressource précieuse. La communauté espère que l’esprit de réconciliation, d’écoute et de reconnaissance se traduira plus nettement dans les faits, afin que chaque Vietnamien souhaitant contribuer au pays, où qu’il vive, puisse trouver une porte ouverte.

Pour ma part, j’attends de la résolution n° 23 qu’elle ne se contente pas de resserrer les liens entre le Vietnam et les quelque 6,5 millions de Vietnamiens établis à l’étranger. Elle doit également créer des mécanismes concrets leur permettant d’agir pleinement, de devenir une ressource stratégique et de construire de solides passerelles entre le Vietnam et le reste du monde.

Sa portée durable résidera dans sa capacité à permettre aux Vietnamiens vivant loin de leur pays d’incarner avec fierté sa culture, de la faire rayonner à l’international et de participer pleinement à la nouvelle phase de développement national.

« Accompagner » suppose en effet une relation de plus en plus réciproque entre le pays et sa diaspora. Celle-ci ne doit pas seulement être invitée à se tourner vers ses origines : elle doit être considérée comme un acteur à part entière, porteur d’expériences, de connaissances, de réseaux et d’initiatives qui méritent d’être entendus.

Ce qu’attendent les Vietnamiens de l’étranger, c’est que l’État crée les conditions leur permettant d’agir de manière autonome dans les domaines où ils disposent des meilleurs atouts.

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