L’affection que les amis japonais vouent au Vietnam ne connaît ni distinction de genre, ni de génération, ni de statut social. Ils peuvent être des responsables politiques, des fonctionnaires, des chercheurs ou de simples citoyens, mais tous partagent un même attachement lorsqu’ils évoquent le Vietnam — un pays qu’ils chérissent profondément.
Des responsables politiques…
La députée Yuko Obuchi, née en 1973 — l’année de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et le Japon —, est issue d’une famille prestigieuse, son père étant l’ancien Premier ministre Keizō Obuchi. Particularité de la famille Obuchi : deux générations ont assumé successivement la présidence de l’Alliance parlementaire d’amitié Japon–Vietnam.
Cet attachement « transmis de père en fille » a conduit Mme Obuchi à s’investir naturellement dans cette mission, comme si elle relevait d’une vocation prédestinée.
Chaque fois qu’elle évoque le Vietnam, elle souligne que les relations entre les deux pays s’inscrivent dans une histoire millénaire et qu’au cours du dernier demi-siècle, elles sont entrées dans une nouvelle phase de développement remarquable dans tous les domaines, notamment l’économie, la culture et les échanges humains.
Elle précise que l’Alliance parlementaire d’amitié Japon–Vietnam regroupe des membres issus de différents partis politiques, unis par leur respect commun pour le Vietnam et leur volonté de promouvoir les relations bilatérales.
Outre Mme Obuchi, de nombreux responsables japonais éprouvent également une affection sincère pour le Vietnam. C’est le cas du député Yoichiro Aoyagi, engagé depuis de nombreuses années dans l’organisation du Festival du Vietnam au parc Yoyogi, à Tokyo, contribuant à en faire un événement phare très attendu.
De même, le gouverneur de la préfecture de Kanagawa, Kuroiwa, est considéré comme « l’âme » des festivals vietnamiens à Kanagawa et des festivals de Kanagawa au Vietnam. Grâce à leurs initiatives, la culture vietnamienne et l’amitié envers le Vietnam se diffusent largement à travers le Japon.
… aux entrepreneurs…
Partageant cette même estime pour le Vietnam, les entrepreneurs japonais adoptent cependant une approche différente de celle des responsables politiques. Ils considèrent notamment le potentiel du Vietnam comme un véritable « aimant » pour les investisseurs internationaux.
Selon Hiroshi Imano, vice-président de la société THK, leader dans la fabrication de composants mécaniques de précision, le potentiel de développement du Vietnam constitue le principal facteur d’attractivité pour les entreprises étrangères.
Présent au Vietnam depuis plus de dix ans, il a progressivement mesuré l’attrait du pays. Il constate qu’au cours des dernières années, de nombreuses entreprises chinoises, sud-coréennes et japonaises ont massivement investi à Hanoï.
En termes de perspectives de croissance, le Vietnam dispose d’atouts supérieurs à ceux de nombreux pays de la région. Il est donc naturel que ces entreprises choisissent d’y poursuivre leurs investissements.
Les milieux d’affaires japonais estiment que, dans un contexte mondial instable, le Vietnam continuera d’accueillir des flux d’investissements japonais de haute qualité, motivés non seulement par les intérêts économiques, mais aussi par les liens affectifs entre les deux peuples.
… aux chercheurs et aux citoyens ordinaires
Les chercheurs japonais, quant à eux, soulignent la diffusion croissante de la langue vietnamienne au Japon, qu’ils considèrent comme une preuve du rôle de plus en plus important du Vietnam aux yeux de leurs compatriotes.
Selon Masayoshi Fujino, président de l’Association pour la promotion et les échanges linguistiques des pays d’Asie du Sud-Est au Japon, de plus en plus de Japonais apprennent le vietnamien pour diverses raisons : exigences professionnelles, intérêt personnel, désir de mieux comprendre la culture vietnamienne ou volonté de nouer des relations avec des amis vietnamiens.
De nombreux étudiants, ainsi que des fonctionnaires travaillant dans des domaines liés au Vietnam — interprètes, traducteurs notamment —, s’engagent également dans cet apprentissage.
La réalité confirme cette tendance, avec un nombre croissant de Japonais maîtrisant le vietnamien. Certains ont découvert cette langue à travers leur union avec un conjoint vietnamien.
Takenaka en est un exemple. Ayant travaillé à Hanoï et épousé une Vietnamienne, il confie :
« J’ai besoin de parler vietnamien avec ma femme. J’aime beaucoup la culture vietnamienne et j’aime échanger avec les Vietnamiens. C’est pourquoi j’essaie d’apprendre le vietnamien pour mieux communiquer avec eux. »
À chaque arrivée du Têt, à l’occasion de la Fête nationale du 2 septembre ou lors d’autres événements importants, de nombreux bouquets de fleurs, cartes postales et messages de vœux sont adressés aux représentations vietnamiennes au Japon. Ces témoignages de sincérité portent également l’espoir de nouveaux progrès, contribuant à renforcer et à embellir l’amitié authentique entre le Vietnam et le Japon.