Dans un contexte où la science, la technologie et l’innovation s’imposent comme des moteurs essentiels du développement, la valorisation des ressources intellectuelles de la communauté vietnamienne à l’étranger, en particulier des experts dans les technologies stratégiques, répond à une exigence urgente.
La Résolution n° 23-NQ/TW du Bureau politique sur le travail relatif aux Vietnamiens de l’étranger ouvre une nouvelle orientation : passer de la simple mobilisation au soutien actif et à la mise en place de mécanismes permettant de créer progressivement des réseaux reliant les compétences mondiales aux besoins nationaux.
S’appuyant sur le Réseau mondial des experts vietnamiens en intelligence artificielle (IA), M. Nguyen Phu Binh, directeur adjoint du Fonds national pour le développement de la science et de la technologie (NAFOSTED), a indiqué que le fonds est chargé par le ministère de la Science et de la Technologie de recueillir les problématiques concrètes et de solliciter les experts pour les programmes scientifiques nationaux. NAFOSTED prévoit de faire évoluer ce réseau d’experts en IA vers un système de gestion des projets et des compétences de la diaspora, afin de mieux les mobiliser face aux défis prioritaires du pays.
Selon lui, le développement des technologies stratégiques doit émaner des besoins du terrain exprimés par les ministères, secteurs et localités, selon une approche inversée.
L'objectif final ne réside pas uniquement dans des travaux de recherche ou des prototypes, mais dans des produits compétitifs sur les marchés national et international.
Il convient de décomposer les grands projets scientifiques liés aux 10 groupes de technologies stratégiques et aux 30 produits technologiques stratégiques. Nguyen Phu Binh a souligné la nécessité de disposer d’experts jouant le rôle d’« architectes en chef » pour structurer ces projets.
Pour assurer leur participation effective, il préconise de perfectionner les mécanismes institutionnels, d’établir des contrats-cadres permettant un engagement régulier des spécialistes clés, de proposer des rémunérations attractives et de clarifier les questions relatives à la propriété intellectuelle, à la confidentialité et à la gestion des conflits d’intérêts.
Du côté du Réseau mondial des experts en données (VDEN), Nguyen Thi Ngoc Dung, vice-présidente premanent du VDEN, estime qu’un réseau efficace doit poursuivre des objectifs suffisamment ambitieux pour fédérer ses membres, privilégier la qualité sur la quantité, instaurer la confiance et éviter la bureaucratisation. Sa réussite repose également sur une équipe de coordination professionnelle, capable d’assurer l’interconnexion des réseaux (« network of networks ») et de gérer une base de données unifiée répondant aux besoins réels.
Consolidant cette vision, la vice-ministre des Affaires étrangères Le Thi Thu Hang a rappelé que la Résolution n° 23-NQ/TW confie des missions précises aux ministères et localités pour créer un environnement propice à l'engagement de la diaspora.
Avec environ 6,5 millions de personnes établies dans plus de 130 pays et territoires, dont 650 000 diplômés de l'enseignement supérieur, la diaspora dispose d'un potentiel immense encore sous-exploité.
Les échanges avec les haut dirigeants montrent un vif désir de contribution de la part de ces intellectuels. Au-delà des aspects financiers, ces derniers demandent un cadre de travail sain, une concurrence équitable et davantage d'autonomie.
La vice-ministre a souligné l’urgence de concevoir une plateforme de mise en relation et une base de données dédiée afin de concrétiser l’esprit de la Résolution n° 23-NQ/TW.