Le 23 janvier, le ministère de la Sécurité publique du Vietnam, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a organisé dans la province de Gia Lai un séminaire international intitulé : « Présentation du Protocole d'Istanbul : Manuel pour l'enquête et l'établissement de documents efficaces sur la torture et autres peines ou traitements cruels ».
Cet événement a réuni des experts internationaux des droits de l'homme, des représentants de ministères, d'organismes judiciaires, ainsi que des forces de l'ordre et des services de santé nationaux.
Cette activité s'inscrit dans un contexte où le Vietnam continue d'intensifier son intégration internationale et d'affirmer son engagement indéfectible envers les droits de l'homme, notamment par l'exécution rigoureuse de ses obligations au titre de la Convention des Nations Unies contre la torture (UNCAT), un instrument auquel le pays a adhéré en 2015.
Lors de son discours d’ouverture, le colonel Tran Viet Trung, directeur adjoint du département des Affaires étrangères du ministère de la Sécurité publique, a souligné qu'au cours de la dernière décennie, le Vietnam n'a cessé de déployer des efforts pour garantir les droits de l'homme, plaçant le droit de ne pas être soumis à la torture au cœur de ses politiques et procédures d'application de la loi. Le séminaire vise à introduire le contenu du Protocole d'Istanbul et à aider les autorités compétentes à accéder aux informations et aux expériences internationales afin d'étudier les possibilités d'une application adaptée à la législation et aux réalités du Vietnam.
Le Protocole d'Istanbul, publié par les Nations Unies en 1999, est considéré comme le « manuel » international de référence pour les normes d'enquête et de documentation sur les actes de torture et autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Bien qu'il ne soit pas juridiquement contraignant, ce document a été adopté par plus de 100 pays et est reconnu comme un outil essentiel pour soutenir la mise en œuvre de l'article 12 de l'UNCAT, qui exige que les États mènent des enquêtes rapides, efficaces et objectives sur toute allégation de torture.
Federica Dispenza, représentante résidente adjointe du PNUD au Vietnam, a estimé que l'accès au Protocole d'Istanbul contribuera à améliorer la qualité, la transparence et la fiabilité des activités d'enquête. Elle a également souligné qu'il permettrait de renforcer la protection des personnes en garde à vue et d'instaurer des mécanismes juridiques clairs pour les agents de la force publique, consolidant ainsi la confiance sociale dans le système judiciaire.
Les sessions de discussion du séminaire se sont concentrées sur le contexte historique, la structure et les principes fondamentaux du protocole, ainsi que sur les expériences internationales et régionales en matière d'application des normes d'enquête. Le séminaire a également servi de forum d'échange ouvert sur les opportunités, les défis et la feuille de route appropriée pour le Vietnam dans les années à venir, en mettant l'accent sur la coordination entre les organes d'enquête, la médecine légale et le système judiciaire.
En conclusion du séminaire, le directeur adjoint Dao Anh Toi a affirmé que les avis d'experts et les expériences internationales recueillis constitueraient une source de référence cruciale pour que le Vietnam poursuive ses recherches, définisse une feuille de route et propose les modalités d'une application pertinente et efficace du Protocole d'Istanbul. Cette initiative est considérée comme une étape concrète permettant au Vietnam de mieux remplir ses obligations au titre de la Convention contre la torture et de répondre aux recommandations des Nations Unies en matière de droits de l'homme.